Santé-pharma : Cepton reprend son indépendance
Après s’être rapproché du cabinet néerlandais Vintura en 2022, Cepton Stratégies entame un nouveau chapitre avec une équipe dirigeante renouvelée.
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En tout début d’année, une opération capitalistique et managériale a, en effet, acté un pilotage à trois têtes du cabinet – Matthias Bucher, Camille Bertin et Maxime Bourdon en devenant les gérants.
La cession à Vintura, impulsée dans un contexte de transmission
Le fondateur Jean Reboullet avait alors fait le choix d’un adossement à un acteur international plutôt qu’à un fonds, avec l’objectif de soutenir la croissance et de préparer « l’après ».
Quatre ans plus tard, l’opération – qui avait fait de Vintura l’actionnaire majoritaire de Cepton – a donc été stoppée, actant un changement de gouvernance et la sortie de Cepton du périmètre du groupe auquel appartient Vintura. A savoir : l’allemand PharmaLex, lui-même acquis par l’américain Cencora début 2023.
L’indépendance du cabinet, pensée comme levier d’attractivité
Pour les nouveaux dirigeants, ce retour à l’indépendance répond d’abord à une logique de développement. « Nous avons l’ambition de faire de Cepton un leader européen du conseil en stratégie dans la santé. »
Pour y parvenir, les trois associés ont très rapidement été convaincus qu’un cadre plus autonome serait nécessaire. « Nous voulons une offre, une structure et une proposition de valeur qui soient le plus attractives possible pour recruter des talents en France et en Europe », indique Matthias Bucher.
Un terme « talents » qui englobe les associés, « lesquels pourront être présents au sens capitalistique du terme » ainsi que des profils plus juniors, « sensibles à la possibilité de s’inscrire dans un projet de long terme avec une forme de contrôle sur leur trajectoire », complète Camille Bertin.
L’indépendance répond aussi à un enjeu de positionnement vis-à-vis du marché. « En reprenant notre indépendance capitalistique, nous sommes de facto totalement indépendants dans nos recommandations stratégiques », souligne Maxime Bourdon, évoquant la nécessité d’éviter toute ambiguïté dans un secteur où les interactions entre acteurs sont nombreuses.
Un partenariat maintenu avec l’ancien actionnaire
La séparation capitalistique ne signifie pas pour autant une rupture totale avec Cencora. Cepton conserve en effet « un partenariat commercial » avec son ancien actionnaire.
« L’idée était de conserver cette relation, qui a bien fonctionné ces dernières années », explique Camille Bertin. « Nous avons ainsi le meilleur des deux mondes : l’indépendance, et l’accès à un réseau global, en tout premier lieu aux Etats-Unis », résume Matthias Bucher.
Les discussions ayant conduit à cette organisation se sont étalées sur plusieurs mois. Les associés insistent sur leur caractère non conflictuel. Selon Camille Bertin, « chacun y a trouvé un intérêt et le schéma a été construit progressivement ».
« Une lecture globale » de l’écosystème
Cepton intervient auprès de trois grands types d’acteurs : « les acteurs Life Sciences au sens large – big pharma, acteurs globaux se développant dans les Life Sciences –, les mid-size – biotech, medtech, pharma, consumer health, CDMOs, CROs, et autres sous-traitants, services de soins – et les fonds d’investissement, à raison d’une activité également répartie entre ces trois types d’acteurs ».
Une ambition de croissance affirmée
À Paris, 37 profils sont visibles sur LinkedIn – ce qui correspond au nombre actuel de collaborateurs. « Nous comptons doubler de taille à horizon 5 ans », indiquent les nouveaux dirigeants. Et le levier de recrutement est déjà actif, « avec cinq personnes intégrées depuis trois mois ».
Au-delà du volume, les associés mettent en avant la diversité des profils recherchés : à la fois « des profils spécialisés en santé ou en biomédical et des consultants issus d’écoles de commerce », ce qui reflète le positionnement du cabinet.
A l'international, le cabinet s’appuie aujourd’hui sur « un réseau d’experts, dont trois hubs avec lesquels les équipes collaborent étroitement – à savoir les bureaux de Munich, Boston et Shanghai du cabinet Vintura ».
Si ces collaborations se traduisent essentiellement par « du partage de ressources sur les missions », l’ambition à terme est de développer des parcours internationaux plus structurés, incluant des mobilités temporaires entre bureaux.
Une nouvelle génération aux commandes de Cepton
La nouvelle gouvernance est composée d’associés du cabinet dont certains ont effectué l’intégralité de leur carrière chez Cepton.
C’est le cas de Matthias Bucher, qui a rejoint le cabinet en 2011 : devenu partner en 2023, il a pris la direction de Cepton pour la France l’année suivante. Ingénieur de formation (ISMANS 2010), il est aussi titulaire d’un master de l’ESSEC obtenu l’année d’après.
Même configuration pour Camille Bertin, qui a rejoint Cepton en 2014, avant d’être élue partner en 2023. La nouvelle co-gérante est, pour sa part, diplômée de l’ESSEC en 2012.
Quant à Maxime Bourdon, il a rejoint Cepton en 2017 après plusieurs expériences entrepreneuriales, accédant au grade de partner en 2023. Un autre profil d’ingénieur, diplômé de l’ESME en 2005 et titulaire d’un master de l’ESSEC obtenu en 2006.
Collaborant « étroitement avec les autres associés du cabinet et les membres clés de l’équipe », chacun revendique, à titre personnel, « une forte croyance dans l’équipe et dans sa capacité à construire quelque chose ensemble », piloter le développement d’un cabinet s’avérant « très stimulant ».
Sachant que, parmi les critères de succès qu’ils prennent en compte, il y a aussi le fait « que les gens progressent chez Cepton – intellectuellement, en termes de méthodes, de savoir-faire – et qu’ils viennent au bureau en étant contents de travailler ensemble ».
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