Oliver Wyman à la rescousse de Worldline aux prises avec le scandale des Dirty Payments
Oliver Wyman va évaluer l'ensemble du dispositif de contrôle des risques du groupe. Il s’agit d’une initiative conjointe du management et du conseil d’administration de Worldline, secoué par une (nouvelle) grave crise réputationnelle.
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C’est ce que révèlent le DG du groupe, Pierre‑Antoine Vacheron, et le président du conseil d’administration, Wilfried Verstraete, aux Échos.
La mission sera supervisée par un comité ad hoc composé d’administrateurs indépendants. Objectif affiché : identifier d’éventuelles failles et proposer des mesures de remédiation d’ici octobre 2025.
Parallèlement, le cabinet de conseil financier Accuracy a été chargé d’un audit externe du portefeuille de clients « à haut risque de réputation ». Un portefeuille qui représenterait environ 1,5 % du volume des transactions du groupe (500 milliards d’euros en 2024), selon les deux dirigeants. Les résultats de l’audit seront publiés avec les comptes semestriels du 30 juillet.
Le scandale des « Dirty Payments »
Des enquêtes menées par une vingtaine de médias internationaux, dont le journal belge Le Soir et le site français Mediapart, ont révélé que Worldline aurait opéré, durant la dernière décennie, de multiples transactions illicites, continuant à traiter avec des clients à risque – casinos non agréés mais aussi sites d’arnaques en ligne, sites pornographiques ou réseaux de prostitution – pour protéger son chiffre d’affaires. D’où l’enquête ouverte par le parquet de Bruxelles le 27 juin dernier pour soupçons de blanchiment d’argent à l’encontre de la seule filiale belge du groupe, à ce stade.
Selon le président du conseil d’administration du groupe, Worldline aurait pourtant « renforcé ses contrôles depuis 2023, et commencé à couper les liens avec les clients non conformes ».
Plus globalement, l’ancienne filiale d'Atos, devenue indépendante en 2019, a connu des déboires depuis quelques années – une série de pannes majeures notamment, et des révisions régulières à la baisse de ses objectifs financiers. Worldline est d’ailleurs sorti du CAC 40.
Les révélations des « Dirty Payments » ont fait plonger le titre du groupe en Bourse de près de 40 %.
Oliver Wyman en mode pompier pour sauver la réputation de Worldline
Oliver Wyman va étudier ce qu’on appelle « les 1re, 2e et 3e ligne de défense » du dispositif de contrôle des risques. A savoir : pour la 1re ligne, les unités opérationnelles – équipes commerciales, front office – qui identifient et gèrent les risques au quotidien, appliquent les contrôles internes et vérifient la conformité de la relation client ; pour la 2e, les fonctions support – compliance, gestion des risques, IT, RH… –, qui définissent les politiques, supervisent la conformité, conseillent et challengent les opérations, et assurent la surveillance régulière ; et pour la 3e, l’audit interne, qui vérifie la fiabilité et l’efficacité des deux premières lignes et rapporte ses conclusions directement au conseil d’administration.
Ce diagnostic devrait permettre à Worldline de repérer les zones de faiblesse, en renforçant les contrôles et en assurant la transparence requise par les marchés et les autorités. Et, plus encore, de restaurer la confiance de ses investisseurs, clients et partenaires.
En parallèle, un nouveau directeur des risques pour les activités commerçantes, Tim Minall, issu de PayPal, vient de prendre ses fonctions.
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services financiers
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