IA : Lilli au service des consultants de McKinsey
McKinsey met à la disposition de ses collaborateurs son propre outil d’IA générative, « Lilli », qui devrait accroître la productivité du cabinet.
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Après avoir publié mi-juin un rapport intitulé « Le potentiel économique de l’IA générative », McKinsey realise un beau coup de com’ en annonçant mettre en œuvre une innovation technologique dans l’air du temps : « Lilli ».
« Lilli », c’est le nouveau bébé de McKinsey : en condensant toutes les connaissances du cabinet et de ses collaborateurs, cette Intelligence Artificielle (IA) générative tente de synthétiser et de rationaliser des solutions toujours plus appropriées aux demandes des clients. « Lilli agrège pour la première fois nos connaissances et nos capacités en un seul endroit et nous permettra de passer plus de temps avec les clients à mettre en place ces idées et recommandations, et à maximiser la valeur que nous pouvons créer », a déclaré dans le communiqué Erik Roth, associé senior.
Son fonctionnement est simple, et ressemble au modèle ChatGPT : l’utilisateur pose une question, « Lilli » parcourt l’immense base de données du cabinet (rassemblant plus de 100 000 documents et transcriptions d'entretiens, contenant à la fois du contenu interne et externe), identifie les éléments de contenu les plus pertinents, les synthétise, fournit des sources supplémentaires et peut même identifier les experts les plus appropriés aux demandes des clients.
Autant de moyens d’accélérer la phase d’élaboration du plan de projet se déroulant au début de chaque mission : « Avec Lilli, nous pouvons utiliser la technologie pour accéder à l'ensemble de nos connaissances et de nos actifs et les exploiter afin d'atteindre de nouveaux niveaux de productivité. C'est le premier de nombreux usages qui nous aideront à remodeler notre entreprise », a expliqué Jacky Wright, associé principal de McKinsey et responsable de la technologie et de la plateforme. Mise au service des employés du cabinet, « Lilli » saura sans doute être à l’origine de nombreux gains de productivité : un atout stratégique qui viendra peut-être compenser le plan de suppression de 2000 postes dans les fonctions support du cabinet décidé en février dernier.
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Mardi, des sources internes apprenaient à Bloomberg que McKinsey envisage la suppression de 2 000 postes – soit 4% d’un effectif total qui a très rapidement crû ces dernières années pour atteindre 45 000 personnes. Et ce alors que le chiffre d’affaires du cabinet atteignait les 15 milliards de dollars en 2021, un record.
L’IA générative a été nommée après Lillian Dombrowski, première femme recrutée à un poste de services professionnels par McKinsey en 1945, devenue contrôleure et secrétaire générale de l'entreprise. Utilisée en version bêta depuis juin, « Lilli » devrait commencer à être déployée à l’automne.
Cet outil maison complètera l'outillage des consultants, alors que l’on apprenait déjà en juin dernier que la moitié des 30 000 salariés de McKinsey utilisaient régulièrement des IA génératives dans le cadre de leur activité professionnelle. Initialement composée de 3 personnes, l’équipe en charge de « Lilli » comporte désormais 70 experts, qui devraient pouvoir rendre l’outil accessible à des milliers de collaborateurs d’ici la fin de l’année.
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