Moins de cash, plus d'actions : McKinsey bouscule la rémunération de ses associés
Le cabinet évoque la simplification d’un système de rémunération devenu complexe.
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Ce chantier, qui serait discuté en interne depuis plus de 2 ans, fait écho aux propos de son CEO mondial Bob Sternfels, relayés par Consultor en juillet 2024, sur la nécessité d’ajuster la structure de coûts du cabinet.
Le « Project Acorn », une réforme sensible pour les associés
La rémunération des partners de McKinsey repose traditionnellement sur trois composantes : un salaire fixe, un bonus de performance et une quote-part des bénéfices du cabinet, appelée « additional award ». Pour les associés les plus seniors, cette enveloppe peut représenter plusieurs millions de dollars.
En France, une décision de justice rendue en avril 2026 par le tribunal administratif de Paris, reprise par Consultor, témoigne du caractère habituel de l’« additional award », tout en éclairant le montant des rémunérations concernées dans l’Hexagone.
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Deux décisions du tribunal administratif de Paris offrent un précieux éclairage sur la rémunération des partners des cabinets de conseil – entre bonus annuels massifs et primes d’entrée à six chiffres.
Jusqu’ici, l’immense majorité de cette rémunération variable était versée en cash, seule une faible part étant conservée sous forme de capital investi dans le cabinet – la part en question augmentant avec la séniorité des partners.
Avec le « Project Acorn », la part convertie en equity pourrait augmenter de 3 à 5 points de pourcentage, selon des proches du dossier cités par le Financial Times. Un associé qui recevait auparavant environ 95 % de cette prime en numéraire pourrait ainsi n’en toucher plus que 90 %, le reste étant immobilisé dans le capital du cabinet.
Le sujet a suscité d’intenses débats internes. Une première version du projet, baptisée « Project Oak », prévoyait de cibler davantage les associés les plus seniors. La mouture finalement retenue plafonne toutefois la part pouvant être redirigée vers le capital.
« Nous n’avons pas modifié le principe selon lequel les associés sont rémunérés. Il s’agit essentiellement de changer le calendrier des versements, a déclaré une personne proche du dossier au FT. Nous essayons d’accompagner largement les associés afin qu’ils comprennent qu’ils peuvent faire confiance aux principes du système. »
L’un des objectifs poursuivis serait de rendre McKinsey plus attractif pour ses jeunes associés. Le système précédent étalait certains versements sur plusieurs années, notamment pour les missions rémunérées selon les résultats obtenus chez les clients. Désormais, une partie de ces paiements sera versée plus tôt.
Interrogé, McKinsey a déclaré « qu’en tant qu’entreprise privée, [le cabinet] ne commente pas la rémunération de [ses] associés, mais [qu’il] continue à faire évoluer la façon dont [il] attire, développe, motive et fidélise les meilleurs talents mondiaux ».
Un lien potentiel avec les méga-contentieux de ces dernières années
Le cabinet a déjà versé 1,7 milliard de dollars dans le cadre du scandale des opioïdes aux États-Unis, soit un coût cumulé estimé à plus de 600 000 dollars par associé.
En y ajoutant le dossier sud-africain – qui aurait représenté au total 227 millions de dollars si l’on tient compte des honoraires et intérêts remboursés aux entreprises publiques concernées en 2018 puis 2021 –, les montants déboursés par les associés du cabinet dans le cadre de contentieux et règlements dépassent les 2 milliards de dollars.
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