Les consultants, liquidateurs fous du secteur privé est-allemand ?
Pour les 30 ans de la chute du mur de Berlin, drôle d'anniversaire pour les consultants. En Allemagne, comme dans plusieurs médias français, le rôle de la Treuhand, l’agence fiduciaire créée en mars 1990, à laquelle Roland Berger, McKinsey, mais aussi KPMG ou PwC, entre autres, ont massivement collaboré, est vigoureusement mis en lumière et critiqué.
Car si la Treuhand a été mise sur pied avec pour objectif initial de distribuer des parts des entreprises d'État à la population, elle a servi d'agent de la restructuration de l'économie est-allemande au moment de la réunification avec l'Allemagne de l'Ouest.
En 1990, elle devient propriétaire de 8 500 entreprises publiques de RDA : aciéries, colonies de vacances, épiceries, patrimoine immobilier qui comptent un total de plus de 4 millions de salariés. En son sein, c'est une commission ad hoc qui instruit la revente, la fermeture ou la restructuration de ces entreprises.
Cette commission était composée d'une centaine de consultants des plus grandes entreprises de conseil à commencer par Roland Berger, McKinsey ou KPMG et PwC, dont la mission était de passer en revue des pans entiers de l'économie de l'ex-RDA.
Plusieurs décisions de fermetures, jugées absurdes (fermetures des usines de production des frigidaires Foron, des appareils photo Pentacon...) et prises dans le seul intérêt de l'économie ouest-allemande, tout comme la jeunesse des consultants au moment des faits, portent le discrédit sur la pertinence des travaux instruits par cette commission. Au moment de sa dissolution, le 31 décembre 1994, 2,5 millions d'emplois est-allemands ont été détruits et les pertes d'actifs comptabilisées atteignent 256 milliards de marks pour un actif initial estimé à 600 milliards de marks en 1990.
Face à cette actualité, plusieurs des anciens consultants qui sont intervenus auprès de la Treuhand défendent leurs analyses – nombre des entreprises est-allemandes étaient économiquement exsangues – et renvoient aussi à des décisions politiques. À commencer par le passage à une parité équivalente du mark de l'Est par rapport au deutsche mark de l'Ouest en 1990 qui fit exploser les coûts de production des entreprises et contribua à désertifier le marché intérieur des entreprises de l'Est dont les consommateurs, habitués des pénuries, se détournèrent massivement pour se ruer sur les biens de consommation produits à l'Ouest.
Crédit photo : insignes de la Nationale Volksarmee. Téléchargée le 22 octobre 2017 par Victor CC BY-NC-ND 2.O.
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