COP 21 : les cabinets de conseil et l’environnement

 

Les médias parlent d’elle depuis des mois. Et depuis des mois, les associations, les politiques, les Parisiens s’y préparent : la COP 21, la conférence pour le climat qui regroupe 150 chefs d’État et de gouvernement, a débuté lundi 30 novembre à Paris.

Pendant une semaine, la capitale française devient le point de convergence des dirigeants, des entreprises, des associations et des militants, pour d’intenses négociations dont les conséquences dépassent largement la sphère écologique.

 

30 Nov. 2015 à 16:06
COP 21 : les cabinets de conseil et l’environnement

 

Les cabinets de conseil s’intéressent-ils à la COP 21 et à la problématique environnementale ?

A priori, le sujet ne passionne pas les cabinets de conseil en stratégie. Sondés sur leur intérêt pour le rendez-vous et pour l’environnement en général, la plupart des cabinets daignent tout juste répondre. « Il ne s’agit pas de l’une de nos priorités », disent-ils. Presque aucun projet ou aucune communication spécifique n’est mis en place pour faire écho à cet évènement, malgré son importance.

Pourtant, la société civile se mobilise. Alors que les Français n’avaient pas le droit de manifester, en raison de l’état d’urgence, plus de 570 000 militants ont participé aux 2 300 marches pour le climat ce week-end, à travers le monde, d’après l’ONG Avaaz. De la même manière, de nombreuses entreprises se sont emparées du rendez-vous pour faire un peu de Green washing, des opérations de communication pour prouver qu’elles prennent part au mouvement mondial en faveur de la planète.

Alors pourquoi les cabinets de conseil restent-ils, pour la plupart, de marbre ?

« La problématique intervient très peu dans nos missions », reconnaît Alexandre Bocris, partner Vertone en charge des aspects RSE au sein du cabinet. Sauf pour les cabinets qui travaillent spécifiquement dans le domaine de l’énergie, l’environnement n’intervient pas, ou peu dans les missions traditionnelles des consultants en stratégie.

Industrie, automobile, aéronautique, retail, banque, transport ? Autant de domaines dans lesquels le respect de l’environnement et l’adoption de pratiques plus « vertes » occupent une place de plus en plus importante, mais les consultants, eux, travaillent sur d’autres sujets, comme l’analyse de marché, la stratégie de développement, la gestion des M&A, la performance des organisations… Des sujets où l’empreinte carbone de l’entreprise entre rarement en ligne de compte.

Pourtant, reprocher aux cabinets de se désintéresser totalement de l’environnement et de la COP 21 serait un faux procès

Sur le premier, de nombreux cabinets adoptent de bonnes pratiques : politique de recyclage, information auprès des consultants sur le gaspillage de l’eau et de l’électricité, mission pro bono pour des associations environnementales, achats responsables, par exemple du café issu du commerce équitable, tasses fournies aux salariés pour éviter l’usage des gobelets en plastique…

Des « petits gestes » qui gagnent de plus en plus les cabinets. Par ailleurs, la plupart des cabinets produisent des rapports et des analyses sur les thèmes qui occuperont les 150 dirigeants jusqu’à la fin de la semaine : « COP 21 : l’Internet des Objets peut permettre à la France de réduire de 18 millions de tonnes ses émissions de CO2, soit 18% de son objectif restant à 2030 », pour A.T. Kearney, « Resources Revolution », pour McKinsey. Le BCG publie son bilan carbone, Oliver Wyman alimente un blog écolo, Sustainability Blog, tandis que L.E.K détaille l’ensemble de sa politique RSE sur son site internet.

Sur la COP 21, certains cabinets s’impliquent plus que d’autres

Un an avant l’échéance, McKinsey participait, au Royaume-Uni, à une réunion sur la conférence du point de vue du business. Le cabinet y a envoyé Jeremy Oppenheim, le directeur du programme sur la nouvelle économie du climat, un poste qui n’a pas d’équivalent dans les autres cabinets de conseil.

