Vers la fin de la prime au bac+5, y compris dans le conseil en stratégie ?
La France n’a jamais produit autant de diplômés de niveau master – au-dessus de la moyenne européenne ou de l’OCDE. Alors que, dans d’autres pays, les consultants juniors entrent à bac+3/4, la France est-elle prête à leur emboîter le pas ?
Comme le soulignent nos confrères du Parisien, la nouvelle étude annuelle de l’OCDE Regards sur l’éducation suscite de vives réactions en France. On y apprend que 26 % d’une génération décroche un master dans notre pays, ce qui constitue un record au sein de l’OCDE.
Pour autant, cette inflation n’a pas élargi l’accès à l’enseignement supérieur dans son ensemble : le pays compte à peine 53 % de diplômés post-bac chez les 25-34 ans, un niveau comparable à celui des États-Unis ou de l’Espagne.
En France, une prime culturelle au bac +5
Comme l’a confié au Parisien l’associé Jérôme Fabry – qui a cofondé la practice Éducation d’EY-Parthenon –, « il s’agit là d’un paradoxe français. Ce n’est pas notre système éducatif qui est en cause, mais la valorisation historique associée à ce niveau d’études ». Une norme que les recruteurs entretiendraient au quotidien.
Dans son propre cabinet, cette réalité est assumée : en France, EY-Parthenon recrute quasi exclusivement des masters. Ce n’est pas le cas dans d’autres bureaux européens.
Le conseil en stratégie serait ainsi un symptôme – mais aussi un acteur – de l’hypervalorisation française du diplôme.
L’IA fragilise les juniors… et interroge le modèle du conseil en strat
La question de la valeur ou de la nécessité du bac+5 devient encore plus acérée avec l’irruption de l’IA générative. Pour Jérôme Fabry, le changement de perspective est clair : « L’IA sera la première révolution à toucher surtout les cols blancs et les missions confiées aux juniors. »
Or, la pyramide du conseil repose précisément sur ces profils débutants : production de slides, analyses, benchmarks, modélisations… Si une partie de ces tâches est automatisable, certains des acquis des longs parcours d’études pourraient devenir obsolètes et la hiérarchie des compétences, se voir bousculée.
Ce débat ouvre la voie « à un questionnement de la formation initiale » – selon l’associé d’EY-Parthenon toujours – et, aussi, au renforcement de la formation continue.
Nos cabinets de conseil face à leurs contradictions
Si la France surproduit des « bac+5 », le conseil en stratégie contribue pleinement à entretenir la norme, en exigeant des masters. Pourtant, l’ouverture des bureaux britanniques ou luxembourgeois d’EY-Parthenon (et d’autres cabinets) aux « bachelors » ou BBA (Bachelor of Business Administration) montre qu’il ne s’agit pas d’une contrainte métier, mais d’un choix culturel. Susceptible d’évoluer ?
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