Qui m’aime me suive : l’interview du patron de McKinsey

En fonctions depuis un an, Bob Sternfels, le managing partner monde de McKinsey, a adressé une claire fin de non-recevoir aux critiques de « la firme » – à laquelle un million de personnes ont postulé en un an.

Consultor.fr
15 Jui. 2022 à 06:00
Qui m’aime me suive : l’interview du patron de McKinsey
Bob Sternfels, McKinsey

À l’occasion de la première rencontre physique de l’ensemble des 2 700 partners depuis 2019, le managing partner de McKinsey a donné une interview au Financial Times.

Bob Sternfels a évidemment été interrogé sur l’accumulation des polémiques associées à la marque McKinsey (relire notre article). La seule priorité, a-t-il plaidé, est l’impact délivré aux clients. Il a défendu la nécessité de distinguer à l’avenir un droit de regard justifié d’un droit de regard jugé illégitime, « contre lequel nous voulons lutter ». Et d’enfoncer le clou : « Écoutez, nous vivons dans un monde critique. Nous allons intervenir sur des sujets aux impacts colossaux, si vous n’êtes pas d’accord avec nous, cela nous va très bien. »

Il assure que 90 % de ses positions sont approuvées par les collaborateurs du groupe (38 000 personnes). Aux autres, le message est là aussi très clair : « Le monde regorge de choix, donc si notre entreprise ne vous tente pas, vous n’êtes pas obligé de rester avec nous ou de nous rejoindre. »

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Pour éviter la survenance de nouveaux scandales, Bob Sternfels indique que McKinsey a investi 600 millions de dollars depuis 2018 dans l’amélioration de ses processus de gestion des risques et de mise en conformité. « Ce qui ne veut pas dire que d’autres erreurs ne se produiront pas – je ne peux pas le garantir – mais nous disposons d’un mécanisme d’autocorrection », assure-t-il.

Interrogé sur la pertinence de scinder les activités du cabinet, entre secteur public et secteur privé par exemple, il plaide « la magie » que le cabinet peut apporter à ses clients dans le croisement des expertises qu’il est en mesure de fournir à ses interlocuteurs.

Côté recrutement, dans cette interview, il confirme une guerre ouverte des talents, tout particulièrement avec ses rivaux Boston Consulting Group et Bain. Il indique que le cabinet a reçu un million de candidatures sur les douze derniers mois, pour 10 000 recrutements sur la même période. Un nombre aussi porté par le nombre d’établissements d’enseignement dans lesquels McKinsey recrute : ils étaient 500 encore récemment, ils ont doublé. « Je voudrais les multiplier par dix », assure Bob Sternfels.

McKinsey fêtera son 100e anniversaire en 2026 et Bob Sternfels a interrogé le collège des partners sur la manière avec laquelle McKinsey pourrait évoluer pour son deuxième siècle d’existence. Eux l’ont plutôt interrogé sur la possibilité d’un retour à la normale quant à la discrétion des activités de McKinsey qui a longtemps fait de son extrême confidentialité sa marque de fabrique.

Réponse de Bob Sternfels : « Le retour à la normale arriverait si nous avions moins d’ambition à changer les sociétés dans lesquelles nous travaillons. Nous ne voulons pas prendre de la distance avec cet objectif-là. Je pense que dans le futur de nos activités d’autres tournants critiques vont se présenter. »

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