Arthur D. Little aux côtés de l’État belge dans le rachat du parc nucléaire d’Engie
Le gouvernement belge a choisi le cabinet de conseil pour l’accompagner dans les négociations visant à reprendre les activités nucléaires d’Electrabel, filiale locale d’Engie.
Une mission qui intervient alors que la Belgique redéfinit sa stratégie énergétique. Et le dossier est l’un des plus sensibles du moment : après avoir longtemps préparé sa sortie du nucléaire, le pays négocie désormais avec Engie le rachat de l’ensemble des activités nucléaires de sa filiale belge Electrabel, dans l’objectif de préserver et relancer son parc de réacteurs.
L’appui des consultants pour un dossier à plusieurs milliards d’euros
Le 24 juin, le Premier ministre belge Bart De Wever a confirmé devant la Chambre des représentants le recours à des consultants externes pour épauler l’État dans cette opération. Les négociations, qui doivent se dérouler exclusivement entre l’État belge et Engie, visent à aboutir à un accord d’ici octobre.
Selon le chef du gouvernement, cette opération nécessite « un très grand nombre d’équivalents temps plein devant disposer de connaissances très spécifiques ». Et c’est Arthur D. Little qui a été retenu pour la partie « stratégique et commerciale ».
Le gouvernement a, par ailleurs, confié les volets transactionnels à Rothschild & Co, les aspects financiers à KPMG et les questions juridiques au cabinet Eubelius, déjà mobilisé lors de l’accord « Phoenix » conclu en 2023 avec Engie.
La lettre d’intention signée le 30 avril entre l’État belge, Engie et Electrabel porte sur l’ensemble des activités nucléaires du groupe en Belgique : les sept réacteurs du pays, leurs filiales, les salariés, ainsi que les actifs et passifs associés, y compris les obligations de démantèlement et de gestion des déchets nucléaires.
Si les négociations portent notamment sur le financement du futur démantèlement et de la gestion des déchets – estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros sur un siècle, quelque 25 milliards d’euros étant actuellement consignés dans les fonds Hedera et Synatom –, elles visent aussi, à court terme, à suspendre le processus déjà engagé sur plusieurs installations, afin de préserver les options de relance du nucléaire belge.
Arthur D. Little se renforce dans ce secteur
La désignation d’Arthur D. Little s’inscrit dans un contexte d’optimisation de ses expertises dans l’énergie – dont le nucléaire –, en France a minima.
En novembre dernier, le bureau parisien du cabinet a ainsi recruté Grégoire de Belenet. Avant de s’engager dans le conseil en strat, le nouvel associé avait occupé plusieurs fonctions de direction au sein d’Areva et participé à de grands projets nucléaires – parmi lesquels l’EPR de Flamanville et le réacteur de recherche Jules Horowitz à Cadarache.
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Le coût des 6 futurs EPR2 français continue d’augmenter. Pour tester la robustesse des projections, l’État fait appel au cabinet Roland Berger, déjà intervenu sur ce dossier ultrasensible.
Quant à cette mission du cabinet de conseil en Belgique, elle intervient alors que le pays a profondément réorienté sa politique énergétique. Sous l’effet de la guerre en Ukraine, le Parlement belge a supprimé toute référence légale à une sortie du nucléaire en mai 2025, ouvrant la voie à une prolongation des réacteurs existants et à l’étude de nouvelles capacités de production.
L’opération en cours pourrait donc redessiner durablement le paysage énergétique du pays.
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