McKinsey change les règles d’élection de son CEO pour apaiser les tensions
Le patron Monde de McKinsey sera désormais élu pour un mandat unique de 6 ans, avec un vote de confirmation des senior partners la quatrième année pour décider si le dirigeant doit achever son mandat.
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Cette réforme vise à limiter les tensions internes qui ont émaillé les deux dernières élections du Global Managing Partner du cabinet.
Jusqu’alors, l’élection se déroulait tous les 3 ans, avec possibilité de réélection pour un second mandat.
Un processus long et conflictuel donnant lieu à couverture médiatique
En 2024, l’élection a généré une course à trois tours entre le dirigeant sortant, Bob Sternfels, et Rodney Zemmel, alors responsable de la stratégie digitale. Ce dernier a finalement été battu après une campagne interne très disputée. Il a quitté McKinsey pour rejoindre Blackstone peu après.
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Réduction d’effectifs, concentration du pouvoir de décision, vérification des clients… les sujets d’animosité des 750 seniors partners de la firme à l’endroit de leur primus inter pares sont nombreux. La réélection de Bob Sternfels devait être une formalité. Elle est beaucoup plus laborieuse que prévu et met en lumière plusieurs sujets de dissension.
Trois ans plus tôt, Kevin Sneader n’avait pas obtenu de second mandat, fait rarissime dans l’histoire du cabinet.
Dans une interview au Wall Street Journal, l’actuel patron Monde Bob Sternfels dit voir dans cette évolution « un gage de continuité [avec] moins de grandes élections et un leadership durable sur une période de 6 ans ».
Des mécanismes de contrôle renforcés
Outre l’allongement du mandat, McKinsey réduit la taille du Shareholders Council de 30 à 12 membres, pour le rendre plus efficient. Les associés qui y siègent – ce qui n’est le cas d’aucun partner de McKinsey France, à date – seront invités à renoncer à d’autres responsabilités au sein du cabinet afin de pouvoir consacrer davantage de temps à leurs fonctions au sein du Board.
McKinsey instaure par ailleurs une fonction de « président indépendant » exercée par l’un des senior partners, séparant ainsi la direction exécutive du contrôle. Désormais, le Global Managing Partner n’exercera donc plus automatiquement la présidence de ce Board, ce qui renforce le rôle de surveillance des associés.
Des évolutions liées à la crise interne du géant du conseil US
Dès novembre 2023, Bob Sternfels avait lancé une réflexion sur la modernisation du partnership – tentaculaire – du cabinet, moyennant un groupe de travail chargé d’évaluer la structure de gouvernance, les durées de mandat ainsi que les règles électorales.
Ces réflexions et réformes s’inscrivent dans un contexte de grave crise d’image consécutive au scandale des opioïdes aux États-Unis, le cabinet ayant plaidé coupable dans cette affaire et versé 650 millions de dollars lors de l’accord final de décembre 2024 (1,95 milliard de dollars en tout selon l’évaluation de Consultor).
Des élections plus encadrées et moins « visibles » de l’extérieur
McKinsey entend par ailleurs limiter l’exposition des campagnes internes. Les candidats au poste de Global Managing Partner devront présenter à l’avance leurs projets pour le cabinet, de façon plus détaillée. Le processus électoral sera davantage structuré afin d’éviter des luttes internes trop visibles, préjudiciables pour l’image de McKinsey.
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