Allemagne : coup de frein sur le marché du conseil en 2025
Confrontés à une stagnation, les grands noms du conseil en stratégie sont poussés à transformer leur modèle.
- Que dit Claude de nous ? Le conseil en stratégie face au référencement IA
- Les Européens ne pèsent presque plus dans la gouvernance de McKinsey
- Un nouvel hymne rap pour les consultants du Golfe
- INSEAD et conseil : l'ardoise magique du MBA fonctionne-t-elle toujours ?
- Le BCG signe une croissance de 7 % en 2025 et se lance dans l’interim management
- Plan de sauvetage de Volkswagen : le scénario choc de McKinsey
- Les Vikings d’A&M promettent gloire et dollars aux associés qui prendront des clients à la concurrence
- 2025 dans le rétro : les sujets qui ont fait vibrer la planète conseil
Selon le quotidien économique allemand Handelsblatt, l’heure est à l’adaptation pour les acteurs historiques du secteur – entre recul des missions de stratégie, montée en puissance de l’IA et essor des projets de restructuration.
« Le boom du conseil est terminé »
Outre-Rhin, le marché du conseil en management a très peu progressé en 2025. Son volume atteint 51,4 milliards d’euros, soit une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente.
Pour Dietmar Fink, professeur spécialisé dans le conseil et directeur scientifique de la Wissenschaftliche Gesellschaft für Management und Beratung (WGMB) – qui mène une étude annuelle dédiée –, le constat est sans ambiguïté : « Le secteur ne se développe plus de façon généralisée, le boom est terminé. » Le modèle traditionnel du conseil atteindrait ses limites.
Et cela concerne en tout premier lieu les cabinets internationaux les plus influents, comme McKinsey, le BCG ou encore le cabinet né localement, Roland Berger. « La pression sur les cabinets est énorme », souligne Dietmar Fink.
Il s’agit de la 3e année consécutive de ralentissement de la croissance dans le secteur. Or, « une croissance à un seul chiffre est délicate et peut rapidement se transformer en crise ».
Les missions de stratégie à l’épreuve
Selon l’étude, en 2025, « la faiblesse de la conjoncture, l’augmentation des faillites, les programmes de réduction des coûts et la prudence budgétaire ont freiné les domaines traditionnels du conseil. Les projets de conception et de planification ont été particulièrement sous pression ».
De ce fait, le segment de la stratégie a même reculé de 2 % en Allemagne. Sachant qu’en France, le Syntec misait, en juillet dernier, sur une croissance comprise entre -2 % et + 1 % pour le conseil en strat en 2025.
à lire aussi
Selon l’étude annuelle de Syntec Conseil, en 2025 le secteur du conseil en stratégie et management devrait connaître une croissance comprise entre -2 et + 1 %, après une année 2024 de stagnation. L’analyse de son président, David Mahé.
McKinsey, le BCG et Bain réaliseraient désormais une grande partie de leur activité sur d’autres types de missions. Comme le souligne Bianka Knoblach, associée de la WGMB, « au-delà des budgets fortement amputés, il ne suffit plus aujourd’hui d’élaborer de grandes stratégies ». Les cabinets doivent accompagner leurs clients dans la durée, « souvent sur plusieurs années, de la réorientation jusqu’à la mise en œuvre, au pilotage et à l’exploitation ».
L’IA et les restructurations tirent la demande
Les cabinets ont dû faire évoluer leur positionnement. D’une part, la rémunération fondée sur les résultats se serait progressivement imposée. D’autre part, bien que ce ne soit pas récent, ils ont développé des entités spécialisées, comme Orphoz (implémentation, McKinsey), Inverto (achats/supply chain, BCG) ou Proxima (achats/supply chain, Bain).
En 2025, les sujets technologiques – gouvernance IT, cybersécurité ou programmes de transformation – ont fortement progressé, tandis que l’intelligence artificielle est devenue un moteur de la demande à part entière. Selon Dietmar Fink, la mutation serait profonde. « Les cabinets de conseil sont presque contraints de se transformer en entreprises technologiques. » Les partenariats noués par les cabinets avec les géants de la tech, ou encore les entités dédiées développées par McKinsey (Quantum Black), le BCG (BCG X) et Bain (Vector), en témoignent. Quant à Roland Berger, il vient de lancer une start-up IA avec le pionnier de l’IA, Jonas Andrulis.
En parallèle, un autre segment connaît une forte expansion : les activités de transformation, à +9 % en 2025, et les missions de redressement et de restructuration, qui ont bondi de plus de 20 %. Les cabinets spécialisés dans ces interventions, comme AlixPartners ou Alvarez & Marsal, enregistrent ainsi des croissances de +40 % pour le premier, +25 à 30 % pour le second.
Un boom qui ne se retrouve pas (encore ?) en France, malgré une « forte dynamique » – comme l’ont expliqué récemment plusieurs associés et experts à Consultor.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Monde
29/06/26En 5 ans, le bureau d’Auckland est devenu l’un des moteurs de la région Asie-Pacifique pour CVA. Une trajectoire racontée par son pilote, Alexandre Guilleux, et par le managing director de la zone, Bruno Sallé.
24/06/26Hassen Ahmed et Hugues Lavandier ont tous deux quitté la capitale française pour rejoindre McKinsey à New York.
22/06/26Le fonds souverain saoudien (PIF), qui comptait parmi les plus grands clients mondiaux du BCG, lui a confié l’essentiel de ses missions de conseil en management ces dernières années – selon Bloomberg.
15/06/26Suite à la réforme de ses institutions décidée l’été dernier, les 700 senior partners mondiaux du cabinet ont élu un shareholders council resserré de 12 membres, dont un seul Européen.
01/06/26Avec 1,01 milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, Roland Berger franchit ce seuil symbolique pour la seconde fois après 2023.
01/06/26Après plus de 25 ans au BCG à Paris, le spécialiste des secteurs grande conso et luxe Stéphane Cairole va présider aux destinées du bureau de la deuxième ville helvétique.
28/05/26Un directeur de Kearney au bureau d’Abou Dabi a diffusé à sa communauté un titre « Drum & Bass » effréné où il décrit le quotidien de ses pairs.
25/05/26Le royaume aurait également gelé certains paiements dus aux cabinets occidentaux – jusqu’en juillet.
25/05/26François de Bodinat rejoint Oliver Wyman à Newcastle comme managing director products & assets.