Devenue Consult’in France, Syntec Conseil fait sa mue (1/2)

 

Désormais baptisée Consult’in France, l’association professionnelle affiche à travers son nouveau nom le changement de stratégie impulsée par l’équipe menée depuis 2010 par Hervé Baculard, l’un des associés fondateurs de Kea & Partners.

Pourquoi continuer de s’appeler Syntec Conseil en management lorsqu’on ne ressemble plus à un syndicat des années soixante-dix – mais plutôt à une association professionnelle – et que l’on s’adresse autant à des managers qu’à des ingénieurs ?

 

22 Juil. 2015 à 15:17
Devenue Consult’in France, Syntec Conseil fait sa mue (1/2)

 

C’est la question qu’ont tranchée les cabinets en stratégie et management membres, lors de leur assemblée générale du 18 juin dernier. Un changement de nom qui fait écho à une nouvelle posture : dans un secteur où l’individualisme prime, Consult’in France entend défendre les intérêts de la profession.

L’enjeu : la création de 10 000 emplois

Et comme la meilleure défense est encore l’attaque, l’association est partie à l’offensive des pouvoirs publics, munie d’un manifeste qui déplore les entraves à la compétitivité des entreprises du conseil. Différentiel de charges salariales de l’ordre de 17 points avec l’Allemagne et de 21 points avec le Royaume-Uni (selon une étude commandée à Coe-Rexecode), mise à l’écart des politiques de soutien à la compétitivité, menaces de délocalisation d’emplois et de centres de décision... Consult’in France a fourbi ses arguments et son président Hervé Baculard fait désormais le siège des ministères pour les exposer. « Aujourd'hui, les grandes entreprises représentent une grande part du marché, et de plus en plus de missions s’effectuent à une échelle européenne, pouvant être dirigées par Londres ou par Berlin. Or avec un écart de compétitivité de 10 € de l’heure, le différentiel pour l’ensemble du secteur est de 500 millions d’euros, soit 10 % du chiffre d’affaires total de la profession », avance-t-il. Sans parler de la concurrence de pays comme le Maroc ou le Brésil, qui se présentent comme des exportateurs de prestations, notamment dans les pays où interviennent les bureaux français. L’amélioration de l’attractivité intra-européenne du conseil français passe, pour Consult’in France, par l’élargissement à trois fois le SMIC des allègements de charges, ce qui permettrait de toucher 65 % des consultants. Quant au renforcement de la compétitivité extra-européenne, il doit s’accompagner d’une détaxe de l’assiette de l’impôt sur les sociétés des prestations réalisées hors UE, des mécanismes justement déjà mis en place par le Brésil et le Maroc.

« En cinq ans, 10 000 emplois à forte valeur ajoutée – qui sans cela seront créés ailleurs – pourraient ainsi être créés en France. Après, il faut savoir si la France veut asseoir sa croissance sur des professions à valeur ajoutée ou se spécialiser dans les métiers à bas coût. Au-delà des 35 000 collaborateurs du secteur, ces questions intéressent toutes les prestations intellectuelles, soit 500 000 personnes », insiste Hervé Baculard.

ETI et État : deux pistes de croissance

Consult’in France plaide par ailleurs pour que l’État recourt davantage aux prestations de conseil. « L’État français est en retard dans sa transformation par rapport à tous les autres États européens. Il faudrait retravailler ses missions avant de penser réduction des coûts ; or le rôle du consultant est d’éclairer sur les projets, sur la mission de la fonction publique en France. L’ensemble des pouvoirs publics dépense aujourd’hui 500 millions d’euros ; pour se moderniser, il faudrait au moins le double. » Pour accroître la demande de conseil en France, l’association professionnelle compte plutôt sur l’accès aux ETI (entreprises de taille intermédiaire). « Il existe aujourd’hui un coût d’accès à ces 4 500 entreprises françaises. Il existe des aides à l’export, à l’innovation, mais elles se limitent aux procédés et ne concernent pas le conseil. »

Porter un tel discours dans un secteur où les cabinets jouent traditionnellement perso est le fruit des deux mandats d’Hervé Baculard à la tête de Consult’in France. « Il faut arriver dès le début avec un projet et une équipe – en l’occurrence Olivier Marchal de Bain, Emmanuel Monnier de Kurt Salmon, Christian Nibourel d’Accenture... Puis, il s’agit d’emmener chacun dans une dynamique propice à impulser de nouvelles choses. Nous venons par exemple de lancer un challenge étudiants, nous avons institué un prix de la recherche en management, un baromètre des achats de conseil... », se félicite Hervé Baculard. Et si l’homme a visiblement pris plaisir aux deux mandats exercés à la tête de Consult’in France, il envisage avec la même satisfaction ce qu’il entreprendra lorsqu’ils prendront fin, en juin 2016.

Gaëlle Ginibrière

 

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Hervé Baculard Olivier Marchal
2021-11-09 11:16:11
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