L’administration Trump somme McKinsey, le BCG et Alvarez & Marsal de justifier leurs contrats fédéraux
D’autres consultants – AlixPartners, Ernst & Young et FTI Consulting – sont aussi dans le viseur de l’Administration générale des Services (GSA). Les cabinets ont jusqu’au 11 juillet pour fournir les informations demandées.
Selon une lettre de la GSA datée du 26 juin que le Wall Street Journal et Bloomberg News ont pu consulter, ces cabinets vont devoir prouver la valeur ajoutée de leurs missions et proposer des économies, dans le cadre d’un examen global des dépenses fédérales visant à réduire le recours aux consultants externes et aux prestataires technologiques.
L’objectif affiché de l’administration générale des services est « d’évaluer de façon critique quels engagements apportent une valeur réelle et des rendements démontrables aux contribuables américains, méritant donc un soutien externe ». Les autres engagements seront probablement internalisés pour garantir que le gouvernement fédéral agit « en gestionnaire responsable de l’argent des contribuables et évite les dépenses inutiles ».
« L’hypothèse de base » de la GSA est que « la plupart, sinon la totalité des services sous-traités ne sont pas essentiels aux missions des différentes agences fédérales ».
Les cabinets de conseil doivent fournir « un aperçu complet de leurs engagements fédéraux, y compris les modèles de dépenses et les structures de prix pour tous les accords actifs et historiques ».
McKinsey veut démontrer « la valeur [que le cabinet apporte] à ses clients et au contribuable américain »
Le numéro 1 du conseil en strat mondial a déclaré « apprécier l’accent mis par le gouvernement fédéral sur la tarification basée sur les résultats, qui [correspond] à un modèle que [le cabinet adopte] souvent ».
Entre 2008 et 2025, le gouvernement fédéral et ses différentes agences se sont engagés à hauteur d’un milliard d’euros auprès du cabinet – sans que l’on puisse savoir combien McKinsey a effectivement perçu (idem pour les autres entités de conseil). Après un pic des dépenses envisagées en 2018 (142 millions de dollars), les recours ont progressivement diminué jusqu’à atteindre 55 millions de dollars en 2023, avant de remonter à 62 millions l’année suivante – et 15 millions en 2025 (à date).
Le BCG a, de son côté, décliné tout commentaire.
Depuis 2020 et l’alerte émise par l’Inspection générale de la GSA (avec annulation immédiate d’un contrat à échéances multiples), le cabinet a vu le volume de ses contrats fédéraux fondre comme neige au soleil. Si, entre 2008 et 2024, le gouvernement fédéral s’est engagé à hauteur de 848 millions de dollars auprès du BCG, rien n’a été acté pour 2025 à ce stade. Là où ses contrats devaient s’élever à près de 205 millions de dollars en 2020 et 176 millions l’année suivante, en 2023, ce n’était plus que 21 millions et, en 2024, un peu plus de 2 millions.
Pour Alvarez & Marsal, qui ne s’est pour l’instant pas exprimé sur le sujet, la situation est différente : les engagements du gouvernement fédéral à son égard – plus précisément de la GSA – s’élèvent à 119 millions de dollars en 2025. Depuis 2008, selon les données du site USAspending.gov, A&M (Federal) n’avait jamais été sollicité.
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L'administration des services généraux américaine (GSA), agence qui formalise et audite l’ensemble des contrats fournisseurs passés par les agences publiques fédérales américaines, vient une nouvelle fois d’alerter sur les coûts exorbitants de certains cabinets de conseil américains.
En 2025, au sein de la GSA l’examen des contrats de conseil est impulsé par son commissaire (nommé par Donald Trump) Josh Gruenbaum – « directeur » au sein du géant US du private equity KKR jusqu’en janvier dernier. Des économies de plus de 23 milliards de dollars dans le cadre de contrats pluriannuels auraient déjà été générées.
Un montant qui correspond grosso modo aux « propositions » faites, sous la pression, par d’autres géants du conseil en avril dernier. Accenture, Booz Allen Hamilton, Deloitte Consulting ou IBM notamment, ont identifié « jusqu’à 20 milliards de dollars d’économies » dans leurs contrats fédéraux moyennant des réductions de périmètres, voire l’arrêt de certains d’entre eux.
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