McKinsey au ministère de la Santé : une mission à quatre millions d'euros

On en sait plus sur les contours de la mission de McKinsey auprès du ministère de la Santé qui suscite un intérêt soutenu depuis que le rôle du cabinet dans la campagne vaccinale contre le covid a été révélé au début du mois de janvier 2021 (relire nos articles ici, ici, ici).

08 Fév. 2021 à 19:02
McKinsey au ministère de la Santé : une mission à quatre millions d'euros

Selon les chiffres obtenus par Véronique Louwagie, la députée Les Républicains de la deuxième circonscription de l'Orne, et cités par Politico lundi 8 février, depuis le 30 novembre, cette mission a été facturée 3,4 millions d'euros.

À cela s'ajoutent 600 000 euros qui ont été facturés à Santé Publique France, l’agence nationale de santé publique créée en 2016 sous tutelle du ministère de la Santé qui fournit chaque jour au gouvernement les données épidémiologiques.

Ces chiffres vont dans le sens de l'information obtenue par Le Point dès le mois de janvier selon laquelle cette mission de « cadrage logistique », « benchmarking » des pratiques à l’étranger et « coordination opérationnelle de la task force » serait facturée deux millions d'euros par mois.

Sept consultants et deux associés de McKinsey travaillent sur cette mission, selon Politico. Les Échos (relire notre article ) indiquait mi-janvier qu'elle mobilisait une quinzaine de consultants dès décembre et qu'ils seraient jusqu'à vingt-cinq d'ici la fin février. 

Un recours au cabinet nécessaire selon les sources au sein du ministère que le site d'information en ligne a fait parler. Ils évoquent un personnel pour moitié en burn out tant la charge de travail et de pression de la gestion de la pandémie est forte. Des conditions dans lesquelles le recours à une force de travail extérieure qui ne compte pas ses heures est nécessaire.

Depuis mars, toujours selon les chiffres obtenus par Véronique Louwagie, 3,8 millions d'euros ont été facturés par le ministère de la Santé par le cabinet Citwell pour de l'aide à la gestion de la logistique vaccinale et du transport de matériel médical, 1,2 million d'euros pour des services IT par Accenture en lien avec le déploiement de la campagne vaccinale, et 2,2 millions d'euros répartis entre les cabinets Roland Berger, Deloitte et JLL.

Crédit photo : Adobe Stock

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commentaires (2)

Lavaud Jacques
09 Fév 2021 à 17:39
Le recours excessif à des cabinets externes a déjà été dénoncé par la Cour des comptes.
On peut s'étonner l'absence l Anap dans cette affaire

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Promaja
09 Fév 2021 à 12:04
Il semble ainsi qu'il s'agisse en partie d'une mission d'interim visant à épauler le staff en "burn out".
Sans compter les secteurs de la fonction publique compétent et fonctionnant en régime ralentie en raison de la pandémie, secteurs qui sont en mesure de mettre du personnel très compétent à disposition, il y de d'intéressantes agences d'interim auxquelles il aurait pu être fait appel.
dans les 2 cas, c moins couteux mais, c vrais, les rétrocommissions de toutes formes sont plus délicates à obtenir.

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