Reuters accuse trois cabinets de conseil de contourner les sanctions internationales
Une enquête de l’agence détaille des tentatives de contournement des sanctions internationales et/ou exigences américaines portant sur des entreprises russes et chinoises.
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Reuters s’appuie sur des échanges réalisés avec « dix anciens et actuels professionnels du conseil », ainsi que sur la consultation de documents internes.
Les bureaux chinois de trois cabinets à la recherche de marges de manœuvre
L’entité chinoise de Bain a ainsi envisagé, en 2024, de travailler pour la principale banque russe, Sberbank, pourtant sous sanctions occidentales depuis l’annexion de la Crimée en 2014, puis l’invasion de l’Ukraine.
Le cabinet avait été sollicité par la banque pour une étude de marché sur le secteur chinois des véhicules électriques, les honoraires visés étant supérieurs à 400 000 dollars. Bain aurait indiqué ne pas pouvoir être payé directement par une entité sous sanctions, évoquant alors le recours à un intermédiaire. Le projet n’aurait finalement pas abouti, mais l’épisode illustre la pression croissante pour maintenir de l’activité en Chine.
KPMG Chine apparaît également dans l’enquête de Reuters. Son bureau chinois a, de son côté, accompagné Sberbank pour l’ouverture d’une succursale de la banque russe dans le pays, comme en témoigne une lettre de mission de novembre 2023. Le cabinet affirme avoir respecté l’ensemble des lois et règles applicables.
Configuration différente, mais même recherche de marges de manœuvre chez EY/EY-Parthenon. En 2023, des équipes de leurs branches chinoises ont eu recours à une société tierce – Jindian Information Technology (Pékin) – afin de soumissionner à un projet stratégique pour la banque rurale publique de Chongqing. Officiellement porté par l’intermédiaire local, le projet reposait en réalité sur des consultants d’EY et EY-Parthenon, « dont des associés ».
Si la pratique est autorisée par le droit chinois, elle permet de contourner à la fois les restrictions imposées par Pékin aux cabinets étrangers et les règles appliquées aux groupes internationaux par Washington.
Sanctions, données et risque réputationnel
Ces stratégies interviennent dans un contexte de plus en plus contraint pour les cabinets de conseil, sachant que la plupart des grands cabinets occidentaux ont découplé leurs entités chinoises de leurs maisons-mères.
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Côté occidental, les sanctions américaines et européennes contre les entités russes exposent les cabinets à des sanctions dites secondaires, même lorsqu’ils opèrent via des entités non américaines.
Côté chinois, la loi sur la sécurité des données entrée en vigueur début 2025 limite fortement le transfert d’informations sensibles et renforce la surveillance des acteurs étrangers.
Pour des « experts en sanctions » interrogés par Reuters, ces situations exposent les cabinets de conseil à un risque réputationnel croissant, au-delà de la stricte légalité de ces opérations.
Contactés, les bureaux français de Bain, EY/EY-Parthenon et KPMG n’ont pas souhaité réagir. Les relations médias de KPMG France nous ont renvoyés vers les propos du cabinet à Reuters.
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