Arabie saoudite : Riyad bloque toute nouvelle mission de conseil
Le royaume aurait également gelé certains paiements dus aux cabinets occidentaux – jusqu’en juillet.
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Selon un article du Financial Times publié le 21 mai dernier, plusieurs dirigeants de cabinets présents dans le royaume indiquent que cette décision a été prise après le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. L’Arabie saoudite est pourtant moins impactée que ses voisins ayant redirigé les deux tiers de ses exportations de pétrole brut du Golfe vers sa côte sur la mer Rouge, et bénéficiant de la hausse du cours du baril.
Les mêmes sources indiquent que les ministères et acheteurs publics saoudiens auraient été informés qu’aucun nouveau contrat ne serait approuvé sans validation préalable du ministère des Finances.
Un ralentissement déjà engagé depuis plusieurs mois
Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs trimestres. L’Arabie saoudite a, ainsi, commencé à revoir le rythme et l’ampleur de plusieurs projets liés à Vision 2030, le vaste programme de diversification économique porté par le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Parmi les initiatives concernées figure Neom, la ville futuriste annoncée en 2017 et longtemps présentée comme la vitrine de cette transformation. McKinsey, le BCG et Oliver Wyman, notamment, avaient contribué à la conception du projet il y a plusieurs années.
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McKinsey aurait engrangé « plus de 130 millions de dollars d’honoraires en un an ».
Au-delà de ce projet pharaonique, le Financial Times évoque la volonté de Riyad de mieux contrôler ses dépenses publiques alors que le déficit budgétaire du royaume atteint son plus haut niveau depuis 2018. Selon le rapport budgétaire trimestriel du ministère des Finances saoudien cité par le FT, le déficit a atteint 126 milliards de riyals saoudiens au premier trimestre 2026, tandis que les dépenses militaires ont progressé de 26 %.
Le ministère saoudien des Finances a toutefois contesté l’existence de retards massifs de paiement. Il affirme que 99,5 % des factures auraient été réglées dans les délais contractuels depuis le début de l’année.
Un marché devenu stratégique pour le conseil occidental
Le Moyen-Orient, et plus particulièrement l’Arabie saoudite, représente depuis plusieurs années un relais de croissance majeur pour le secteur du conseil. Dès 2016, Consultor évoquait un marché saoudien du conseil dépassant potentiellement 1,3 milliard de dollars d’honoraires annuels, avec une croissance alors décrite comme la plus forte au monde. Les cabinets y ont considérablement renforcé leurs équipes au fil des années.
Un exemple : sur l’année 2023, le Moyen-Orient en général avait été « l’une des deux zones à la plus forte croissance » d’Oliver Wyman. Le CEO monde d’alors, Nick Studer, évoquait « une croissance généralisée dans le secteur public, en particulier au Moyen-Orient ».
Le ralentissement actuel ne signifie toutefois pas un arrêt des missions en cours. Les dirigeants interrogés par le FT indiquent que les projets déjà lancés continuent d’être exécutés. Certains estiment également que ce type de gel temporaire s’est déjà produit par le passé, notamment en 2024.
Reste que le contexte budgétaire saoudien évolue, alors que Riyad prépare l’Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football 2034. Ces derniers mois, le royaume a réduit certains engagements internationaux, notamment au sein du circuit de golf LIV, qui constituait pourtant l’une de ses opérations de visibilité très significatives.
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