En 2026, Kéa simplifie son offre durabilité
Arrimés en 2022 au groupe Kéa, MySezame et Nuova Vista fusionnent pour devenir le socle de son pôle Impact.
Le senior partner de Kéa, David-Emmanuel Vivot, la présidente de Nuova Vista et partner groupe de Kéa, Anne-France Bonnet, et le DG de MySezame, Jérémie Viel, copilotent désormais ce pôle « renforcé ».
De deux entités autonomes à un « chef de file » au sein du pôle Impact
Décidée à l’automne 2025, la fusion juridique entre MySezame et Nuova Vista est effective depuis le 1er janvier. Elle marque l’aboutissement « d’un processus itératif de réflexion », selon Anne-France Bonnet. « Nous nous faisions intervenir l’un l’autre dans la continuité de nos missions de façon assez évidente, avec une nette accélération depuis une dizaine de mois. Dès lors, autant fusionner pour être présents sur toute la chaîne de valeur auprès de nos clients, dès le départ », ajoute Jérémie Viel.
Dans une logique de réorganisation interne, Kéa a souhaité structurer un pôle Impact à l’échelle du groupe, pour donner « davantage de visibilité et d’efficacité à ses expertises » en matière de durabilité, complète Anne-France Bonnet. « Il était plus cohérent qu’il y ait une seule entité dédiée, clairement identifiée comme chef de file du pôle ».
La nouvelle entité regroupe 12 consultants spécialisés. La marque MySezame est conservée pour les offres de formation et « de bascule [l’embarquement des collaborateurs de l’entreprise, ndlr] », celles de conseil étant opérées sous la marque Nuova Vista. Pour les clients, aucun changement n’est à signaler « à part une offre plus large et intégrée », indique Jérémie Viel.
À noter que la fondatrice de MySezame, Laurence Grandcolas, a quitté ses fonctions de directrice générale en juillet 2024, puis celles de présidente de l’entité fin décembre de la même année. Elle reste toutefois liée au groupe en tant que membre du comité de mission de Kéa.
Du point de vue juridique, le nouvel ensemble conserve sa qualité de société à mission au sein du groupe Kéa – la société Kéa l’étant elle-même. Pour des consultants « dédiés à 100 % aux sujets d’impact, c’est très créateur de valeurs collectives et personnelles », estime Anne-France Bonnet.
Sur le marché, la fin des questions de durabilité vues comme « satellites »
Côté clients, note l’associée, « les sujets de durabilité ne se limitent plus aux reportings ni à la conformité. Ils sont de plus en plus liés à la stratégie et aux opérations ».
Le glissement est aussi sémantique. Kéa revendique son éloignement du terme « RSE », « très franco-français », selon Anne-France Bonnet et qui renverrait à la notion « d’objet satellite » pour Jérémie Viel. « Le terme RSE est petit à petit en train de perdre du terrain au profit de termes plus liés à la stratégie de l’entreprise. » Les trois copilotes du pôle Impact parlent ainsi de « durabilité » et/ou de « soutenabilité », intégrées aux décisions stratégiques.
Autour du noyau Nuova Vista–MySezame, une trentaine d’autres consultants de Kéa interviennent sur ces problématiques au sein des équipes sectorielles et fonctionnelles. « Les enjeux de durabilité ne sont pas les mêmes dans la banque, la construction ou la grande consommation », souligne David-Emmanuel Vivot.
Périmètre, effectifs : ce qui change
David-Emmanuel Vivot met en avant quatre grands domaines : « l’économie circulaire, les coalitions de bascule, le capital humain et la création de valeur plurielle ». Sur les coalitions de bascule, par exemple, dans un secteur donné, les acteurs « ne sont plus capables, tout seuls, de faire basculer leur filière. Les cimentiers ne savent pas créer un ciment sans sable seuls : il faut fédérer une coalition d’acteurs pour co-créer et co-investir. Un acteur du luxe ne sait pas créer une filière de cachemire durable tout seul : il a besoin d’autres marques, parfois dans des groupes différents, etc. ». Kéa est sollicité dans ce cadre.
L’impact représenterait environ 25 % de l’activité du groupe, avec un objectif de 30 % à horizon 2030.
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Réélu pour un troisième mandat, Arnaud Gangloff vise, d'ici 2032, une forte croissance du chiffre d'affaires (+70% à +90%) grâce à l'extension de la présence du cabinet de conseil sur le marché – au niveau sectoriel, à l’international et auprès des sociétés du SBF 120.
Les copilotes du pôle Impact l’assurent, le mouvement opéré ne relève donc pas « d’une rationalisation, mais d’une adaptation aux nouveaux besoins du marché ».
Quid des 25 consultants en tout répertoriés en 2022 chez MySezame & Nuova Vista ? Selon David-Emmanuel Vivot, ce nombre intégrait déjà « des consultants de Kéa » à l’époque. Et si Jérémie Viel reconnaît une légère contraction chez MySezame « au profit de sa seniorisation, afin de développer les activités de conseil en complément d’une formation plus sur-mesure », l’évolution globale des effectifs dédiés serait liée « au repositionnement de certains sujets dans les équipes sectorielles, et à des profils devenus plus seniors. Nous n’avons pas moins de monde sur l’impact, mais une organisation différente, plus proche des enjeux métiers », conclut David-Emmanuel Vivot.
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