Classement Consultor 2026 des cabinets de conseil en stratégie : une édition ETUDIANTS pleine de surprises
Un top 3 chamboulé en attractivité, des outsiders qui gagnent parfois plusieurs places d’un coup, et des cabinets qui délaissent la quête de notoriété à tout prix : focus sur les résultats.
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Réalisé auprès de plus de 600 étudiants en dernière année de sept grandes écoles de commerce et d’ingénieurs françaises [liste et détail du panel en fin d’article], ce nouveau classement montre que les étudiants distinguent de plus en plus nettement les cabinets qu’ils connaissent de ceux qu’ils souhaitent véritablement rejoindre. Une évolution d’autant plus notable que le nombre moyen de cabinets qu’ils identifient progresse, passant de 10,7 en 2025 à 13,1 cette année.
En contrepoint, selon les associés que nous avons interrogés, certains cabinets assument un ciblage accentué de leurs actions comme de leurs recrutements, forts du constat posé par l’associé cofondateur de PMP Strategy Éric Dupont : « Éclairer plein phare une large zone, ça n’imprime pas beaucoup dans l’esprit des étudiants. »
À noter que deux nouveaux cabinets ont été testés : Mews Partners et Publicis Sapient Strategy.
Notoriété : calme plat au sommet, du mouvement derrière
En notoriété, les sept premiers du classement de l’an dernier – McKinsey, BCG, Bain, Roland Berger, Oliver Wyman, EY-Parthenon et Advancy – conservent leurs positions en 2026. Mais les écarts se réduisent encore entre les MBB et leurs poursuivants.
Au nom d’Oliver Wyman, l’associé Xavier Boileau et le responsable du recrutement Geoffroy Rougevin-Baville rappellent la « jeunesse de la marque » – comparée aux McKinsey-BCG-Bain. « Notre ancrage historique est moindre, datant de 2007, Oliver Wyman accusant probablement encore un léger déficit d’image. » Une façon subtile d’expliquer les variations qu’a pu connaître le cabinet depuis 2020 (4e en 2024 devant Roland Berger, sa meilleure position ; 8e en 2022 ; 5e en 2020).

Quels changements ?
Arthur D. Little confirme son arrivée remarquée dans le classement de notoriété en 2025. Cette année, Arthur D. Little passe de la 9e à la 8e place, tout en faisant son entrée à la 10e place en attractivité. Une progression dont se félicitent Julien Pluchet, principal en charge du recrutement, et Julien Duvaud Schelnast, associé chargé notamment des carrières. Une « dynamique » qu’ils attribuent, entre autres, à la croissance du cabinet, au renforcement de sa présence dans les écoles – « forums, événements, soutien à des projets de recherche ou d’études » – ainsi “qu’au bouche-à-oreille positif” des stagiaires et jeunes consultants.
Et d’autres ascensions sont notables côté notoriété : Simon-Kucher (11e), L.E.K. (12e), PMP Strategy (16e) ou encore Ares & Co (19e) gagnent chacun quatre places.
Au nom de Simon-Kucher, la partner Camille von Rosenschild y voit « le reflet de l’implication des équipes auprès des étudiants », à travers les forums, les ateliers de préparation aux cas, les événements organisés au sein du cabinet et un recrutement largement alimenté par les stages. « La notoriété s’améliore et l’attractivité devrait suivre avec un léger décalage », estime-t-elle. ADL est classé 12e en la matière, comme l’an dernier.
Même satisfaction chez PMP Strategy. Son cofondateur Éric Dupont attribue cette progression à « un investissement dans la durée auprès des écoles, une diversification des formats de présence et un renforcement des équipes communication et RH ».
Quant à Ares & Co, par la voix du directeur des opérations Mehdi Messaoudi, il rappelle que le cabinet « est l’un des plus petits du classement, qui plus est, spécialiste, et faisant très peu de communication ». Il juge dès lors son gain de places « intéressant ».
D’autres variations restent contenues. Si Avencore, 15e, perd une place, la DRH Anne Baudrier note une stabilité reflétant « le travail mené par les équipes pour faire connaître le métier, l’ADN d’ingénieurs consultants et l’expertise industrielle » du cabinet.