Toutefois, McKinsey n’est pas le seul cabinet à s’impliquer dans la COP 21. « L’énergie et l’environnement représentent entre 15 et 20 % de notre activité, nous sommes particulièrement sensibles à la question, affirme Alexandre Bocris. À l’occasion de la COP 21, nous avons lancé un appel à projets interne, pour identifier une action phare à mettre en place l’an prochain, sur l’environnement. Elle sera annoncée cette semaine. Ensuite, nous allons alimenter un compte Twitter dédié et faire une communication forte liée à l’évènement, pendant toute la semaine. »

L’appétence pour les sujets dépend des forces des cabinets. Des cabinets, tels que Chappuis Halder, spécialisé dans la finance, interviennent peu sur l’environnement, alors que d’autres, comme Emerton, affichent clairement le recyclage, la gestion des déchets ou encore les biocarburants comme leurs domaines de compétence et sont donc plus susceptible de s’intéresser à la COP 21.

Lisa Melia pour Consultor.fr

 

0
tuyau

Un tuyau intéressant à partager ?

Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !

écrivez en direct à la rédaction !

commentaire (0)

Soyez le premier à réagir à cette information

1024 caractère(s) restant(s).

signaler le commentaire

1024 caractère(s) restant(s).

France

  • Pour ses 15 ans, Cylad décolle
    29/11/22

    Le cabinet Cylad Consulting, né à Toulouse avec une forte connotation aéro/défense, vient de fêter ses 15 ans d’existence.

  • BCG : un ancien du Budget à Bercy élu partner
    24/11/22

    Arrivé en 2014 au Boston Consulting Group, après une première vie à la Direction du Budget à Bercy, Maël Robin est élu partner et managing director du BCG à Paris. Son domaine de spécialisation porte sur les services financiers.

  • CVA, l’âge de la maturité
    23/11/22

    Il y a quelques jours, quelque 400 invités étaient réunis à la Fondation Louis Vuitton pour fêter les 35 ans de Corporate Value Associates. À la fondation Louis Vuitton, comme en 2017, avec une expo Mitchell-Monet symbolique pour le fondateur du cabinet Paul-André Rabate.

  • Après l’épisode Zemmour, départ de l’ancien patron de Roland Berger
    22/11/22

    Alors qu’Olivier de Panafieu, l’ancien managing partner de Roland Berger en France, avait été suspendu après avoir accueilli un dîner de soutien à Éric Zemmour à son domicile, son départ du cabinet était en question. Il a finalement quitté ses fonctions en septembre.

  • McKinsey : élection de six hommes et une femme
    21/11/22

    Ils ne sont pas moins de sept, âgés de 33 et 49 ans, à être promus associés chez McKinsey Paris en cette mi-novembre : Hassen Ahmed, Timothée Fraisse, Jérémie Ghandour, Jérôme Loufrani, Cindy Popp (Tang), Arnaud Tournesac, Yannig Gourmelon.

  • BCG : trois nouveaux partners, dont un ex du cab’ de Nathalie Kosciusko-Morizet
    16/11/22

    Sanae Aouni et François-Régis Turc sont cooptés dans l’équipe BCG on Transformation. Leïla Hamidou est, elle, élue dans la practice marketing, sales et pricing.

  • Le Figaro sous le charme de McKinsey
    15/11/22

    Le quotidien dresse un éloge – un peu comique tant il est à sens unique – de Clarisse Magnin-Mallez, la patronne de McKinsey en France, et donne quitus au cabinet – en dépit des faits.

  • McKinsey : départ d’une associée santé-assurance
    10/11/22

    Stéphanie Lotz, associée de McKinsey Paris axée sur l’expérience client, particulièrement des secteurs santé et assurance, a quitté le cabinet, même si ce n’est pas encore officiel. Et pour l’instant, son nouveau point de chute reste inconnu. Maj 22/11/2022 : Stéphanie Lotz a rejoint le bureau de McKinsey à Stuttgart. 

  • Belle promo de partners pour Oliver Wyman
    08/11/22

    Oliver Wyman annonce la promotion de 78 partners et directeurs exécutifs pour 2023, dont cinq au bureau de Paris, un record historique pour ce cabinet, filiale de Marsh McLennan.

Super Utilisateur
France
Alexandre Bocris, McKinsey, Vertone, Jeremy Oppenheim, environnement, développement durable, conseil en développement durable
3346
Alexandre Bocris
2021-10-31 23:09:13
0
Non