L’IA ne remplacera pas les consultants de sitôt, selon Elon Musk
Alors que McKinsey multiplie les agents IA tout en réduisant ses effectifs, le patron de Tesla réagit sur X. Pour lui les CEO ont trop besoin de faire valider leurs décisions par des tiers pour envisager de se passer de consultants.
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L’IA, une menace pour les consultants juniors
L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer les consultants en stratégie ? L’opinion ambiante est que le travail d’analyse des consultants junior – recherche, synthèse, mise en forme, présentation… - peut être effectué beaucoup plus rapidement grâce à l’IA ; l’expertise des partners plus expérimentés n’étant pas concernée. Selon Pat Petitti, le dirigeant de la plateforme de consultants Catalant, cité dans le Wall Street Journal, cette population sera probablement affectée la première par l’essor de l’IA.
L’exemple de McKinsey, développé dans le même article, pourrait laisser penser que le mouvement est déjà lancé : le cabinet a réduit ses effectifs de 45 000 à 40 000 personnes depuis 2023, tout en développant 12 000 agents IA pour assister les consultants. Bien sûr, les agents IA ne remplacent pas directement les consultants partis. La baisse d’effectifs serait en partie liée à une correction suite aux nombreuses embauches post-Covid. Bob Sternfels, managing partner de McKinsey pour le monde, affirme que « nous allons continuer à embaucher, et nous allons aussi continuer à fabriquer des agents IA ».
Il n’en reste pas moins que, de l’aveu même de Kate Smaje, senior partner de McKinsey chargée de la thématique IA, la taille typique des équipes mobilisées sur les projets de conseil en stratégie est passée d’environ 14 à 2 ou 3 (en plus du chef de mission), grâce à l’assistance des outils IA. « Est-ce que je vois tout cela comme existentiel pour notre profession ? Oui, assurément », affirme-t-elle. Elle ne parle pas, cependant, de « menace existentielle », mais de « bien existentiel ».
Elon Musk à la rescousse
La profession a reçu un secours inattendu de la part d’un défenseur improbable : Elon Musk. Réagissant à l’article du Wall Street Journal, le patron de SpaceX et d’xAI s’est fendu d’un message sur le réseau X (ex-Twitter), qu’il dirige également : « D’aucuns disent que les dirigeants d’entreprises utilisent essentiellement les consultants comme des « tiers objectifs » pour confirmer la décision qu’ils allaient prendre de toute façon » ; ce qui permet « d’avoir quelqu’un d’autre à blâmer si ça ne marche pas ». Pour Musk, « l’IA ne peut pas encore remplacer ça ».
De fait, le commentaire du milliardaire américain, manifestement ironique, n’est pas forcément dénué de fondement. Une étude parue cet été et couverte par Consultor a posé la question à un panel d’experts académiques en management et productivité d’une part, des consultants en stratégie d’autre part. 64% des premiers et 52% des seconds s’accordent pour estimer que le conseil en stratégie est couramment utilisé pour « mettre en œuvre des décisions difficiles en réduisant les résistances internes et en conférant de la légitimité et une validation extérieure à des choix que le management de l’entreprise voulait mettre en œuvre de toute façon ». L’IA, en somme, n’est pas prête à remplacer l’humain dans le jeu politique.
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Une recherche effectuée sur le marché belge du consulting en stratégie mesure l’effet des prestations de conseil sur les entreprises clientes. Résultat : l’intervention des consultants est corrélée à une augmentation de la productivité du travail, une baisse limitée de l’emploi et une hausse des salaires..
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