Les impôts australiens et marocains de McKinsey (eux aussi) dans le viseur
Après que le parlement français a jugé anormal le niveau des impôts payés par McKinsey, en Australie et au Maroc, la fiscalité du cabinet apparaît également très en deçà des taux moyens.
Le Centre for International Corporate Tax Accountability and Research (CICTAR), un groupe australien de recherche sur la fiscalité des entreprises, s’est récemment ému du niveau d’impôt sur les sociétés acquitté par McKinsey en Australie.
Selon des chiffres du CICTAR rapportés par la presse australienne, sur les 850 millions de dollars de chiffre d’affaires atteint par le cabinet sur deux exercices fiscaux, 2019-2020 et 2020-2021, le cabinet n’aurait réglé un impôt sur les sociétés que de 1 million de dollars australiens.
En cause : les charges portées dans les comptes du cabinet au titre des services facturés par des entités internationales qui lui sont rattachées ont, elles, atteint 134 millions de dollars en 2019 puis 91 millions de dollars en 2020.
« Des transactions discutables vers des tierces parties à l’international permettent de soustraire aux obligations fiscales australiennes qui, ironiquement, paient les contrats que McKinsey continue à remporter », déclare le CICTAR.
Ce n’est pas la première fois que McKinsey est mis en cause sur ce sujet.
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La cour d’appel (Court of Tax Appeals) des Philippines a offert une belle victoire à McKinsey. Le cabinet se voit rembourser pour plus d’un million d’euros (57 millions de pesos philippins) au titre des années 2011 et 2012. C’est plus de la moitié des 97 millions de pesos initialement payés.
Au Maroc, un mois plus tôt, les médias marocains mettaient en avant les pratiques d’optimisation similaires du cabinet en ce qui concerne ses activités marocaines et africaines (le Maroc fait office de hub subsaharien). Sur les 287 millions de dirhams (environ 26 millions d’euros) de chiffre d’affaires de McKinsey au Maroc et en Afrique subsaharienne, le cabinet réglait cette année, sur un résultat négatif de 33 millions de dirhams, un impôt de 565 209 dirhams (soit environ 52 000 euros).
Et d’année en année, la logique est la même : des résultats imposables continuellement négatifs et ce alors que le cabinet établi au Maroc depuis 2004 a vu ses effectifs passer de 66 à 111 consultants entre 2016 et 2020, pour 8 partners.
En cause comme en Australie : des rémunérations de consultants venus de l’international en assistance du bureau marocain ainsi que des charges d’expertise qui sont refacturées au bureau et diminuent de manière significative son résultat.
Ce même mécanisme est mis en cause par le Sénat français au sujet de McKinsey dans son rapport sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques, rendu public le 17 mars 2022.
Les sénateurs regrettaient alors que le cabinet ait systématiquement présenté des résultats fiscaux négatifs par le mécanisme des prix de transfert – qui permet à une maison mère de refacturer à ses filiales des frais qui lui permettent d’arriver à un résultat négatif (relire notre article).
Une pratique dont s’est saisie la justice française : le parquet national financier (PNF) français indiquait le 6 avril avoir ouvert une enquête préliminaire du chef de blanchiment aggravé de fraude fiscale.
Australie, Maroc, France… mais aussi en Norvège, en 2015.
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