Roland Berger se renforce auprès de l’administration publique au Maroc

Le cabinet allemand Roland Berger a décroché un contrat de 5,4 millions de dirhams, soit 485 000 € environ, auprès de la Société nationale des transports et de la logistique, acteur public crucial dans le secteur des transports marocain.

Consultor
05 Déc. 2022 à 05:00
Roland Berger se renforce auprès de l’administration publique au Maroc
Port d’Agadir, Maroc en février 2020 © Adobe Stock/Sergey Kelin

Au Maroc, la Société nationale des transports et de la logistique (SNTL) est un opérateur historique et incontournable. La société, privée, mais détenue par l’État à 100 %, est un des principaux transporteurs routiers de marchandises du pays. Elle a aussi développé une activité de commissionnaire de transport, et gère le parc automobile de l’État. Or, la structure cherche à se réorganiser, et c’est Roland Berger qui a décroché fin octobre un contrat pour définir une nouvelle stratégie et restructurer la SNTL.

Le gouvernement souhaite en effet rationaliser la société. Après la dissolution de l’Office national des transports en 2004, la création de la SNTL devait permettre la libéralisation du transport routier. Mais la structure demeure dominante sur de nombreux marchés. Elle s’est aussi diversifiée en créant plusieurs filiales : un courtier, SNTL Assurances ; Logdev, qui se spécialise dans les infrastructures logistiques ; et SNTL Supply Chain, qui propose des services de stockage.

Cette nouvelle mission est attribuée alors que le rôle des consultants auprès des pouvoirs publics marocains suscite le débat. Un des principaux hebdomadaires marocains, Tel Quel, a ainsi consacré un dossier sur l’influence des cabinets en avril. Les montants des contrats sont notamment souvent critiqués, alors que le Haut-Commissariat au Plan marocain estime que 3,2 millions de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté ou la vulnérabilité suite à la crise du Covid.

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24/10/18
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C'est une information de La Lettre du Continent : le Boston Consulting Group (BCG) a récemment mis en demeure le ministère du Tourisme marocain de lui régler 5 millions de dirhams (459 000 euros), correspondant à son contrat de révision de la feuille de route touristique Vision 2020.

Attribué en 2016 au BCG, ce marché avait été aussitôt suspendu, et octroyé à Southbridge A&I, la société de conseil de Hassan Belkhayat, un membre du Rassemblement national des indépendants, deuxième force de la majorité gouvernementale au Maroc, dont fait également partie la ministre du Tourisme, Lamia Boutaleb.

Crédit photo : mhobl the busy market Prise le 22 avril 2018 CC BY-ND 2.0

Les cabinets occidentaux ont en effet très largement investi l’administration publique marocaine, ainsi que les sociétés contrôlées par l’État, telles que le très puissant groupe OCP, premier exportateur de phosphate au monde. Roland Berger ne fait pas exception. En mars, le cabinet avait par exemple décroché aux côtés de Mazars un appel d’offres du ministère de l’Économie pour établir un dialogue stratégique avec l’exécutif, dans le cadre de la réforme des entreprises publiques. En matière de transports, il avait aussi été embauché en 2016 par l’Office national des aéroports (ONDA) pour refondre son modèle économique. Et l’année précédente, le cabinet avait été sélectionné par l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) pour concevoir son plan d’action 2016-2020.

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Adeline
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Roland Berger
2022-12-02 07:41:00
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