CYLAD retenu par l’Agence européenne pour la sécurité aérienne
Cinq cabinets ont été sélectionnés pour ce nouvel accord-cadre d’une valeur de 4 millions d’euros maximum. Mise en perspective avec Sébastien Cailliau, l’un des associés en charge de l’aéro-défense-spatial chez CYLAD.
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Ce nouveau marché court sur 4 ans. Son montant est nettement inférieur à l’évaluation réalisée par l’AESA lors du précédent, à savoir 12 millions d’euros.
CYLAD faisait alors déjà partie des heureux élus.
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L'Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA), domiciliée à Cologne, vient d'attribuer un marché de conseil d'une valeur de 12 millions d'euros HT, selon un avis d'attribution de marché paru le 24 juin 2020. Il vise à pourvoir aux besoins de conseil de l'AESA sur les quatre prochaines années sur les sujets de transformation et de développement et d'amélioration de l'efficacité opérationnelle.
Cette fois, outre CYLAD, l’Agence de l’Union européenne pour la Sécurité Aérienne a choisi Deloitte Consulting & Advisory Belgique (déjà lauréat également en 2020), ainsi que la branche allemande de KPMG, l’entité dédiée aux institutions européennes de PwC et le bureau belge de Gartner.
Comme l’indique Sébastien Cailliau, 14 ans chez Roland Berger, puis 4 ans au BCG, avant de rejoindre CYLAD comme partner en 2018, CYLAD postule « régulièrement à ce type d’appels d’offres ». Bien que le cabinet ne dispose pas d’une practice Secteur public, ses associés sont convaincus que le plus important est « de connaître le fond des sujets et les sous-jacents pour pouvoir élaborer une offre compétitive. Or l’aéronautique et l’aviation sont ses cœurs de métier ».
Sébastien Cailliau se réjouit donc de cette nouvelle sélection de CYLAD alors que le BCG, par exemple, n’a pas été reconduit. De son côté, McKinsey – lui aussi lauréat en 2020 en binôme avec CGI – n’avait pas soumis d’offre.
Le nouvel accord-cadre se déroulera moyennant une réouverture à la concurrence entre les cinq cabinets sélectionnés pour chaque projet spécifique.
Vers une nouvelle utilisation de l’espace aérien
Créée en 2002, l’Agence de l’Union européenne pour la Sécurité Aérienne certifie les produits aéronautiques et élabore ou fait appliquer les normes européennes de sécurité aérienne. Son rôle est aussi d’analyser les données pour orienter les actions et soutenir les États membres, tout en coopérant à l’international pour garantir un haut niveau de sécurité dans l’aviation civile.
Les missions que l’AESA va confier aux cabinets de conseil concerneront à la fois ses activités principales et émergentes. Elles pourront inclure « des restructurations ou réorganisations internes », en lien avec sa stratégie de développement.
L’EASA travaille notamment à l’intégration « sûre et durable » des drones, taxis aériens (eVTOL) et opérations en haute altitude dans l’espace aérien européen – pour renforcer la compétitivité du secteur à l’échelle européenne.
Ses priorités portent sur les drones et l’U-space (services numériques automatisés destinés à encadrer la circulation des drones dans l’espace aérien, notamment en milieu urbain ou dense), via la mise en œuvre d’une réglementation harmonisée, le développement de normes internationales et l’appui à la stratégie drones 2.0 de l’UE.
La préparation de l’utilisation de l’espace aérien supérieur, au-delà de l’altitude de vol des avions de ligne (plus de 60 000 pieds/environ 18 km), est aussi une priorité, en capitalisant sur les projets ECHO (European Concept for Higher airspace Operation) – pour encadrer l’expérimentation réglementaire et les futurs usages de cet espace aérien.
Un autre enjeu relève du big data, autour d’une plateforme nommée Data for Safety, qui existe déjà. « L’idée est de capter et relier les signaux faibles – dans les données de vol, les données météo, celles des aéroports… – pouvant permettre d’identifier de nouveaux cas de Safety, mais également d’autres éléments d’intérêt pour les compagnies aériennes », explique Sébastien Cailliau. Sachant que le niveau d’accidentologie en Europe est déjà très faible.
La valeur du conseil prime sur son coût
Le choix des cabinets s’est fait sur la base suivante : 70 % du score dédié à la qualité, 30 % au prix. Selon Sébastien Cailliau, « derrière cette exigence de qualité, il y a des sujets de fond ».
La « standardisation et la certification des SAF » tout d’abord – Sustainable Aviation Fuels – lesquels sont « un facteur significatif de décarbonation, mais ne représentent pour l’instant que quelques % de la consommation totale de carburant dans l’aviation civile ».
Un exercice de prospective ensuite, « autour des futures grandes tendances dans l’aviation », et un autre relatif « aux interdépendances entre la sécurité aérienne et les facteurs sociaux économiques notamment ». Concrètement, il s’agit d’évaluer l’influence sur « la sécurité des vols » de ces facteurs, au regard des personnes présentes dans le cockpit.
En ce qui concerne la plateforme Data for Safety, les attentes de l’AESA portent sur l’identification « des bonnes données » par les cabinets, le pilotage de leur gouvernance – quand les données émanent de compagnies aériennes, elles sont anonymisées et ne peuvent être « utilisées à des fins autres que la sécurité » – et l’animation d’une communauté de compagnies aériennes, aéroports et grands constructeurs.
Quant aux autres aspects, ils relèvent essentiellement de la méthodologie et des modalités de coopération des cabinets avec l’AESA. « Les consultants et associés seront-ils totalement dédiés au projet ou en part-time ? Que se passera-t-il en cas de démission de l’un d’eux ? Combien y aura-t-il de chefs de projet engagés sur le projet ? Etc. »
Une participation qui requiert un engagement significatif
Sébastien Cailliau, qui a postulé à de nombreux appels d’offres publics européens, souligne qu’une telle candidature « demande un investissement en temps des équipes ». Pour lui, le fait que ce type de contrats soit financé par « de l’argent public » impose « la transparence ». De ce fait, selon l’associé, « le dépouillement des offres nécessite, malheureusement, des délais conséquents ». En l’occurrence, CYLAD avait répondu à cet appel d’offres mi-novembre 2024, pour une réponse en mai 2025 – et une signature le 2 juin.
Bien que la taille du projet demeure modeste – « en prenant en compte l’ensemble des cabinets sélectionnés, il y aura vraisemblablement deux ou trois consultants travaillant auprès de l’AESA, pour des projets de 3 ou 4 mois. » –, le jeu en vaudrait largement la chandelle.
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