McKinsey nomme un senior partner président du Board
En séparant pour la première fois les fonctions de président du Shareholders Council et de CEO, McKinsey parachève une réforme de sa gouvernance engagée après plusieurs crises.
- Sept ans après l’avoir recruté chez Roland Berger, le groupe Bosch le nomme CEO
- Les Européens ne pèsent presque plus dans la gouvernance de McKinsey
- Grands magasins : un ancien manager chez McKinsey prend les commandes du Printemps
- De McKinsey à Talan : le pari du nouveau CEO Group François Soubien
- Le CEO de McKinsey privilégie les partners résilients aux bons élèves
- Une marque US de prêt-à-porter haut de gamme recrute une Française, partner chez McKinsey
- McKinsey change les règles d’élection de son CEO pour apaiser les tensions
- La société mère de KFC et Pizza Hut dirigée par un ex-partner de McKinsey
La nomination du senior partner canadien Andrew Pickersgill à cette fonction constitue l’aboutissement d’une vaste réflexion sur le fonctionnement interne de McKinsey initiée par le global managing partner Bob Sternfels dès 2023.
Ce dernier conserve la direction opérationnelle du cabinet.
La dernière pierre d’une réforme initiée fin 2023
Dès novembre 2023, à l’occasion de la réunion mondiale des senior partners organisée à Séoul, Bob Sternfels avait lancé un chantier de modernisation de la gouvernance du partnership. L’objectif : adapter les règles de fonctionnement d’une organisation devenue extrêmement vaste (bien qu’un peu réduite ces dernières années) – près de 40 000 collaborateurs et quelque 2 700 partners – tout en répondant aux critiques suscitées par plusieurs dossiers sensibles.
Consultor s’était fait l’écho de ces réflexions l’été dernier. McKinsey avait alors annoncé plusieurs évolutions majeures : un mandat unique de six ans pour le global managing partner, la réduction de la taille du Shareholders Council, ainsi que la création d’une fonction de président "indépendant" chargée de renforcer le contrôle de la direction exécutive.
à lire aussi
Le patron Monde de McKinsey sera désormais élu pour un mandat unique de 6 ans, avec un vote de confirmation des senior partners la quatrième année pour décider si le dirigeant doit achever son mandat.
La nomination d’Andrew Pickersgill concrétise aujourd’hui cette dernière mesure.
Senior partner basé à Toronto depuis plus de vingt-cinq ans, ancien responsable mondial du secteur public et président du comité chargé d’élire les senior partners, Andrew Pickersgill aura désormais pour mission d’assurer la supervision de la gouvernance du cabinet.
Au préalable, le Shareholders Council a effectivement été ramené de trente membres à treize (douze senior partners élus plus le global managing partner), afin d’en renforcer l’efficacité et l’indépendance vis-à-vis du management.
Tourner définitivement la page des crises
Cette réorganisation s’inscrit dans le vaste travail entrepris par Bob Sternfels depuis son arrivée à la tête du cabinet en 2021. Son mandat a largement consisté à restaurer la crédibilité d’un cabinet fragilisé par plusieurs scandales et controverses – notamment son rôle de conseil auprès de Purdue Pharma dans le dossier des opioïdes, des affaires de corruption en Afrique du Sud ou encore plusieurs accompagnements sensibles en Chine et auprès du fonds souverain saoudien.
En parallèle, McKinsey a considérablement renforcé ses procédures d’acceptation des missions et de sélection des clients.
Dans plusieurs entretiens accordés ces dernières années, Bob Sternfels expliquait vouloir préserver le modèle historique du partnership tout en le rendant plus adapté à la taille prise par McKinsey et à un environnement devenu plus complexe. Consultor rapportait ainsi son ambition d’ouvrir « une nouvelle page » pour le cabinet, en faisant également évoluer son modèle de tarification et son positionnement à l’ère de l’intelligence artificielle.
En dissociant désormais clairement supervision et direction opérationnelle, McKinsey adopte une organisation plus proche de celle des grandes entreprises cotées.
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Monde
01/07/26Oliver Wyman vise le rachat de Southbridge A&I, un cabinet de conseil en stratégie cofondé à Casablanca par un ancien partner de McKinsey.
30/06/26Plus précisément, le cabinet a repris une partie « substantielle » des activités de Syngroup, spécialiste autrichien du conseil opérationnel aux industriels et de la restructuration.
29/06/26En 5 ans, le bureau d’Auckland est devenu l’un des moteurs de la région Asie-Pacifique pour CVA. Une trajectoire racontée par son pilote, Alexandre Guilleux, et par le managing director de la zone, Bruno Sallé.
24/06/26Hassen Ahmed et Hugues Lavandier ont tous deux quitté la capitale française pour rejoindre McKinsey à New York.
22/06/26Le fonds souverain saoudien (PIF), qui comptait parmi les plus grands clients mondiaux du BCG, lui a confié l’essentiel de ses missions de conseil en management ces dernières années – selon Bloomberg.
15/06/26Suite à la réforme de ses institutions décidée l’été dernier, les 700 senior partners mondiaux du cabinet ont élu un shareholders council resserré de 12 membres, dont un seul Européen.
01/06/26Avec 1,01 milliard d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier, Roland Berger franchit ce seuil symbolique pour la seconde fois après 2023.
01/06/26Après plus de 25 ans au BCG à Paris, le spécialiste des secteurs grande conso et luxe Stéphane Cairole va présider aux destinées du bureau de la deuxième ville helvétique.
28/05/26Un directeur de Kearney au bureau d’Abou Dabi a diffusé à sa communauté un titre « Drum & Bass » effréné où il décrit le quotidien de ses pairs.