Kearney signe pour trois ans avec la fondation de François Hollande

La France s’engage rend public lundi 8 novembre le nom des lauréats de son concours national 2021, l’une de ses actions de soutien à l’innovation sociale.

Barbara Merle
09 Nov. 2021 à 13:28
Kearney signe pour trois ans avec la fondation de François Hollande
Crédit photo : La France s'engage.

L’occasion pour Kearney de dévoiler les raisons et les contours de son engagement aux côtés des entrepreneurs sociaux soutenus par la fondation.

Après un accompagnement depuis plusieurs années auprès de l’association Le Choix de l’école, Kearney s’investit sur trois ans en accompagnant une autre structure, La France s’engage.

La France s’engage fut d’abord un programme d’innovation sociale initié sous la présidence de François Hollande en 2014, avant de devenir une fondation en 2017 présidée par l’ancien Président de la République.

Avec un budget annuel de 5,2 millions d’euros, dont 66 % de mécénat d’entreprises, elle organise tous les ans trois appels à projets annuels, dont un concours national, qui lui permet de détecter les projets les plus innovants qui répondent aux objectifs de développement durable. En 2020, par exemple, elle avait reçu 482 projets. Des lauréats avaient été promus dans des domaines aussi variés que la lutte contre l’isolement, l’accueil de personnes sans abri, la formation à la cuisine. La fondation leur apporte un soutien financier et un accompagnement (changement d’échelle, essaimage territorial, diagnostic stratégique, conseils digitaux, juridiques) auxquels participent plusieurs organisations telles que Impact Lawyers pour le droit, Simundia pour le coaching ou Simplon sur le digital. La fondation a soutenu 181 lauréats depuis 2014.

Kearney a choisi de lui apporter son soutien à présent. « Une première phase a eu lieu il y a quelques mois autour du plan stratégique de la fondation pour les aider dans la définition de leurs ambitions quanti et quali à trois ans. Nous arrivons à un moment où elle prend de l’envergure et a besoin de continuer à se professionnaliser pour devenir une sorte d’incubateur social. Le deuxième temps a débuté il y a quelques semaines avec l’accompagnement de l’ensemble des lauréats 2020 et 2021 », appuie Delphine Bourrilly, la présidente et associée gérante de Kearney France depuis juin dernier (relire son interview ici).

Des lauréats triés sur le volet

Ainsi, pour la promo 2021 – « une année exceptionnelle » pour le DG de la fondation Damien Baldin –, ce ne sont pas moins de dix-sept lauréats, acteurs de l’innovation sociale, annoncés officiellement le 8 novembre, qui vont bénéficier de l’ensemble des compétences de Kearney : diag et plan strat’, puis accompagnement opérationnel…

« Nous accompagnons les entrepreneurs sociaux, et leur projet qui apporte véritablement du progrès, à changer d’échelle et à essaimer sur d’autres territoires. Cela passe par l’aide financière, mais également un soutien stratégique, juridique, digital ou encore sur leur communication. Chaque partenaire s’implique dans son champ de compétences, Kearney intervient sur le plan stratégique et son déploiement », précise Damien Baldin.

En cela, le cabinet de conseil en stratégie rejoint le réseau déjà étoffé d’entreprises qui interviennent auprès de la fondation. La France s’engage compte plusieurs entreprises fondatrices telles que Total, BNP Paribas, Andros, Artemis, et des mécènes à l’instar d’AG2R La Mondiale, Accenture, la Fondation Orange, KPMG, Wavestone…

« Lorsque je suis arrivé fin 2020, je souhaitais aller plus loin dans l’accompagnement dans le dialogue stratégique. À l’instar des autres entreprises partenaires, nous sommes allés chercher l’excellence du secteur de la stratégie. Un cabinet que j’ai vu à l’œuvre avec Le Choix de l’école », pointe Damien Baldin, qui a effectivement connu Kearney alors qu’il était codirecteur du Choix de l’école.

Concrètement, Kearney organise des sessions de réunions collectives par thématique, en ce moment sur l’emploi, pour réaliser les diagnostics et les plans stratégiques des lauréats, avant de travailler individuellement. « Le travail collectif est une force et un enrichissement pour les lauréats, car cela leur permet de travailler ensemble », ajoute Damien Baldin.

Dans un deuxième temps, Kearney va suivre le plan de développement individualisé de chaque lauréat coconstruit avec la fondation, les autres partenaires et les lauréats. Le cabinet s’est aussi engagé à assurer des missions ponctuelles pour des besoins imprévus, tels qu’un changement de gouvernance.

