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C'est une information du Monde. Le parquet de Paris a été saisi jeudi 17 janvier par le député (LR) d’Eure-et-Loir Olivier Marleix, ancien président de la commission d’enquête parlementaire créée fin octobre 2017 sur « les décisions de l’État en matière de politique industrielle ».

Pour le député, la procédure de contrôle des investissements étrangers en France a été « contournée » par la présidence de la République à l’époque de la vente à GE. Il émet l’hypothèse, dans le cadre de la vente de la branche énergie d’Alstom à GE, d’un possible « pacte de corruption » (c’est le terme qu’il emploie), au bénéfice du ministre de l’Économie en poste lors de la signature finale du rachat, le 4 novembre 2014.

Le député écrit au parquet que lors de l’audition de David Azéma, ancien directeur général de l’Agence des participations de l’État (APE), la commission d’enquête a découvert l’existence d’une étude commandée par l’APE au cabinet de conseil en stratégie A.T. Kearney le 23 octobre 2012 dans le cadre « d’une procédure d’urgence, et avec mention du secret ».

La commande passée au cabinet évoquait le souhait du groupe Bouygues de céder sa participation au capital d’Alstom et lui demandait d’évaluer « les avantages et inconvénients résultant d’un changement d’actionnaire pour l’entreprise ». Comme le précise plus loin dans sa lettre Olivier Marleix, « l’audition de Laurent Desmarets, senior partner chez A.T. Kearney, a permis de confirmer que la commande […] reposait bien sur une information précise relative à l’intention de Bouygues, actionnaire de référence, de vendre ».

Selon le député, le client d'A.T. Kearney connaissait donc les intentions de Bouygues, et n’a pas jugé bon d’en avertir le ministre de l’Économie. « Les informations recoupées en ma possession, poursuit dans son courrier Olivier Marleix, m’ont permis de considérer que l’auteur de cette commande était le secrétaire général adjoint de la présidence de la République de l’époque [Emmanuel Macron], qui a joué un rôle personnel actif et déterminant sur ce dossier. »

Ce qui laisse entendre qu'Arnaud Montebourg, ministre de l’Économie en poste au moment où l’annonce de la vente a été rendue publique (début 2014), aurait été « court-circuité » à l'Élysée par Emmanuel Macron. Et laisse entendre aussi que la campagne d'Emmanuel Macron aurait pu être avantagée par les nombreux bénéficiaires (banquiers, avocats, communicants) du rapprochement autorisé le 5 novembre 2014 par l'ancien ministre de l'Économie.

Arnaud Montebourg tout comme Emmanuel Macron ultérieurement ont indiqué avoir appris les négociations entre Alstom et GE par une dépêche de Bloomberg le 23 avril 2014Début 2014, Arnaud Montebourg avait lui-même sollicité les conseils d'un autre cabinet de conseil, Roland Berger, sur la situation d'Alstom. 

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Crédit photo : Alstom, Bloomfield CT, 7/2014 Pics by Mike Mozart of TheToyChannel and JeepersMedia on YouTube. 

CC BY 2.0

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