Quels salaires pour les consultants en stratégie ?

Le secteur du conseil en stratégie d'entreprises brille par les niveaux de rémunération offerts à ses consultants (voir notre précédente étude en 2011).

Comptez au bas mot le double de la médiane française à bac +5 (30 k€ brut) en début de carrière et une progression astronomique qui pourrait vous faire atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros en seulement quelques années. Les contreparties (horaires, pression, compétitivité, exigence) sont nombreuses, mais la rémunération continue d'expliquer la très forte attractivité du secteur à la sortie des meilleures écoles de commerce et d'ingénieur.

30 Avr. 2019 à 16:04
Quels salaires pour les consultants en stratégie ?

C'est le nerf de la guerre et l'une des premières raisons pour lesquelles le secteur attire tant les diplômés des plus prestigieuses écoles supérieures : la rémunération et la rapidité avec laquelle elle progresse.

Nous donnons dans cet article des estimations de rémunération d'un consultant  à chacun des stades de sa carrière, pour les dix premiers cabinets du classement Consultor 2018*.

Nos chiffres sont exprimés en package (fixe, variable, intéressement et participation). Ce sont des fourchettes larges à chacun des principaux grades de la carrière d'un consultant en stratégie (relire notre étude sur les grades). Pour la simple raison qu'un même consultant de HEC par exemple pourra être facturé à des taux journaliers moyens (TJM) très différents d'un cabinet à l'autre. Nous prenons en compte les cabinets qui facturent des TJM compris entre 1 800 et 3 800 euros par jour et par consultant, soit un facteur deux qui explique l'amplitude de nos fourchettes.

En début de carrière : le double de la moyenne française des bacs +5

Selon les maisons, le grade d'entrée prend des appellations variables (associate consultant, junior consultant, analyste). Quelle qu'elle soit, la moyenne de la rémunération à l'entrée dans le conseil en stratégie s'établit à 60 k€.

C'est le package brut plancher proposé aux recrues des écoles cibles qui tous les ans rejoignent les cabinets depuis HEC, l’Essec, l’ESCP, Polytechnique, CentraleSupelec, Mines ParisTech, l’École des Ponts ParisTech, Télécom ParisTech, ou dans une moindre mesure l'EM Lyon et  Sciences Po Paris.

En fonction de l'école, le salaire d'entrée ne sera pas le même. Il restera très significativement supérieur aux moyennes françaises à niveau de diplôme équivalent. À titre de comparaison, l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) estime le salaire brut médian des diplômés de niveau bac +5 à 30 k€ en France en début de carrière. Le conseil en stratégie reste parmi les secteurs les plus sélectifs et attractifs parce qu'il double ce montant.

Infographie remuneration 2019

+ 300 % de junior à partner

Des chiffres qui ont a fortiori tendance à croître très rapidement. Secteur ultra-compétitif oblige, on y travaille en moyenne quelques années. Y rester est nécessairement synonyme de progression rapide et de rémunération exponentielle. En moyenne, il vous faudra dix ans (relire notre étude sur les grades) pour grimper tous les échelons et devenir partner. 

Et la tendance est à l'accélération : en septembre dernier, Advancy notait que ses meilleurs éléments pouvaient même rentrer dans le partnership au bout de sept ans quand Monitor s'apprêtait à faire passer un de ses collaborateurs au grade de manager après trois ans de maison.

En haut de la pyramide, des facteurs de rémunération multiples

En bout de course, pour les grades de principal et de partner, les critères de rémunération ont tendance à très sensiblement varier d'une maison à l'autre. De manière générale, un partner doit au minimum générer suffisamment de chiffre d'affaires pour couvrir sa propre rémunération et celle de la chaîne de consultants qu'il « nourrit » en projets. C'est-à-dire au bas mot deux à trois millions d'euros facturés par an et jusqu'à plus de dix millions d'euros facturés par an.

Tout dépend ensuite du mode de comptabilisation des ventes pratiqué par les cabinets. Roland Berger ou le Boston Consulting Group par exemple sont des habitués du « multibooking ». C’est-à-dire que la vente d'un projet peut être répartie entre plusieurs partners, là où ailleurs une vente revient à un partner.

Puis viennent enfin les éventuels dividendes versés : ils sont par exemple de 3 à 4 % de l'equity acquis les petites années chez Roland Berger.

L'un des facteurs de rétention

Bilan : tout au long de la carrière dans le secteur, la rémunération est l'un des principaux facteurs de rétention des talents dans les cabinets. On y entre dans la continuité d'un parcours d'excellence, après les meilleures classes préparatoires et les meilleures écoles supérieures, comme dans une « classe prépa » bis pour la vie professionnelle. Avec, pour tous, l'objectif de n'y passer que quelques années. Certains y font toute leur carrière, et les niveaux de rémunération jouent une part importante dans la décision de poursuivre sa vie de consultant.

