Après Telefónica, le BCG perd un second compte clé en Espagne
Le nouveau président d’Indra vient de remplacer le BCG par McKinsey.
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Selon El Confidencial, McKinsey se voit confier la révision du plan stratégique du groupe de défense.
Le patron récemment nommé arrive avec ses consultants
Cette « réattribution » intervient dans un contexte de recomposition de la gouvernance d’Indra. Devenu président en avril dernier, Ángel Simón a choisi de solliciter McKinsey, un cabinet avec lequel il avait déjà travaillé lorsqu’il dirigeait le groupe de services aux collectivités Agbar.
Plusieurs réunions ont d’ores et déjà eu lieu entre Ángel Simón et David González, un senior partner de McKinsey à Madrid spécialisé dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. Celui-ci pilote la réflexion stratégique appelée à remplacer ou réorienter le plan « Leading the Future », élaboré avec le soutien du BCG.
Depuis 2022, le cabinet occupait une place centrale dans la définition de la stratégie d’Indra. Et les équipes dirigeantes précédentes travaillaient déjà sur la deuxième phase de ce plan, initialement attendue au printemps 2026. Le nouveau président a toutefois décidé de suspendre les travaux afin de le réexaminer avant une présentation prévue à l’automne.
Indra, un champion national de la défense sous influence de l’État
Le groupe Indra, qui développe des radars, des systèmes de commandement militaire, des solutions de cybersécurité ainsi que des technologies de gestion du trafic aérien, est l’un des principaux acteurs européens de la défense, de l’espace et des technologies souveraines.
En 2025, son chiffre d’affaires a atteint 5,5 milliards d’euros. Le groupe emploie 62 000 personnes dans le monde.
Indra fait figure d’actif stratégique pour l’État espagnol. Son principal actionnaire est aujourd’hui la holding publique SEPI (Sociedad Estatal de Participaciones Industriales), à hauteur de 25 à 28 % selon les sources.
Cette dimension souveraine s’est encore renforcée ces derniers mois, au gré des tensions entre le gouvernement espagnol et l’ancienne direction du groupe autour de plusieurs opérations stratégiques (dont l’intégration avortée du groupe industriel espagnol de défense EM&E).
Après Telefónica, un nouveau revers pour le BCG en Espagne
Fin 2025, l’opérateur télécom – dans lequel l’État espagnol est présent via la SEPI à hauteur de 10 % du capital – avait mis fin à une collaboration évaluée à plus de 6 millions d’euros après l’accueil défavorable réservé par les marchés financiers à son nouveau plan stratégique.
Le BCG, dirigé en Espagne et en Amérique du Sud par Luis Barallat, avait pourtant mobilisé d’importants moyens sur ce projet : selon El Confidential, 27 groupes de travail, réunissant 182 professionnels, dont 154 experts externes – majoritairement issus du cabinet –, avaient participé à l’élaboration de la feuille de route. Alors que les consultants restent souvent impliqués dans le suivi de l’exécution des plans stratégiques qu’ils contribuent à concevoir, Telefónica avait choisi de ne pas prolonger la mission.
À noter que le BCG avait, au préalable, repris le compte Telefónica à un certain… McKinsey, qui était son conseiller historique.
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Selon le média espagnol en ligne El Confidencial en date du 7 avril, le géant espagnol des télécoms a sollicité le BCG pour l’accompagner dans l’élaboration de sa stratégie.
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