Le Syntec anticipe une croissance du conseil plus molle en 2024
Une croissance de 12 % en 2023 et des prévisions 2024 à + 8 % : le conseil en stratégie résiste, mais ralentit selon l’étude de marché annuelle de Syntec Conseil.
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Le verre à moitié plein ou à moitié vide : voilà comment ces résultats peuvent être appréciés, avec une croissance certes à deux chiffres en 2023 – mais il faut y inclure l’inflation – et une hausse plus faible qu’en 2022 où la progression avait atteint 15 %. D’où la prudence affichée par David Mahé, le président de Syntec Conseil depuis juillet 2023. « Le conseil en stratégie et management continue à se développer, mais on observe un ralentissement que ce soit par année –, 2022, 2023, et les prévisions 2024 – ou en tendance. »
Toutefois, parmi les métiers du conseil en général, la stratégie et le management restent des locomotives. En effet, la croissance n’atteint que 2,5 % pour les études et le conseil en évolution professionnelle, quand elle chute de 10 % dans le conseil en recrutement. Si l’on remet en perspective, de 2018 à 2023, le marché du conseil, toutes activités confondues, a crû de 32 %.
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Après des exercices 2021 et 2022 marqués par un fort rattrapage post-covid, les compteurs de l’activité refroidissent, et avec eux les recrutements marquent le pas et changent de nature.
Dans les cabinets, le moral s’assombrit un peu
L’avenir s’annonce en effet moins florissant. En 2024, la Banque de France prévoit un taux de croissance globale de + 0,8 %. Dans le conseil en stratégie, une croissance de 8 % est donc anticipée par les répondants de l’étude de Syntec Conseil – nettement au-dessus de la croissance globale. Ils déclarent miser sur une « réaccélération durant le 4e trimestre 2024 », sans lien avec un éventuel « effet JO » selon David Mahé. Sur cette « réaccélération » envisagée lors des derniers mois de l’année, il convient de rappeler que le recueil des réponses a eu lieu avant l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale le 10 juin dernier.
Quant aux prévisions de recrutement, elles sont en baisse : en 2024, le taux de croissance des effectifs devrait se situer autour de 5 % dans le conseil en stratégie (dont 58 % de nouvelles recrues), alors qu’il était de 7 % en 2023. « Il peut y avoir, dans certains cabinets, des stratégies plus offensives de limitation des effectifs, mais, au niveau de la profession en général, on observe une hausse plus limitée et non un recul ». La rationalisation des coûts est par ailleurs au programme de nombreuses entités de conseil.
Dans ce contexte, le moral des dirigeants et des équipes se dégrade, avec une note de 6,6 sur 10 contre 7,6 précédemment. Quant à leur « confiance en l’avenir de la société », elle s’élève à 7,5 sur 10 - contre 8,1 lors de l’édition 2022-23 de l’étude.
L’industrie comme secteur fort pour le conseil en stratégie en 2023 - et la tonicité des projets liés à l’IA et à la durabilité
L’industrie représente à elle seule 30 % de l’activité des cabinets, ce qui constitue un changement par rapport aux années précédentes. De nombreux projets de développement et d’implantation, de nouvelles industries ou technologies sont lancés. Les sujets de productivité et de performance restent prédominants pour le conseil en stratégie alors que l’activité économique globale se contracte. On observe également une belle dynamique des demandes dans les transports et l’énergie. À l’inverse, les services financiers accusent une baisse.
Du côté des projets liés à l’IA, David Mahé souligne le passage « de la question de la technologie à celle des usages. Les clients du conseil se demandent comment mobiliser l’IA pour transformer et améliorer les entreprises. ». Cela génère un volume de sollicitations en hausse auprès des cabinets de conseil et d’études, qui est désormais évalué à 7 % en moyenne du total des demandes.
Autre sujet qui booste le conseil en général, la durabilité, 16 % de l’activité y étant dédiée. « Les questions d’impact et de responsabilité sont à l’agenda des dirigeants », témoigne David Mahé. Le ralentissement perçu en la matière dans le monde anglo-saxon n’est apparemment pas relevé en France, sans doute en raison « de l’application de la CSRD [la directive européenne Corporate Sustainability Reporting Directive, ndlr] ou de la mise en œuvre de politiques de compliance », selon le président de Syntec Conseil.
En contrepoint : une dissolution qui sème le trouble dans l’univers du conseil en stratégie…
… comme ailleurs dans la société.
David Mahé le confirme, « les acteurs économiques n’aiment pas l’incertitude, au niveau fiscal comme social ou géopolitique. La période qui s’ouvre n’est donc pas bonne pour les affaires ». Par ailleurs, les résultats des élections pourraient avoir un impact majeur « sur les investissements si certains fondamentaux devaient être remis en cause ». Le président du syndicat professionnel cite à cet égard « la stabilité du coût du travail et la visibilité sur les conditions » dans lesquelles le monde du conseil peut exercer ses métiers. « La confiance des acteurs économiques » fait aussi figure de facteur clé.
Pour les dirigeants d’entreprises comme pour les acteurs du conseil, « cette période crée de l’inquiétude. La séquence qui s’ouvre ne prête pas à la sérénité ». D’où les prises de parole à venir de Syntec Conseil. « Nous rappellerons que ce sont les entreprises qui créent des emplois et que l’industrie de la connaissance, dont relèvent nos professions, apporte de la mobilité sociale, dynamise les territoires et permet de développer une société décarbonée tout en accompagnant la réforme de l’État. » Sans oublier la nécessité pour l’économie française « d’évoluer au sein d’une Europe forte ».
Des prises de parole qui relèvent de la responsabilité économique, sociale et sociétale d’un acteur tel que Syntec Conseil selon son président.
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