>> À découvrir prochainement : le classement ÉTUDIANTS 2026 de Consultor – écoles d’ingénieurs vs business schools
En revanche, Strategy& quitte le top 10, passant de la 8e à la 17e place, après avoir enregistré une forte progression lors de l’édition précédente – du même nombre de places. Le cabinet ne disparaît pas pour autant des radars étudiants, puisqu’il est classé 9e en attractivité, prouvant qu’il dispose d’un fort potentiel de séduction auprès des répondants qui le connaissent.
Sur l’attractivité, Bain chipe la 2e place à McKinsey
Si BCG conserve la 1re place, Bain retrouve la position que le cabinet occupait déjà en 2024, doublant McKinsey, 3e, lequel semble accuser le coup des scandales et controverses dont il a fait l’objet ces dernières années aux États-Unis comme en France. Les trois leaders demeurent toutefois nettement au-dessus du marché, les écarts avec leurs challengers restant presque inchangés.

À noter que, pour la quasi-totalité des cabinets classés dans ce top 15, la perspective d’y être embauché séduit moins de répondants qu’en 2025 – à l’exception de BNP Paribas CIB Consulting & Transformation, qui gagne 2 places et 4 points de pourcentage, et d’Accuracy Strategy & Business Changes, stable en pourcentage, en hausse d’une place.
Oliver Wyman maintient quant à lui son pouvoir d’attraction, avec une cinquième place occupée sans interruption depuis 4 ans – et une progression en la matière (8e en 2022). « Nous avons tous les arguments pour recruter les bonnes personnes. Nous devons simplement encore mieux les faire connaître », estiment de concert Xavier Boileau et Geoffroy Rougevin-Baville. Une conviction qui accompagne les investissements engagés par le cabinet sur la marque employeur et les réseaux sociaux, alors qu’Oliver Wyman connaît selon nos deux interlocuteurs une croissance « nettement supérieure au marché ».
Légère déception en revanche pour EY-Parthenon, classé 7e en attractivité (moins une place par rapport à 2025) et stable en notoriété, en 6e position. Stephan Bindner, Strategy Leader de la France, et Frédéric Fessart, associé, relativisent toutefois la lecture des chiffres, estimant qu’un élément conjoncturel a pu peser sur les réponses des étudiants. Un « bad buzz » sur les réseaux sociaux aurait en effet eu lieu « en avril-mai » autour du déménagement temporaire d’EY-Parthenon de la rue Saint-Lazare vers La Défense, « dans l’attente de l’emménagement dans de nouveaux bureaux près du parc Monceau en janvier 2027 ». Selon Frédéric Fessart, ce départ de Saint-Lazare aurait été mal interprété par certains étudiants qui ont cru y lire « un signal négatif sur la situation du cabinet – qui, par ailleurs, se porte très bien ! ». Le questionnaire a été administré du 17 mars au 6 mai 2026 dans les sept grandes écoles concernées.
Malgré ces micro-variations, les écarts de perception confirment surtout une évolution plus structurelle du rapport des étudiants au conseil en stratégie.
De futurs diplômés moins désireux d’une marque que d’une proposition de valeur
Parmi les répondants cette année, 66 % envisagent d’entamer une carrière dans le conseil – dont 16 % de façon « prioritaire ». Un taux en légère baisse par rapport à 2025 (68 % au global, 17 % en faisant une priorité) et aux années précédentes (73 % en 2023). Si deux étudiants sur trois s’y projettent dans une carrière, la majorité d’entre eux s’inscrit dans une logique d’arbitrage plutôt que de choix arrêté.
En cause, probablement : « la morosité de l’économie en général, et du marché du conseil en stratégie en particulier », selon le CEO Group d’Avention Alban Neveux, et « d’un point de vue structurel, l’impact de l’IA sur les rôles et la définition du métier de junior, à l’avenir ». Si les étudiants s’interrogent, c’est aussi le cas « des cabinets », reconnaît-il.
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Le 27 janvier, une partie de l’écosystème du conseil français s’est donné rendez-vous à la maison HEC Paris Alumni pour évaluer l’impact de l’IA sur le métier. Consultor y était.
Au-delà, notre enquête confirme que l’intérêt des missions demeure le premier critère d’attractivité d’un cabinet aux yeux des étudiants – à 29 % –, devant les perspectives d’évolution de carrière/l’effet tremplin, à 21 %. La rémunération arrive en 3e position à 19 %, devant l’équilibre vie pro-vie perso, 14 %, et l’évolution de carrière en interne/time to partner, à 8 %. La culture d’entreprise, la dimension internationale ou la politique RSE/les engagements sociétaux, ne recueillent chacun que 3 % des suffrages.
Plusieurs associés y voient une évolution du rapport des étudiants au métier. Pour le cofondateur de Strategia Partners, Thomas Chèvre, les étudiants cherchent d’abord « un pure player du conseil en stratégie », mais aussi « la participation à une forme d’aventure entrepreneuriale » afin de prendre rapidement des responsabilités.
Au nom d’eleven, le managing partner Ambroise Huret met l’accent sur l’importance d’une proposition de valeur distinctive. « eleven propose aux consultants de travailler aussi bien sur des due diligences pour des fonds de private equity que sur de grands programmes d’IA pour des groupes du CAC 40. Peu d’acteurs sont capables d’offrir cette palette. »
La fin de la course à la notoriété à tout prix
Le classement met en lumière une évolution de la politique de certains cabinets sur les campus.
Kéa par exemple, privilégie la profondeur des échanges, plutôt que la multiplication des actions. « On ne peut pas être partout, tout le temps, avec le même niveau d’intensité, avance le senior partner Olivier Mouton, en charge du développement des talents (et l’un des quatre DG du cabinet). Quand nous décidons d’activer un levier, nous cherchons à toujours monter en qualité sur tous les points de contact avec les candidats. » Selon lui, l’important est « de faire valoir la singularité de Kéa, avec un positionnement de cabinet de stratégie et de transformation ».
PMP Strategy assume aussi une stratégie privilégiant « des actions plus ciblées que des opérations de volume » afin de mieux faire connaître la proposition de valeur du cabinet.
Au nom de Cylad, l’associée Laurence Massat explique que le cabinet privilégie « un solide réseau d’alumni. Près des deux tiers des candidatures juniors proviennent du réseau interne ou des alumni », les consultants étant encouragés à jouer un rôle d’ambassadeurs auprès des étudiants. « Nous accordons des primes de cooptation. Les consultants qui prennent du temps pour présenter le cabinet ou échanger avec des étudiants de leur école sont récompensés. »
Chez Mews Partners également, le réseau d’anciens joue un rôle déterminant. « 60 % des recrutements proviennent de la cooptation », les consultants recommandant des étudiants de leur école d’origine, comme le partage Flavien Lamarque.
La logique est un peu différente chez CVA, bien que le cabinet concentre aussi ses moyens sur un nombre restreint d’écoles. Ceci en raison « d’un budget de recrutement limité » et de sélections réparties entre plusieurs pays, indique l’associée Carole Ott. « Notre budget couvre l’ensemble de la zone EMEA. » Une sélectivité correspondant selon eux à leur modèle, CVA recrutant moins de juniors qu’un cabinet de plus grande taille, mais « les exposant plus vite ».
Strategia Partners adopte une approche comparable, pour des raisons distinctes. Thomas Chèvre indique que le cabinet est présent « sur les forums d’une seule école ». Le cabinet recruterait « une dizaine de consultants par an à Paris, en plus de maintenir en permanence deux à quatre stagiaires », sans chercher à accroître fortement sa notoriété sur les campus. « Nos priorités sont d’avoir un équilibre entre développement commercial, recrutement et développement des équipes du cabinet. »
Une logique que revendique également CMI. « Nous restons attachés à notre image de boutique. Les attentes des jeunes diplômés vont vers ce mode de conseil, avec davantage de proximité et d'impact. Il faut être précis dans ce que l'on cherche à faire plutôt que vouloir parler à tout le monde », expliquent l'associé Guillaume Canu et la responsable RH Élodie Font. Le cabinet travaille néanmoins à renforcer progressivement sa marque employeur, via un jobboard bien connu et son réseau d'alumni.
Des cabinets bien plus attractifs que connus… et inversement
L'une des particularités de cette édition tient aussi dans le rapport entre notoriété et attractivité. En effet, certains cabinets séduisent nettement plus qu'ils ne sont connus. C'est le cas de BNP Paribas CIB Consulting & Transformation – 14e en notoriété et 6e en attractivité –, d’Accuracy Strategy & Business Changes – 13e ; 8e –, ou encore de Strategy& – au 17e rang de la notoriété et 9e sur l’attractivité.
À l'inverse, plusieurs cabinets peinent à transformer leur visibilité en « préférence ». Ainsi d’Advancy, premier cabinet français à la 7e place en notoriété, qui ne figure qu'au 15e rang de l’attractivité – ce qui marque toutefois une progression. « Notre entrée dans ce top est un signal positif et notable », commente Isabelle Christoux-Paul, Senior Executive Assistant au sein du cabinet.
