« On m’a dit que ChatGPT pouvait faire mon travail » : quand l’IA remplace les consultants
Plusieurs dirigeants de cabinets et consultants témoignent de l’accélération de l’automatisation de certaines tâches à faible valeur ajoutée. Conséquence, certaines missions sont arrêtées par des clients, et la question des recrutements se pose sur le moyen terme. Inversement, l’essor de l’IA pourrait redorer le blason du métier en l’allégeant de ses tâches les plus pénibles.
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« On m’a dit, pour résumer, que ChatGPT pouvait faire mon travail, en moins bien certes, mais à moindre coût. Et puis, j’ai été gentiment remerciée », raconte au Figaro Laura, une jeune consultante.
En cette rentrée 2023, la mission de cette diplômée de l’EDHEC au sein du siège social d’une grande banque française n’a finalement pas été renouvelée, faute de valeur ajoutée…
Elle n’est pas la seule dans ce cas. Avec la montée de l’IA, une certaine inquiétude monte dans certains cabinets de conseil, à l’instar de celui de Laura où deux autres collaborateurs ont vu leur mission dans l’univers de la finance et de l’assurance brusquement arrêtées, comme le rapporte Le Figaro.
« Mon cabinet anticipe qu’une partie de notre portefeuille clients pourrait se passer de nos services avec l’IA générative, confie un consultant chez Sopra Steria. Avec l’espoir de rattraper ce manque à gagner en multipliant nos missions de conseil auprès des entreprises sur leur propre utilisation de ces technologies ! »
Globalement, dans les grands cabinets, les dirigeants s’attendent à une montée en gamme du consulting. Ce qui pourrait accélérer la concentration du secteur, en laissant de côté les acteurs aux capacités financières plus limitées. « La barrière à l’entrée pour être capable de répondre aux nouvelles demandes des entreprises va être plus élevée », dit au Figaro Nicolas de Bellefonds, directeur monde de l’activité IA du BCG.
« Une partie importante du travail qui est fait aujourd’hui par des juniors va être automatisée » anticipe Gianmarco Monsellato, président de Deloitte France (voir son interview à Consultor).
Une accélération palpable depuis plusieurs années au sein des cabinets de conseil en stratégie qui ont fait le choix d’acheter des sociétés spécialistes du domaine.
Mais une étape de plus est à présent atteinte puisque ces derniers font à présent le choix de former leurs consultants à l’IA : un outil maison, ChatPwC, depuis le mois de juin chez le Britannique PwC. De son côté, le BCG a entraîné un LLM (Large Language Model) à partir de données accumulées au fil des trois dernières décennies. Et McKinsey vient lui aussi de se doter de son propre outil d’IA générative.
« Avant, il fallait à un consultant 2 ou 3 jours de travail de synthèse pour commencer à analyser un marché. Maintenant, avec Lilli, quelques heures suffisent ! La productivité et la valeur ajoutée de l’équipe en sortent gagnantes » glisse au Figaro Éric Hazan, directeur associé senior chez McKinsey, où près de 32 000 collaborateurs sur 45 000 utilisent désormais la plateforme au quotidien.
Vue plus positivement, cette accélération de l’IA pourrait redorer le blason d’une profession qui paraît moins sexy en sortie d’école, où les rémunérations du secteur peuvent ne plus paraître suffisantes à compenser de lourds horaires et son manque de sens.
« L’infiltration de l’IA générative dans nos métiers est positive, puisque les tâches répétitives sont moins attractives pour nos talents. Le jeune consultant ou juriste préférera se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée plutôt que d’éplucher des dizaines de contrats dans notre data room », estime ainsi Christophe Desgranges, associé responsable des activités conseil en stratégie et management de PwC France et Maghreb (voir son interview à Consultor).
EY a lancé en mai dernier une étude afin que chacun des responsables de ses métiers dans le conseil et l’audit (incluant les fiscalistes et les juristes) évalue de manière prioritaire les tâches des collaborateurs qui pourraient utiliser l’intelligence artificielle.
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Manuel de survie
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