Bain jette l’éponge en Afrique du Sud
Sept ans après un scandale lors de la présidence de Jacob Zuma, Bain vient de prendre une décision radicale : ne plus mener aucune mission en Afrique du Sud.
Le cabinet ne parvient pas à rebondir à la suite de son implication dans l’une des affaires ayant précipité la chute de l’ancien président Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018.
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En 2018, Bain avait cherché par tous les moyens à faire taire la vive polémique concernant une mission de conseil de deux ans et de neuf millions d’euros que le cabinet avait obtenue en 2015 pour la South African Revenue Service (SARS), l’agence de perception des revenus de l’État sud-africain.
L’accompagnement désastreux du South African Revenue Service
En 2015, Bain avait été mandaté par le gouvernement Zuma pour réformer le SARS, pourtant perçu comme l’une des meilleures agences fiscales du monde. Trois ans plus tard, le South African Revenue Service était ressorti affaibli et dysfonctionnel de cette intervention.
En juin 2022, la commission nommée pour enquêter sur ce scandale a conclu à une collusion directe du cabinet avec le président Zuma pour « prendre le contrôle » de l’agence. Entre 2012 et 2014, dix-sept rencontres avaient eu lieu entre le partner local de Bain et le président sud-africain. Une agence événementielle mandatée par le cabinet avait par ailleurs perçu des commissions exorbitantes pour l’organisation de soirées auxquelles participaient Jacob Zuma et des responsables politiques locaux.
Bain avait reconnu avoir manqué à ses standards, remboursant ses honoraires (environ 9,2 millions d’euros), intérêts inclus, tout en regrettant d’avoir nui au SARS.
De lourdes conséquences en Afrique du Sud et jusqu’au UK
En effet, en septembre 2022, le Trésor sud-africain a interdit Bain de tout contrat public pour une durée de 10 ans — une décision que le cabinet a tenté de contester en justice.
Par ailleurs, au Royaume-Uni, Bain avait été temporairement exclu des marchés publics pour 3 ans en raison de ce scandale, avant d’être réautorisé quelques mois après à la suite d’un recours juridique.
Bain ne fut pas le seul cabinet de conseil en stratégie touché par le scandale. McKinsey a également été impliqué en raison de missions menées auprès de la société publique de logistique, Transet, et de la compagnie aérienne nationale, South African Airways.
Le bureau de Johannesburg devient un hub de services
Malgré ses tentatives de relance, Bain vient donc de renoncer à ses activités de conseil en Afrique du Sud. Son bureau sur place sera désormais dédié à des services de back-office pour les autres bureaux, conservant ainsi une partie de ses équipes. Il ne mènera plus aucune mission pour des clients locaux.
Selon un proche du dossier cité par le Financial Times, le cabinet n’arrivait plus à recruter ni à convaincre ses clients, même privés, en raison d’une stigmatisation persistante.
En juillet, le Black Business Council, organisation sud-africaine représentant les intérêts des entreprises et entrepreneurs noirs, a appelé l’actuel président sud-africain Cyril Ramaphosa à rejeter tout rapport produit par Bain ou McKinsey dans le cadre de leurs missions auprès du B20, la branche économique du G20, dont l’Afrique du Sud exerce actuellement la présidence.
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