La cellule d’urgence de Bercy dédiée aux entreprises en difficulté en appelle aux consultants pour les deux prochaines années
En 2021, McKinsey et Roland Berger figuraient parmi les cabinets sélectionnés sur le volet Conseil en stratégie du précédent marché public « Repreneurs », Roland Berger ayant aussi été choisi pour des missions d’appui opérationnel. Qui va leur succéder ?
Ce nouvel accord-cadre porte sur « des prestations d’appui à l’administration, dans le cadre de restructurations et/ou de transformations d’entreprises ».
L’acheteur est le ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique - l’intitulé actuel de Bercy. