Les clés du modèle Oliver Wyman – selon le CEO sortant Nick Studer
À la veille de quitter Oliver Wyman pour prendre d’autres responsabilités au sein du groupe Marsh, Nick Studer a décrit un cabinet qui s’est construit à rebours des standards du secteur.
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« Nous arrivons avec les outils pour trouver la réponse », partage-t-il dans une interview au Business Times (Singapour). « Même lorsque les équipes ont réalisé des missions similaires ailleurs, elles ne prétendent pas avoir déjà la solution. Car nous savons que chaque entreprise est différente. »
Cette posture « collaborative » revendiquée par Nick Studer serait « l’un des piliers de la stratégie [du cabinet] des quatre dernières années », expliquant, selon lui, qu’Oliver Wyman « a grandi plus vite que certains de ses pairs ».
Une organisation non silotée au cœur du modèle
L’une des spécificités d’Oliver Wyman résiderait dans son organisation interne. Les équipes sont structurées à la fois par secteur et par expertise fonctionnelle, et chaque associé appartient aux deux dimensions.
Cette logique de double appartenance favoriserait le décloisonnement. « Les équipes pricing sont assises à côté des équipes coûts », souligne Nick Studer. Ceci pour répondre aux grands « moments de transformation » (croissance, restructuration, performance, innovation) à l’œuvre chez les clients du cabinet.
Des évolutions dans le choix des associés
Historiquement, Oliver Wyman a privilégié la promotion interne pour ses partners, qui ne sont pas « equity », puisque le cabinet fait partie du groupe Marsh. « Dans l’idéal, je voudrais que deux tiers de nos partners soient promus en interne », indique Nick Studer.
Mais cette proportion est récemment tombée à environ la moitié, en raison de l’expansion du cabinet dans de nouveaux domaines, tels que l’IA, les paiements, la restructuration ou la géostratégie.
Et le cabinet attire des profils expérimentés venus de concurrents : selon Nick Studer, Oliver Wyman constituerait « un très bon point de chute pour des partners de cabinets plus grands, mais moins entrepreneuriaux ».
Une trajectoire solide, portée par ce modèle
Ce positionnement s’est traduit dans les chiffres. Sous la direction de Nick Studer, Oliver Wyman est passé de 2 milliards de dollars de revenus en 2021 à 3,6 milliards en 2025, avec une croissance de 6 % sur la dernière année malgré un environnement plus difficile.
Le cabinet, structuré dans sa forme actuelle entre 2007 et 2012 en regroupant Mercer Delta Consulting (conseil en développement des organisations), Mercer Management Consulting (conseil en stratégie et amélioration opérationnelle) et Mercer Oliver Wyman (conseil en stratégie dédié aux institutions financières et en gestion de risques), reste encore « trois générations plus jeune » que son concurrent McKinsey, par exemple. Et sa trajectoire est jugée « satisfaisante » par Nick Studer, qui reconnaît toutefois que le cabinet « aurait pu faire mieux en Asie », région qui pèse environ 10 % de son activité.
Sous l’effet de l’IA… des perspectives inattendues
Dans un contexte où l’intelligence artificielle met l’information à la portée de tous, le cabinet fait évoluer la valorisation de certaines compétences – dans ses recrutements notamment. Sont concernées : les capacités de recherche, d’interaction client et de gestion des réunions. Mais aussi une compétence plus subtile : celle de « savoir protéger son espace ». Autrement dit, la capacité à décider quand résister, ou céder, face à un client.
Plus encore, et à rebours du marché, celui qui était encore CEO monde le 31 mars 2026 n’excluait pas une augmentation du recrutement de profils juniors au sein du cabinet.
Le 1er avril, après 28 ans passés chez Oliver Wyman, Nick Studer a passé les rênes du cabinet à Ted Moynihan. Il a, de son côté, pris la tête de Marsh Risk, la branche de courtage en assurance et de conseil en gestion des risques du groupe Marsh – dont le chiffre d’affaires annuel a représenté la moitié de celui du groupe Marsh en 2025.
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