Devenir Partner : Comparaison des grades et des temps de passage
Consultor détaille les parcours de carrière classiques théoriques pour les dix cabinets de conseil en stratégie les plus connus (classement Consultor-Essec 2016) : intitulé des grades et les time-in-grade afférents.
En somme, il s’agit du parcours d’un consultant au sein d’un même cabinet, de son entrée jusqu'au poste de partner. Les données ont été recueillies par Consultor sur une base déclarative.
(nouvel article - la course au partnership publié le 26/09/2018 avec des données réactualisées . la dernière mise à jour de cet article date du 17/01/2017)
- Allemagne : coup de frein sur le marché du conseil en 2025
- Les Vikings d’A&M promettent gloire et dollars aux associés qui prendront des clients à la concurrence
- Consultants à tous les étages : la scène culturelle saoudienne s’interroge
- Des ex-consultants apprennent leur métier aux IA
- Roland Berger mise sur la défense pour relancer sa croissance
- Compensation carbone des cabinets de conseil : quel crédit y accorder ?
- Philippe Peters, le partner passé par Bain, le BCG et McKinsey
- Aux États-Unis, moins de promotions et des « invitations » à partir
Des parcours théoriques
La très grande majorité des répondants s’est attelée à dessiner le parcours moyen d’un consultant.
Établir un "time-in-grade" (temps passé par un consultant sur un grade donné) est un exercice effectué par chaque cabinet, mais très théorique. Il donne une perspective aux consultants. Pourtant, rares sont les cas où la règle s’applique entièrement, notamment parce que le rapport des consultants à leur entreprise a changé. Les parcours de carrière sont plus fractionnés que par le passé ; beaucoup de consultants changent de cabinets en cours de carrière, d’autres arrivent de l’industrie…
Par ailleurs, pour ceux qui choisissent de changer de cabinet, les parcours ne sont pas linéaires. Un consultant qui rejoindrait un MBB, en provenance d’un cabinet moins réputé, a de fortes chances d’entrer à un grade inférieur. À l’inverse, quitter McKinsey, Bain ou Boston Consulting Group pour une autre société peut régulièrement se faire avec une promotion à la clef.
Une nomenclature imperméable mais des parcours proches
La lecture des cartes de visite de consultants permet de le constater : les grades sont incompréhensibles à qui n’est pas un initié de la politique propre à chaque cabinet. D’une société à l’autre, un même titre peut signifier des responsabilités fort différentes.
Associate est un bon exemple. Au BCG, chez Bain ou OC&C, c’est le titre d’entrée dans le conseil. Chez McKinsey, Oliver Wyman et A.T. Kearney, il s’agit du premier poste avec des responsabilités de management.
Une nouvelle donnée va compliquer plus encore la compréhension des non-initiés. McKinsey renomme ses partners qui seront désormais appelés « principal ». Un grade qui – presque partout ailleurs – est celui qui précède le poste de partner.
Derrière l’étiquette, la réalité opérationnelle n’est pas si différente d’une société à l’autre. On s’aperçoit qu’il faut environ onze à douze ans dans la plupart des cabinets pour devenir partner. Advancy, où le parcours peut paraître très rapide, a répondu à notre enquête dans une perspective « best-case-scenario ». Les nominations récentes, à l'instar de celle de Benjamin Maupetit qui a commencé sa carrière dans le cabinet en juin 2009 avant d'être nommé VP en janvier 2017, attestent de la réalité de ce parcours pour des consultants ouverts à des opportunités de développement à l'international.
Le grade "débutant" s'étale la plupart du temps sur deux à trois ans. Les postes de Team Leader ou de Manager de mission ont également une durée équivalente quel que soit le cabinet.
La durée, gage de qualité
La comparaison des différentes "time-in-grade" permet de dégager deux grandes tendances. D’un côté, une majorité de cabinets offre des parcours plutôt rapides. L’idée est bien sûr de garder les meilleurs consultants dans une industrie qui se livre une guerre des talents constante.
À l’inverse, à la lecture du tableau, quelques sociétés ont des parcours plus longs. Il s’agit essentiellement de Kea & Partners et dans une moindre mesure d'A.T. Kearney qui opère cependant actuellement un raccourcissement drastique de ses time-in-grades (tableau mis à jour avec nouvelle données).
A.T. Kearney, qui choisissait néanmoins de communiquer en début d’année 2016 sur l'élection de son « plus jeune partner de l’histoire ». Le Français Charles-Étienne Bost a été élu partner à l’âge de 35 ans, « avec cinq ans d’avance » si l’on en croit Les Échos. C’est très loin de ce qui se fait ailleurs où les plus talentueux peuvent espérer être élus dès 30 ans, c’est exceptionnellement le cas au BCG ou chez Oliver Wyman par exemple.
Difficile de connaître l’impact de ces politiques sur le recrutement. Bien sûr, les plus pressés pourraient être découragés par de tels parcours. En revanche, ils peuvent garantir une certaine séniorité de l’encadrement, un facteur important pour l’évolution de chaque consultant. D’autant que McKinsey fait un pas vers l’allongement des parcours. Le premier cabinet mondial crée un nouveau grade, le statut de « pre associate ». Une étape de deux ans qui impacte le « Time-to-Partner ». Une tendance qui pourrait se généraliser au reste de l’industrie.
Enfin, les données récoltées par Consultor concernent le parcours moyen d’un consultant. Un ambitieux, loin d’être découragé par un parcours annoncé comme plus long dans un cabinet, pourrait y voir l’occasion de prouver sa valeur en franchissant les étapes plus rapidement que ses prédécesseurs.
Gillian Gobé pour consultor.fr
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Manuel de survie
28/04/26Deux décisions du tribunal administratif de Paris offrent un précieux éclairage sur la rémunération des partners des cabinets de conseil – entre bonus annuels massifs et primes d’entrée à six chiffres.
20/04/26Derrière l’enquête du Parquet national financier visant Atos, un signal fort : celui d’une extension du risque pénal aux cabinets de conseil. Le décryptage d’un magistrat.
14/04/26Quatre consultants et ex-consultants nous partagent leurs points de vue sur le sujet ; un cinquième nous décrit son propre syndrome de l’intérieur.
02/04/26Ces programmes de formation au leadership visent à aider les senior partners à décider sous pression.
23/03/26Le conseil en stratégie attise les convoitises. Depuis les années 2000, des ESN et autres gros acteurs du secteur tech-IT ont vu dans leur association avec le monde de la stratégie une belle opportunité de croissance.
27/02/26À compter du 1er juin 2026, les quelque 180 000 collaborateurs américains de Deloitte utiliseront un nouvel intitulé de poste. Un nouveau grade senior de Leader sera créé.
12/02/26Bières, vin, soft : le Boston Consulting Group souhaite inciter les consultants à passer davantage de temps ensemble.
02/02/26Fondateur d’une start-up et passionné d’industrie, le nouveau partner de Bain, Eric Ballu-Samuel, revendique un parcours sans plan tout tracé – où il a appris « en se trompant » et est devenu associé à un moment charnière.
26/01/26Moins de juniors, plus de partners expérimentés… L’IA et l’évolution du marché pourraient bien remettre en cause la structure pyramidale traditionnelle des cabinets de conseil en stratégie.