Ou d’eleven, 9e cabinet le plus connu et 14e choix « seulement » des étudiants. Ambroise Huret accueille ces résultats avec sérénité. « Ce n'est pas parce qu'on est de plus en plus connu que l'on attire tout le monde. Ce n'est d’ailleurs pas l'objectif. » Selon lui, cette situation découle directement du positionnement du cabinet. « Nous nous adressons à des typologies de profils et de carrières plus spécifiques que les grands cabinets généralistes. » À savoir : « des doubles profils, doubles diplômes X-HEC ou CentraleSupélec-ESSEC » alliant aptitudes tech et intérêt business ou inversement.
D’autres cabinets affichent un équilibre entre leurs rangs de notoriété et d’attractivité. Outre les 5 premiers des deux classements – et EY-Parthenon –, Arthur D. Little (8e en notoriété, 10e en attractivité), Simon-Kucher (11e ; 12e), ou encore Kéa (10e ; 13e), sont dans ce cas de figure.
Quant à L.E.K., il est légèrement plus attractif que connu (12e ; 11e). Une situation que le cabinet attribue notamment à son environnement de travail. « Au bureau de Paris, il y a une forte culture d’entreprise. Les gens s'entendent très bien entre eux. Le fit est un critère essentiel dans nos recrutements », soulignent Marie Vallet, People Manager, et Selma Stampa-Sauvageot, responsable du recrutement campus chez LE.K. Le cabinet met également en avant la diversité des missions, grâce aux collaborations avec les autres bureaux européens.
Au regard de l’ensemble des critères évalués, cette édition 2026 montre que la notoriété ne suffit plus à créer de préférence. La bataille des talents se déplace vers la clarté des positionnements.
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Échantillon et méthodologie
Enquête réalisée du 17 mars au 6 mai 2026 par HEC Junior Conseil pour Consultor auprès de 635 étudiants en dernière année du Parcours Grande École, issus des établissements suivants : CentraleSupélec (20 %), HEC (20 %), ESSEC (18 %), ESCP (17 %), École polytechnique (15 %), Mines Paris (5 %), Ponts et Chaussées (5 %). Total commerce : 55 % ; total ingénieurs : 45 %.
L’échantillon est constitué à 65 % d’hommes, 34 % de femmes, 1 % de personnes non binaires ou ne se prononçant pas.
Pour réaliser les deux classements, les pondérations suivantes ont été utilisées :
Classement NOTORIÉTÉ
Question : « Connaissez-vous ce cabinet ? »
→ Classement : en fonction du % de chaque réponse.
Score
Je ne connais pas ce cabinet : 0
Il me semble en avoir entendu parler, mais je ne le connais pas vraiment : 1
Je connais ce cabinet : 1,5
J’ai déjà eu affaire à ce cabinet (candidature, stage, CDI) : 1,6
À noter : pour les cabinets disposant d’une maison-mère et/ou dont l’activité principale n’est pas le conseil en stratégie – Accuracy Strategy & Business Changes, BNP Paribas CIB Consulting & Transformation, EY-Parthenon, Publicis Sapient Strategy, Strategy& –, seules les réponses des étudiants connaissant initialement l’activité stratégie de ces structures ont été prises en compte.
Classement ATTRACTIVITÉ
Questions : « Accepteriez-vous une offre d’emploi de ce cabinet ? »
→ Classement : en fonction du % de réponses « Oui ».
Score
Oui : 1
Non : 0
Modalités
Un étudiant se prononce sur l’attractivité d’un cabinet lorsqu’il a déclaré le connaître ou avoir déjà eu affaire à lui.
Seuil statistique : les cabinets connus par moins de 10 % de notre échantillon ne sont pas classés.
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Avertissement
Ce classement exclusif a été pensé et élaboré par Consultor. Toute reproduction même partielle du contenu de cette étude est interdite ainsi que toute utilisation commerciale sans l’autorisation préalable de Consultor.
Consultor est propriétaire des droits selon la loi n° 57-298 du 11 mars 1957 sur la propriété commerciale, industrielle, littéraire et artistique (Journal officiel du 14 mars 1957 et rectificatif du Journal officiel du 19 avril 1957).
Mention obligatoire après autorisation : « Source Consultor.fr ».
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