Attention cependant à ne pas minimiser les contreparties auxquelles ces rémunérations engagent, à commencer par les horaires ou un quotidien parfois ressenti comme vide de sens.

Consultor.fr

 * BCG, McKinsey, Oliver Wyman, Roland Berger, Bain & Company, Monitor Deloitte, A.T. Kearney, Advancy, Kea & Partners et L.E.K. Consulting.

0
tuyau

Un tuyau intéressant à partager ?

Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !

écrivez en direct à la rédaction !

commentaire (0)

Soyez le premier à réagir à cette information

1024 caractère(s) restant(s).

signaler le commentaire

1024 caractère(s) restant(s).

Manuel de survie

  • Dans le secret des sources des consultants

    Les consultants multiplient les canaux d’information : appels téléphoniques dans leur réseau ou au-delà, appels au débotté (alias cold call), appels masqués (alias blind calls), déjeuners ou cafés informels… Enquête. 

  • Consultant recherche infos à tout prix

    Depuis une dizaine d’années, des plateformes d’intermédiation agrègent des milliers d’experts. Les consultants y ont abondamment recours, en particulier dans le domaine du private equity. Enquête. 

  • Congé pat’ : McKinsey double à son tour les 28 jours

    Nommée en août dernier comme directrice générale de McKinsey France, Clarisse Magnin-Mallez, 45 ans, première femme à la tête du géant du conseil en France, fait du bien-être de ses salariés-parents l’une de ses priorités.

  • La vie de stratège en BD – Épisode 4 : classe affaires

    Avec la reprise de l’activité de conseil post-covid, quoique le télétravail restera une composante importante, les déplacements chez les clients vont reprendre de plus belle. Si les capitales du business font rêver, Paris, Londres ou New York, la réalité des missions chez les clients peut être un soupçon moins exotique. Nouvel épisode de notre BD sur le conseil en stratégie, Consultix.

  • Étude : des « Baby Partners » rarement passés par l'opérationnel

    Dix ans de maison, des expériences préalables dans l’industrie, peu d’entrepreneuriat : voilà quelques-uns des traits caractéristiques du parcours type des partners des cabinets de conseil en stratégie. Avec quelques exceptions notables.

    Découvrez les résultats de l’étude de Wit Associés pour Consultor.

  • 300 clients, 700 copils, 5 déménagements : 30 ans de consulting

     

    Quarante-quatre ans de carrière, trente-cinq de conseil en stratégie, dont vingt-cinq passés sous le label Kearney dont il est devenu un associé énergie et pricing : Laurent Dumarest a vu s’enchaîner les révolutions technologiques et s’est frotté aux clients et aux projets les plus inattendus. Jeune retraité, il n’en a pourtant pas fini avec le conseil, au contraire.

  • Avocat et consultant : la difficile équation

    Ce sont des profils plutôt atypiques au sein des cabinets de conseil en stratégie. Certains avocats choisissent la strat’ plutôt que le barreau. Ils y sont recherchés, non pas pour leur connaissance du droit, mais pour leurs qualités personnelles, d’éloquence ou de rigueur. Les avocats-consultants Rémi Philippe, senior consultant chez Kea & Partners, et Grégoire de Vogüé, ex du BCG et d’Ares & Co, avocat chez Taj, donnent leur point de vue.

  • La vie de stratège en BD — Épisode 2 : l'homme pressé

    À peine arrivé dans l’un des cabinets les plus réputés de la place, le partner caricaturé par notre dessinateur Léo est déjà démarché par un chasseur de têtes pour rejoindre un cabinet concurrent – une proposition qui ne se refuse pas. Même s’il arrive à certains consultants de cumuler trois, quatre ou cinq cabinets au cours de leur carrière, toute ressemblance avec des personnes réelles ne serait que fortuite !

  • Kearney : dans les coulisses de la philanthropie fait maison

    Pour permettre à ses consultant(e)s de combiner développement professionnel et personnel, Kearney a mis en place un programme diversifié de missions solidaires entrant dans le cadre de sa politique de développement durable.

    Sur la base du volontariat, les consultants mettent ainsi pendant quelques mois leurs compétences au service d’organisations à impact social, souvent des associations, avant de reprendre leur activité au sein du cabinet de conseil en stratégie.

Manuel de survie
consultant, conseil, stratégie, salaire, rémunération, bonus, fixe, variable, consulting, McKinsey, BCG, Roland Berger, RH, carrière
3778
Monitor Deloitte Oliver Wyman Kearney Boston Consulting Group McKinsey Bain & Company Advancy L.E.K. Consulting Kea & Partners Roland Berger
0