Le BCG au chevet de l’OMS pour son plan de réorganisation
En interne, la sollicitation du BCG fait débat. L’Organisation mondiale de la santé fait face à une impasse budgétaire sans précédent en raison du retrait de son principal contributeur jusque-là, à savoir les États-Unis.
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L’OMS risque en effet d’enregistrer un déficit de 2,5 milliards de dollars sur la période 2025-2027. Le retrait des USA prive l’agence onusienne de quelque 600 millions de dollars pour la seule année 2025.
D’où la sollicitation par l’OMS du Boston Consulting Group, lequel a été chargé d’élaborer un plan de restructuration des ressources humaines et structures organisationnelles de l’agence onusienne.
L’Organisation mondiale de la santé compte actuellement 60 directions ou départements distincts – pour 80 directeurs en juillet 2024. Selon le média en ligne Health Policy Watch, spécialiste des politiques de santé mondiale, le nombre de directeurs aurait quasiment doublé depuis 2017.
La réorganisation à venir inclurait « une réduction de près de moitié des directions » – avec un impact probable sur le nombre de directeurs –, ainsi que le transfert de « certaines fonctions du siège genevois vers des bureaux régionaux moins coûteux ou d’autres villes européennes où l’OMS est également présente ».
Une mission financée par la Fondation Bill et Melinda Gates
Le montant précis de l’accompagnement du BCG n’est pas connu, bien que des sources bien informées citées par Health Policy Watch parlent de « plusieurs millions de dollars, voire davantage ».
Quel qu’en soit le montant, cette intervention a été menée grâce à des fonds affectés spécialement à cet usage par la Fondation Bill et Melinda Gates à HRT, la structure de Ressources humaines et de Gestion des talents de l’OMS. Par ailleurs, d’après la présidente de l’Association du personnel de l’agence onusienne reprenant des informations des plus hautes instances de l’OMS, le choix du BCG résulterait « d’un appel d’offres ».
Certains membres du personnel de l’OMS ont néanmoins exprimé « leur consternation » face à l’attribution d’importants crédits à des cabinets privés « en pleine période de crise budgétaire ». Selon eux, les plans élaborés par des cabinets de conseil externes lors de la « Transformation » de l’OMS en 2019 – menée notamment par McKinsey – auraient « préparé » la crise actuelle.
L’Association du personnel, qui n’avait pas été associée aux réflexions ayant abouti aux premières versions de ce plan de réorganisation, a désormais été intégrée à « plusieurs comités-clés ».
Moins de troupes en interne et davantage… de consultants ?
Si les cabinets de conseil privés comptent des supporters au sein de l’Association du personnel de l’agence onusienne – les consultants jouant selon eux « un rôle légitime » auprès de l’OMS – d’autres membres déclarent qu’ils surveilleront « de très près » qu’il n’y ait pas de réduction des effectifs, « suivie d’une externalisation immédiate pour que le même travail soit réalisé par des consultants ».
Depuis 2017, selon Health Policy Watch, le nombre de consultants de l’OMS a explosé, passant d’environ 3 200 postes équivalents temps plein à près de 7 600 en juillet 2024, ce qui équivaut presque aux effectifs réguliers de l’OMS.
En France, l’omniprésence de conseils externes dans le secteur public de la santé a également fait débat dans le cadre de l’enquête sénatoriale sur le recours aux cabinets de conseil privés.
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Petit, il se rêvait chercheur en physique.
Il a donc fait une thèse en physique quantique sur les atomes froids. Pourtant, c’est au Boston Consulting Group qu’il va travailler pendant onze ans et y plaider la cause du recrutement des doctorants dans le conseil en stratégie. Aujourd’hui, il est directeur en charge du département des résultats à Unitaid, la structure hébergée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui finance des innovations de santé.
La version finale du plan de réorganisation élaboré par le BCG sera présentée à l’Association du personnel de l’OMS ainsi qu’aux États membres à partir du 22 avril. Elle pourrait comporter des évolutions significatives, notamment sous l’impulsion de son directeur général, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ancien ministre éthiopien de la Santé (2005-2012), puis des Affaires étrangères (2012-2016).
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