Ma plus belle mission : « Rien ne sert d’avoir la meilleure idée au monde, si l’on est incapable de la délivrer de façon efficace » - Grégoire de Vogüé

« Cette mission que j’ai réalisée à la fin de ma première année au BCG, alors que j’étais encore consultant, a cristallisé beaucoup d’enseignements sur le conseil en stratégie », se souvient Grégoire de Vogüé.

Un acteur de l’immobilier vient de fusionner avec un autre groupe et après un premier projet visant à redéfinir le nouvel organigramme commun, il s’agit de revoir totalement le positionnement d’une business unit spécialisée dans la gérance d’immeuble et le syndic de copropriété.

04 Mar. 2015 à 23:03
Ma plus belle mission : « Rien ne sert d’avoir la meilleure idée au monde, si l’on est incapable de la délivrer de façon efficace » - Grégoire de Vogüé

« Avec un principal et deux consultants juniors, nous avions trois mois pour établir le plan de relance de l’activité autour d’une nouvelle stratégie commerciale et business et optimiser les modes de fonctionnement. Nous avons passé beaucoup de temps sur cette dernière partie, car les employés travaillaient de la même manière depuis des années et avaient besoin d’un œil neuf».

Le contexte était idéal puisque les dirigeants comme l’équipe avaient une vraie appétence à être accompagnés

« La business unit étant à taille humaine (1 000 employés), nous sommes intervenus sur l’ensemble du périmètre, du business development à l’efficacité opérationnelle en passant par les process et nous avons eu accès à presque tous les dirigeants. Ce qui a été une véritable chance pour comprendre les jeux politiques, les sensibilités des uns et des autres et anticiper d’éventuelles oppositions », commente Grégoire de Vogüé. Une hotline, faisant office de mini-front office, a été créée pour traiter 80 % des demandes des clients, permettant aux fonctions supports (regroupées en 4 ou 5 centres régionaux) de se recentrer sur leurs activités. « Mon expérience au BCG m’a appris que la façon de délivrer un message est essentielle dans le conseil : rien ne sert d’avoir la meilleure idée au monde, si l’on est incapable de la délivrer de façon efficace, c’est-à-dire dans un schéma de pensée qui va être celui du client », souligne l’ancien consultant. Certaines missions demandent de déployer une énergie folle à convaincre le client. Rien de tel dans ce cas-là. « Le client était vraiment moteur pour évoluer et nos préconisations ont été bien accueillies. J’ai apprécié de travailler dans cet environnement ouvert et coopératif. Tous les consultants qui sont intervenus chez ce client, à ce moment-là ou plus tard pour mettre en œuvre les préconisations, en ont gardé un souvenir agréable », assure Grégoire de Vogüé. C’est aussi cette adhésion du client qui explique que la réorganisation de la business unit ait été mise en œuvre dans un temps assez court, avec des premiers résultats en moins de six mois. « Des délais plutôt rares. Or c’est très satisfaisant de constater l’impact de ses recommandations », poursuit-il.

La qualité relationnelle avec le client s’accompagne aussi d’une complicité avec l’équipe de consultants

« À cette occasion, le principal a pris le temps de me former dans une logique de compagnonnage. Cette personne a cherché à investir et à me faire progresser. De ce point de vue, elle fait partie de ceux qui m’ont le plus marqué ». Pour lui, cette mission est aussi la première occasion de travailler avec des consultants moins expérimentés et de les guider dans le métier. « J’attache depuis cette expérience une très grande importance à ces aspects de transmission de la connaissance et des savoirs. Dans le cadre de mon expérience suivante chez Ares & Co, j’ai passé beaucoup de temps à former les équipes. Et cela m’anime toujours », assure-t-il.

Gaëlle Ginibrière pour Consultor.fr

Biographie express

Diplômé de HEC et d’un master de droit et finances en 2001, Grégoire de Vogüé débute chez Deloitte & Touche juridique et fiscal (devenu Taj) dans les prix de transfert. Il suit en parallèle la formation de l’école du barreau. Recruté en 2006 par le BCG, il s’initie au conseil en stratégie avant de rejoindre les créateurs d’Ares & Co quatre ans plus tard. En février 2014, il intègre à nouveau l’activité prix de transfert de Taj, en tant qu’associé.

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