L’OMS suspend une mission du BCG de 4 millions de dollars
Alors qu’une première phase de l’accompagnement a déjà été réalisée par le BCG, la suite – avoisinant les 4 millions de dollars – est « en cours de réévaluation » par les instances dirigeantes de l’OMS.
- Après le scandale de Gaza, le BCG cherche à restaurer sa crédibilité
- Affaire Gaza : le BCG s’enfonce dans la crise
- Le BCG a modélisé un plan de reconstruction de Gaza prévoyant le déplacement de 500 000 Palestiniens
- Aide à Gaza : le BCG et son CEO présentent leurs excuses
- Gaza : le BCG se retire de l’agence d’aide humanitaire créée par les États-Unis et Israël
- Le BCG au chevet de l’OMS pour son plan de réorganisation
- Telefónica consulte le BCG pour élaborer son nouveau plan stratégique
- Le BCG planche sur l’acquisition de Telecom Italia pour Iliad
Si la première phase de la mission avait suscité des réactions en interne, en pleine crise budgétaire liée au retrait du plus grand donateur de l’OMS à savoir les États-Unis, la seconde interviendrait alors que plus de 200 suppressions de postes ont déjà eu lieu majoritairement au siège de l’OMS, et que 20 % des effectifs mondiaux pourraient être concernés à terme. Le tout sur fond « d’affaire Gaza » pour le Boston Consulting Group.
à lire aussi
En interne, la sollicitation du BCG fait débat. L’Organisation mondiale de la santé fait face à une impasse budgétaire sans précédent en raison du retrait de son principal contributeur jusque-là, à savoir les États-Unis.
La première phase, qui s’est déroulée du 7 avril au 15 mai 2025 pour un montant d’un peu moins de 3 millions de dollars, a porté sur le diagnostic des structures existantes, la conception de nouveaux organigrammes consolidés, et l’accompagnement de la salve initiale de réduction des effectifs.
Elle a été menée grâce à des fonds affectés spécialement par la Fondation Bill et Melinda Gates à HRT, la structure de Ressources humaines et de Gestion des talents de l’OMS.
L’OMS au régime sec : 800 millions d’euros d’économies à réaliser
Le budget prévisionnel de l’organisation pour 2026-27 a été fixé à 4,2 milliards de dollars. Pour y parvenir, l’OMS doit réduire ses dépenses de 800 millions de dollars, dont 390 à 490 millions encore à identifier d’ici la fin de l’année.
Au-delà des réductions d’effectifs, des économies de 150 à 165 millions de dollars sur les salaires, et de 140 à 260 millions sur les achats et les déplacements, ont d’ores et déjà été engagées. Mais l’effort est loin d’être terminé.
La réduction des dépenses devrait passer également par un redéploiement géographique de certaines fonctions vers des sites jugés moins coûteux, ce qui suscite des inquiétudes en interne quant à une fragmentation des capacités et une perte de cohérence fonctionnelle.
En parallèle, de nombreux employés expriment leurs préoccupations concernant l’alignement de la nouvelle organisation sur les priorités stratégiques de santé mondiale.
À l’origine du séisme : le retrait américain
Cette réorganisation d’ampleur est en grande partie dictée par l’arrêt du financement de l’OMS par les États-Unis – censé atteindre environ 600 millions de dollars pour la seule année 2025 – annoncé au début de l’année par l’administration Trump.
L’accompagnement du BCG remis en question
Selon le média en ligne Health Policy Watch, spécialiste des politiques de santé mondiale, le BCG opère sa mission auprès de l’OMS en deux temps.
Pour la seconde phase, le cabinet serait chargé d’accompagner la mise en œuvre opérationnelle de la nouvelle structure, tout en cartographiant les postes et compétences. Il appuierait aussi les transferts de fonctions entre sites, et proposerait des optimisations des processus d’achat.
Dans ce contexte de grave crise budgétaire, certains employés estiment que chaque million dépensé pour des consultants pourrait financer les activités « de 3 à 5 employés de l’OMS pendant environ un an ». D’autres, en revanche, continuent à soutenir l’intervention du BCG pour mener à bien cette transformation complexe.
Le secteur humanitaire prêt à renoncer aux conseils du BCG ?
Le responsable des opérations commerciales de l’OMS, Raul Thomas, a ainsi déclaré que l’Organisation « réévaluait le contrat en attente à la lumière des récentes informations sur l’implication de deux associés [du cabinet] dans le programme très controversé de distribution de nourriture par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), ainsi que dans un plan de relocalisation de la population de Gaza ».
De son côté, l’organisation caritative Save The Children, qui défend les droits des enfants, apporte des secours et aide les enfants des pays en développement, a suspendu un partenariat de 20 ans avec le BCG.
La décision finale de l’OMS devrait intervenir d’ici fin juillet.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
pharmacie - santé
05/12/25L’ancienne consultante Mathilde Marret est la directrice de la stratégie de l’un des leaders mondiaux du diagnostic en médecine nucléaire.
24/11/25Un collectif d’entreprises issues de l’agroalimentaire et de l’assurance santé, réuni à l’initiative de Kéa, s’apprête à lancer une application pour sensibiliser les consommateurs aux enjeux sanitaires de l’alimentation.
19/11/25Whit Bernard, ancien associate partner chez McKinsey, vient de revendre au géant américain la startup pharma qu’il a cofondée en 2022, Metsera.
17/11/25Après 13 années « intenses » chez Ipsen et un parcours construit sur quatre continents, Audrey Schweitzer va contribuer au développement des Life Sciences chez Arthur D. Little.
17/11/25Kiro, créée par Alexandre Guenoun, vient d’être sélectionnée pour la deuxième fois par le programme gouvernemental d’accompagnement des entreprises innovantes.
13/10/25Après plusieurs décennies à accompagner les acteurs publics de la santé – notamment –, François Farhi passe de l’autre côté du miroir.
10/10/25Houda Kamoun rejoint l’équipe strat de Publicis Sapient comme associate managing director.
26/09/25Quelques mois après avoir quitté PMP Strategy, Malo Talarmin et Ewenn Billant annoncent la reprise de SEBBENE Médical, spécialiste de la mise à disposition de solutions et d’équipements de diagnostic.
18/09/25L’acquisition du cabinet Norska – fondé en 2021 – est « l’une des briques » servant les objectifs de développement de CMI, confie l’associé Benoît Caussignac à Consultor.