L’humour : l’arme de Bob Sternfels pour transformer McKinsey
McKinsey ménagerait de façon systématique une place au rire dans ses événements internes, et pourrait intégrer l’approche dans son offre aux clients, selon une publication récente de l’université Stanford.
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L’étude de cas, parue en avril 2026 et intitulée « L’humour à l’échelle : transformer la culture globale chez McKinsey & Co. », est désormais enseignée chaque année aux étudiants de la Stanford Graduate School of Business. Elle retrace comment une initiative isolée, en 2020, a fini par prendre une dimension globale au sein du groupe.
L’humour permet d’« aplatir la hiérarchie »
Tout commence peu avant la pandémie de Covid-19, quand Mohammad Al-Moumen, alors engagement manager chez McKinsey à Dubaï, remporte un franc succès lors d’une « nuit du stand-up » organisée localement en interne. Dans les mois qui suivent, il développe un spectacle, puis une série de vidéos plébiscitées par les consultants de la région. En février 2022, il conçoit une vidéo pour le sommet McKinsey de la zone Europe de l’Est, Afrique et Moyen-Orient, mettant en scène les vertus supposément soporifiques des discours d’Ozgur Tanrikulu, managing partner de la zone, en sa présence. Un autre participant à l’événement est Bob Sternfels, le global managing partner du cabinet. Favorablement impressionné, il convie alors Mohammad Al-Moumen à réitérer sa prestation pour le sommet mondial de Montréal, en juin de la même année.
L’étude de cas décrit la façon dont Al-Moumen a développé ses contenus et ses formats, en appliquant des méthodes inspirées du conseil. Il en ressort que l’humour McKinsey doit veiller à rester « approprié, inclusif et pertinent culturellement », sans exclure une forme d’irrévérence, le principe étant de toujours cibler les partners haut placés et de chercher à exprimer les non-dits. Pour les auteurs de l’étude, le fait de mettre en scène des leaders qui rient d’eux-mêmes a pour effet d’« aplatir la hiérarchie, de favoriser le franc-parler et de libérer la parole ».
Un « nouveau pôle d’expertise » autour du rire ?
Dans les mois qui suivent, McKinsey entreprend d’industrialiser le process, en créant un studio interne et en suscitant d’autres vocations de partners comédiens. Les auteurs affirment qu’à la suite de cette expérience, « les dirigeants de McKinsey ont commencé à percevoir l’impact positif que l’humour pouvait générer » auprès des clients, allant jusqu’à envisager « la création d’un nouveau pôle d’expertise au sein du cabinet ». Le papier cite l’exemple d’un client de Mohammad Al-Moumen au Maroc, persuadé que « l’humour était vital pour montrer que la [nouvelle] culture [du client] allait permettre de casser les silos, et que l’innovation serait bien promue ». Le rire aurait donc aussi la vertu de faciliter l’accompagnement du changement, en plus « d’humaniser les leaders ».
Bob Sternfels a depuis continué à revendiquer la promotion de l’humour au sein de la culture McKinsey, y compris à ses propres dépens, pour abaisser les barrières et faciliter les échanges. On a pu le voir participer à un concours de danse façon TikTok à Hô Chi Minh-Ville, à un match de rugby improvisé à Sydney, ou encore à un jeu consistant à avaler du poulet de plus en plus épicé à Phoenix. Sternfels, une serviette sur la tête au 3e plat, avait dû abandonner au 4e sous les rires, préparant le terrain, selon lui, à des conversations plus riches et détendues.
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