Plan de sauvetage de Volkswagen : le scénario choc de McKinsey
Fermeture de huit usines sur dix en Allemagne : un scénario extrême circule chez Volkswagen, alors que McKinsey et le BCG s’activent en coulisses.
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À long terme, selon le quotidien allemand Bild, seuls les sites historiques de Volkswagen à Wolfsburg et d’Audi à Ingolstadt échapperaient au couperet. Même l’usine Porsche de Stuttgart-Zuffenhausen serait concernée, alors que l’avenir des usines de composants reste incertain.
Un porte-parole du comité d’entreprise du groupe a toutefois qualifié ce scénario de « spéculation infondée », non sans appeler la direction à s’y opposer fermement.
Fin 2024, la direction de Volkswagen et les représentants d’IG Metall (dont 90 % des salariés du groupe sont adhérents) avaient signé un accord de réduction des coûts « garantissant l’emploi jusqu’en 2030 » – ni fermeture d’usine ni licenciement –, 35 000 suppressions de postes devant néanmoins intervenir au sein de la seule marque Volskwagen en Allemagne, soient 29 % de l’ensemble.
Un accord auquel avait contribué « une armée de consultants » de Roland Berger.
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5 jours et 5 nuits (ou presque) auront été nécessaires au mastodonte allemand de l’automobile pour dénouer un conflit social d’une rare ampleur, tandis que les consultants de Roland Berger s’activaient à distance.
Le « plan de guerre » concocté par les consultants
Si le scénario prêté à McKinsey a fait l’effet d’une bombe, le BCG travaille également à un plan de sauvetage.
Un « programme de transformation en 12 étapes » serait à l’étude, sans que l’on sache s’il est issu des recos de l’un ou l’autre des cabinets, ou des deux.
Objectif : rendre Volkswagen « plus rapide et moins cher, sous peine de continuer à perdre du terrain », selon une source citée par Bild. En toile de fond, un dialogue tendu avec les actionnaires familiaux et les syndicats, dans un groupe historiquement peu habitué aux ruptures brutales.
Ce type de scénario extrême pourrait servir de levier de négociation. En affichant une option maximaliste, la direction préparerait le terrain à des coupes moins spectaculaires, mais réelles.
Une rentabilité qui s’effondre
En 2025, Volkswagen a généré 322 milliards d’euros de chiffre d’affaires (contre 325 l’année précédente), pour 9 millions de véhicules vendus – des niveaux solides… en apparence.
Car la rentabilité s’est écroulée. Le résultat opérationnel a presque été divisé par 2 en 1 an, à 8,9 milliards d’euros, quand la marge est tombée à 2,8 % – contre 5,9 % en 2024. Le bénéfice net, autour de 6,9 milliards d’euros, est aussi en forte baisse.
Le groupe encaisse de plein fouet plusieurs chocs, à savoir : 9 milliards d’euros de charges exceptionnelles, dont 5 milliards liés à la stratégie électrique de Porsche, 3 milliards dus aux droits de douane américains, et 1 milliard lié aux restructurations en cours.
À cela s’ajoute une pression concurrentielle accrue en Chine et une transition électrique globale plus coûteuse – et plus lente – que prévu.
Pas d’autres alternatives qu’une restructuration d’ampleur
Face à cette équation, selon l’accord de réduction des coûts signé fin 2024, jusqu’à 50 000 suppressions de postes en Allemagne avaient déjà été envisagées d’ici 2030 au sein du groupe.
Le DG Oliver Blume veut également reprendre la main depuis Wolfsburg sur les fonctions clés (production, achats, ventes), afin d’optimiser les synergies entre ses nombreuses marques – Volkswagen, Audi, Porsche, ou encore Skoda et Lamborghini, entre autres.
Si le groupe n’a plus d’autre choix que de se transformer radicalement, le coût social pourrait s’avérer élevé.
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