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Photo LemarchandLaurent Lemarchand avait fait du secteur de la santé son choix d’orientation lorsqu’il sort de l’X en 2008. L’actualité, la crise financière et ses répercussions sur le secteur de l’industrie médicale lui auront montré une autre voie, le conseil : douze ans chez CVA – Corporate Value Associates.

Depuis six mois, Laurent Lemarchand a pris un tout autre chemin, celui de l’agriculture. Avec son premier secteur, la santé comme pierre angulaire… Parcours atypique de ce partner devenu agriculteur.

S’il est un adage qui correspond bien à ce consultant, parti de Corporate Value Associates il y a quelques mois seulement, c’est bien « tous les chemins mènent à Rome ». Dès le départ, Laurent Lemarchand voulait s’engager dans le domaine de la santé ; il y revient d’une certaine façon, dix-huit ans plus tard, en se réorientant vers l’agriculture. Destinée ou pas… Sa mère et ses frères travaillent tous dans les secteurs voisins de l'alimentation, la santé et le service aux personnes.

Il entre à Polytechnique en 2004, avec une dernière année de spécialisation en alternance à Oxford (MS Business Administration and Management) dans une entreprise de ce secteur, GE Healthcare à Londres, leader mondial dans le domaine des technologies médicales et des sciences de la vie.

Le conseil, au hasard d’une rencontre

Pourtant, en 2008, la poursuite de cette orientation s’avère compliquée dans le contexte de la crise financière mondiale qui met au régime les industries de la santé, parmi d’autres. « Chez GE, j’ai travaillé pour un ancien partner du conseil, un Suédois, qui m’a séduit et convaincu de tenter l’aventure. » Il postule alors dans une demi-douzaine de cabinets à Paris, comme McKinsey, où il met rapidement fin au process de recrutement trop rigide. « Je travaillais alors à Londres et ils avaient des créneaux de recrutement trop stricts. »

Au final, trois cabinets sont prêts à l’embaucher, dont Corporate Value Associates qu’il dit avoir choisi avant tout « pour sa taille humaine, une affinité immédiate avec les équipes, ses missions internationales, et son système basé sur la méritocratie, assez rare ».

Dans son cas, la méritocratie à la CVA paie vite : rentré chez CVA en 2008 comme junior, Laurent Lemarchand est nommé partner sept ans plus tard. Une ascension remarquable qu’il dit devoir aussi aux « managers et partners avec qui j’ai travaillé et qui m’ont fait confiance, Antoine Ramspacher, Benoît Pons, Carole Ott, François Bories, et surtout à Paul-André Rabate qui a toujours cru en moi ».

Matières premières

Et son appétence internationale va être comblée très rapidement. Après une formation initiale de trois jours, il est missionné au Maroc, pour dix-huit mois, au service de l’Office chérifien des phosphates, aux côtés d’une équipe d’une dizaine de consultants. Une mission marquante qui, à ses yeux, a conditionné la suite de sa carrière. L’OCP est, en effet, l’un des leaders mondiaux des engrais phosphatés, matière première indispensable à l’agriculture… Après cette première longue mission, le junior revient en France pendant six mois pour la Société Générale, avant de repartir vers le secteur des matières premières et parcourir le monde : Nouvelle-Calédonie, Indonésie, Moyen-Orient, Canada, Brésil, Tunisie, Israël, Russie. « Sur les douze années chez CVA, j’ai passé dix ans à voyager pour quelques clients accompagnés dans l’ensemble de leurs projets. »

Vocation agricole

En 2010, le consultant devient parallèlement cogérant, avec l’un de ses frères, d’une exploitation agricole en Normandie, berceau familial, où ils cultivent blé, orge, colza sur 60 ha. Sa spécialisation dans le marché des engrais et de l’agriculture intervient en 2013 au sein de CVA.

« Les deux partners en charge de l’industrie des matières premières du cabinet étant partis, CVA nous a donné à trois jeunes managers, avec Olivier Vitoux et Julien Revellat, l’opportunité de prendre en charge cette practice, chose impensable dans d’autres cabinets. Nous étions sous la responsabilité directe du président de CVA, Paul-André Rabate. Au cours de la même année, nous l’avons divisé en deux : Mining dont Olivier Vitoux était responsable, et Agriculture & Fertilizers, dont Julien Revellat et moi avons pris les rênes, et qui a évolué en AgriFood Transition en 2016. Pari gagnant. Nous sommes allés chercher des clients très loin. Des clients nous ont fait confiance d’abord sur de petits projets puis sur des gros. »

Laurent Lemarchand travaillera ainsi six ans pour l’industrie de production et de distribution d’agrofournitures et deviendra le manager de la plateforme AgriFood Transition de CVA. Nommé partner en 2015, il commence à se poser la question de ses perspectives professionnelles sur le moyen terme. « Prendre encore plus de responsabilités dans la gestion du cabinet, partir dans d’autres cabinets, ou rejoindre l’industrie ? J’étais aussi une semaine sur deux en déplacement, un choix devenu incompatible avec ma vie de famille. Je trouvais qu’il était temps pour moi de me mettre au service des acteurs économiques français. » Alignement des planètes… Il a la possibilité de conjuguer l’ensemble de ses problématiques professionnelles et familiales.

L’appel de la terre

En septembre dernier, il saute le pas en rejoignant un groupe coopératif agricole et agroalimentaire rouennais, NatUp. Un choix qu’il ne fait pas par hasard. Cette coopérative, nouvelle génération, est le leader français de l’agriculture de précision, un principe qui couple agronomie et technologies (géomatique, informatique, électronique) et agronomie et apporte aux agriculteurs des solutions permettant l’amélioration des performances économiques et environnementales des productions. « C’était également l’occasion de me rapprocher de ma terre natale. »

Responsable de l’innovation et du développement, Laurent Lemarchand met aujourd’hui ses compétences, engrangées comme consultant dans le secteur, au service du développement et de l’accompagnement à la nécessaire transition de l’agriculture nationale. « Il existe de grandes similitudes entre mon métier d’hier et celui d’aujourd’hui : le portefeuille de projets, la mise en place de méthodes et d’approches, l’engagement de résultats. Mais la première différence majeure, et la complexité première de ce nouveau métier, c’est de devoir prendre des décisions et de les exécuter. » 

Retour aux sources

L’ancien consultant avoue déjà regretter certains aspects du métier, la compétence des personnes avec qui il travaillait au quotidien, « cet alignement de pensée qui fait que tout va très vite, que l’efficacité est immédiate. Les profils multiples, et les méthodes de travail au sein d’une entreprise peuvent être un frein face à l’efficacité permanente du conseil ».

Une certaine frustration donc pour le nouveau dirigeant qui reconnaît quand même que « vis ma vie de client, c’est quand même hyper enrichissant ! ». Et c’est bien dans l’agriculture qu’il sent avoir trouvé sa voie et retrouvé, quelque part, sa mission première, la santé. « Il existe deux secteurs essentiels à notre survie, l’agriculture et le médical. Lorsqu’on revient à l’essentiel, qu’y a-t-il de plus important que de bien manger et d’être en bonne santé ? On le vit aujourd’hui à travers la grave crise sanitaire que nous traversons. Et puis, l’agriculture est en train de vivre sa 4e révolution, de rupture, celle de la transition numérique et écologique, où le consommateur est à nouveau acteur de ses choix de consommation. » Participer à la transformation du secteur agricole pour permettre aux consommateurs de manger des produits sains et plus vertueux, et donc d’améliorer leur santé. La boucle est bouclée…

Barbara Merle pour Consultor.fr

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