Accueil mitigé à Paris pour les bons chiffres du Londonien Source Global

 

Si les chiffres présentés mi-avril par Source Global Research sont très positifs sur l'évolution du conseil en France en 2017, ils n'intéressent peu ou pas les cabinets de conseil de direction générale français qui les jugent trop éloignés de leurs services.

 

 

26 Avr. 2018 à 14:34
Accueil mitigé à Paris pour les bons chiffres du Londonien Source Global

 

Nicolas Teisseyre, associé chez Roland Berger, Hanna Moukanas, le patron d’Oliver Wyman à Paris, Pascal Boulnois, le président de Vertone, plusieurs communicants de Bain, du BCG ou d’Exton… Les représentants du conseil de direction générale avaient fait le déplacement en nombre mardi 17 avril pour la présentation des résultats annuels de Source Global Research, l’institut de recherche londonien sur le conseil en management dont les études couvrent quatre-vingt-quatre pays et vingt-neuf secteurs. La déclinaison française fêtera bientôt ses 10 ans.

Elle est alimentée, comme partout ailleurs, par des interviews régulières avec des acteurs de la place. Cette année encore, dans le conseil en management, PwC, IBM, Capgemini, EY, Ayming, Wavestone ou KPMG ont contribué aux résultats du thermomètre annuel.

Mais aussi, et c’est notable, nombre de cabinets de direction générale tels que Kai Bandilla chez Simon-Kucher & Partners, Anne Bioulac, la codirectrice du bureau parisien de Roland Berger ou son homologue chez L.E.K, Arnaud Sergent. « Nous interrogeons à tour de rôle vingt-cinq personnes à différents niveaux dans les cabinets de conseil de direction générale », dit Alice Noyelle, l’une des trente salariés de Source.

+5% sur le marché du conseil en stratégie français l'an dernier

Les chiffres présentés à Paris confirment la bonne santé du secteur, voire sa très grande forme. L’an dernier, globalement le marché du conseil français a bondi de 6,2 % pour atteindre 4,5 milliards d’euros. C’est une accélération deux fois plus rapide que les chiffres que Source présentait début 2016 pour l’exercice 2015 où le conseil avait crû de 3,6 % pour atteindre 4,1 milliards d’euros. « C’est une croissance plus rapide qu’au Royaume-Uni », glisse même Alastair Cox, un autre membre de l’équipe Source venu présenter les chiffres hexagonaux.

Difficile d’en savoir beaucoup plus sur le conseil en stratégie plus particulièrement – le détail des études demeure payant et réservé aux abonnés de Source – si ce n’est qu’il croît un peu moins vite à 5 % sur un an. Ce qui est tout de même un point de plus que l’an dernier, selon les données précisées par Alastair Cox à Consultor.

Autre enseignement, le sondage mené par l’institut britannique auprès de 430 acheteurs de conseil en France – dont les premiers résultats ont été également présentés avant que la version définitive ne soit rendue publique cet été –.

Le sondage indique la place que prend le digital dans la perception des prestations de conseil. Transformation numérique, AI, robotisation, big data sont les mots-clés de ces acheteurs – tout du moins ceux qui ont accepté de répondre à Source, chacun s’exprimant sur la société de conseil de son choix.

Accenture, IBM et Capgemini, meilleurs consultants de France, vraiment ?

Sur cette base, ce sont Accenture, IBM Global Business Services et Capgemini Consulting qui affichent les taux de satisfaction des clients les plus élevés de la place de Paris. Respectivement, 73 %, 72 % et 69 % des sondés se disent satisfaits de la qualité générale des prestations de ces trois cabinets, contre une moyenne de 64 % de satisfaction pour les autres cabinets évoqués par les sondés.

Ce qui a pu faire toussoter quelques-uns des présents. Car si les sondés ont choisi à 90 % de parler d’Accenture, d’IBM et de Capgemini, pas sûr que la base statistique soit valide et qu’elle reflète effectivement les attendus prioritaires des acheteurs. Pour Oliver Wyman, par exemple, 325 prospects, 223 personnes de la stratégie et 135 directeurs IT ont donné leur avis sur la qualité de prestations avec lesquelles, pour une grande partie d'entre eux, ils ne sont jamais en lien.

« Le mix des cabinets retenus par Source ne reflète pas la diversité du marché du conseil et surpondère le nombre de missions liées au digital et à l'IA. Le digital est partout, certes, mais toutes les missions de conseil n'ont pas pour objet principal le digital », commente Pascal Boulnois, le président de Vertone.

Vertone compte parmi les cabinets à répondre à échéances régulières à Source. Le danger selon son président est de tomber dans l’écueil d’une analyse monolithique : un coup tout va mal, un coup tout va bien.

Un autre cabinet de direction générale sollicitée par Source à Paris prend moins de pincettes : « Nous participons pour la forme, mais nous ne regardons pas les résultats des études de marché qui ne sont pas significatives pour nos missions. »

La stratégie, un marché à 1,5 milliard d'euros en France

Même son de cloche chez Oliver Wyman. « Nous participons régulièrement mais nous avons acheté une seule fois l’étude de Source pour la France. Seul 1,5 des 4,5 milliards d’euros évoqués par Source constituent le marché auquel on peut réellement s’adresser et ne nous donne pas suffisamment de détails pour être utilisable dans le développement de nos services », dit Hanna Moukanas, associé d’Oliver Wyman et patron du bureau de Paris.

Ce qui ne retire rien au fait que les cabinets se sentent obligés de figurer dans les études sectorielles du type de Source. Comme dit Hanna Moukanas : « Source et d’autres études sectorielles servent à deux choses : aux insights de marché et au networking ».

Pareil mouvement collectif rappelle la manière avec laquelle les cabinets du secteur en sont venus à rejoindre les rangs de Consult’in France (ex-Syntec) dont ils ne faisaient pas partie antérieurement. Ce qui souligne peut-être la nécessité d’une logique de filière sur un marché a priori hyper-concurrentiel où le « chacun pour soi » règne en maître.

Benjamin Polle pour Consultor.fr

 

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2022-01-24 21:17:19
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