Ministère des Armées : un nouveau marché « de rigueur »
Voici un appel d’ordre des plus stratégiques attendu depuis des mois. Le ministère des Armées lance aujourd’hui un nouvel appel d’offres (AO) pour la « réalisation de prestations de conseil au profit des organismes et services du ministère des Armées et de ses établissements publics ». Cet accord-cadre, divisé en 4 lots (dont 2 pour du conseil en stratégie), « alloti à bons de commande et à marchés subséquents… en partie sans remise en concurrence et en partie avec remise en concurrence », est estimé à 17 millions d’euros (M€), et débutera au 1er janvier 2026 pour prendre fin en décembre 2029.
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Comme annoncé, le secteur public se met donc à une véritable diète « consulting », et en particulier au sein du ministère des Armées. Le précédent marché de 2021 s’élevait, en effet à 50 M€ (un ensemble de 14 lots, dont 3 dédiés à la stratégie attribués)… Le portefeuille dédié est ainsi amputé des deux tiers. Et que dire de celui de 2018 avec ses 87 M€ dédiés (-80 %) ?
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Le ministère des Armées s’est-il véritablement mis à une diète raisonnée de conseil ? Pas si sûr aux vues de la dernière attribution de marché sur l’accord quadriannuel à 16 cabinets de conseil pour une valeur totale de près de 50 millions d’euros. Une réduction certes de près de 50 % de budget par rapport à celui de 2018, mais un substantiel marché qui continue à poser question.
Pour ce nouveau marché, les 4 lots, accompagnement stratégique couvrant « les phases en amont du cycle de vie d’un projet », comme notifié dans l’AO (au total 6 M€) et appui à la transformation organisationnelle (11 M€), sont aussi sous-divisés en lots avec ou sans habilitation. Ainsi, le lot 1A (d’un montant de 4 M€) s’effectue sans habilitation, mais le lot 1B, dans un cadre d’habilitation Secret, concerne des « prestations réalisées au titre de ce lot revêtent des données sensibles (accès à des informations et supports protégés ou classifiés) », comme il est indiqué dans l’AO.
Idem pour les 2 lots en appui à la transformation organisationnelle qui intègre une partie de prestations avec habilitation Secret (3 M€).
C’est une nouveauté que de différencier les prestations avec et sans habilitation. En 2021, dernières données publiques, ils étaient 160 consultants à être habilités au niveau secret (+60 % par rapport à 2019).
Reste à voir si la diète va également concerner le nombre de cabinets qui seront finalement choisis par le ministère des Armées. En 2018, un total de 15 cabinets s’étaient vus attribuer le marché ; en 2021, ils étaient près de 35, dont 11 uniquement pour les lots d’accompagnement stratégique dotés de quelque 20 millions d’euros. Un dernier marché qui avait aussi vu sortir McKinsey et Roland Berger des cabinets sélectionnés.
Reste à voir également s’il y aura une prime aux cabinets français, voire européens (sur les 11 en 2021, 4 d’entre eux étaient d’origine nationale), au vu des questions majeures de souveraineté et de risque de fuites de données ultra-sensibles.
Le dernier marché trisannuel, datant de 2021, arrive à son terme mi 2025. Le prochain ne débutera concrètement pas avant janvier 2026. Comment les missions de conseil vont-elles être gérées durant ce laps de temps de quelque 8 mois ? Cela pose question dans une période où les problématiques de défense sont nombreuses et urgentes.
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