Pour Kearney, des missions gratuites mais enrichissantes

Cette mission, à la fois classique dans l’approche et différente par essence, n’est pas une mince affaire. Parce que si elles sont toutes issues de l’économie sociale et solidaire, les entreprises lauréates concernent des projets locaux des plus divers sur l’ensemble du territoire français : de l’intégration des jeunes en milieu rural ou des réfugiés en passant par les personnes éloignées de l’emploi, le handicap, la prostitution, la maltraitance des enfants, les violences faites aux femmes, ou encore la culture.

Un vaste chantier donc pour Kearney qui implique l’ensemble des troupes toutes volontaires bien sûr… et elles sont nombreuses. « Cela s’inscrit dans notre ambition d’apporter notre pierre à l’édifice de l’égalité des chances et de la responsabilité sociale. C’est un engagement fort et dans la durée. Autant d’un point de vue sociétal que business, il est essentiel de construire un monde de demain plus juste. C’est aussi bien sûr un facteur de visibilité pour notre firme et d’attractivité pour les futur(e)s Kearney Originals (une série de portraits que le cabinet consacre aux profils variés qui contribuent ou ont contribué à l’activité du cabinet, voir ici, ndlr). Lorsque l’on est un cabinet de renom et que l’on s’emploie à recruter les meilleurs, il est indispensable d’avoir des équipes totalement impliquées, et c’est le cas par exemple au bureau de Paris avec We Kare, un groupe de consultant(e)s qui incube, développe et promeut en interne l’ensemble de nos initiatives social impact », amende Delphine Bourrilly.

Pour les consultants Kearney qui participeront à ces missions, elles ont d’autres vertus. « Elles sont aussi une bouffée d’air dans la mesure où elles ont un but complémentaire aux seuls objectifs économiques en servant des causes fondamentales. Par ailleurs, il est important pour nous consultants de rester connecter aux réalités très diverses, et parfois très difficiles, que vivent un certain nombre de publics et d’agir concrètement à leurs côtés », assure la patronne de Kearney France.

À tel point que ces missions solidaires et gracieuses sont inscrites au cœur de l’engagement RSE de Kearney depuis plus de dix ans maintenant (relire notre article ici) et représentent aujourd’hui 5 % de son activité.

La France s’engage en est à sa quatrième promo de lauréats sous le format fondation, soit 203 lauréats. Et des résultats déjà forts probants. « En moyenne, sur une durée de trois ans, cet accompagnement leur permet de tripler le nombre de leurs bénéficiaires, de doubler leur budget et leur implantation territoriale, de tripler voire quadrupler le nombre de bénéficiaires, tout en étendant largement leur réseau de partenaires », atteste le DG Damien Baldin. Un nouveau défi pour Kearney qui compte bien encore améliorer ces résultats. Chiche !

Kearney aux côtés d’InSite, lauréate du cru 2021

Cette entreprise, créée en Occitanie en 2018, accompagne les porteurs de projets en territoires ruraux en mobilisant des jeunes volontaires en service civique. Grâce au programme Erasmus rural, des jeunes de 18 à 30 ans s’installent pendant six mois dans de petites communes pour y faire vivre des projets d’animation et de lien social, culturels et patrimoniaux et dédiés au développement durable. Le cabinet Kearney a démarré son accompagnement début septembre, une équipe composée d’un chef de projet et de deux consultants. « Kearney est arrivé à point nommé, car nous sommes en phase de développement. Depuis début septembre, et durant un mois et demi, le cabinet a organisé pour nous plusieurs temps d’échanges et d’entretiens, mais aussi des réunions de travail thématiques. Nous abordons actuellement la phase de restitution du diagnostic et des préconisations. Pour nous, c’est une énorme plus-value, car si l’aide financière est une chose importante, l’accompagnement dans la définition et l’application de la stratégie à trois ans est essentiel. Seuls, nous n’en aurions pas eu les compétences », confirme Élodie Tesson, la DG D’InSite. Avec de fortes ambitions. Dans les trois prochaines années, InSite vise ainsi la densification du programme dans des territoires déjà acteurs (Occitanie, Corse, PACA) et le déploiement de l’Erasmus rural dans de nouvelles régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle Aquitaine). La DG envisage également de « développer de nouveaux champs d’action, avec des réflexions sur le volontariat senior, le volontariat agricole, et la possibilité de financer nous-mêmes les projets que nous accompagnons ». Avec deux nouvelles régions ouvertes par an, InSite prévoit d'être présente en 2024 dans 170 communes de dix régions (sur treize que compte la France). Cela représenterait 300 initiatives rurales et la mobilisation de 200 volontaires.

Barbara Merle pour Consultor.fr

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Hervé Hubert
France
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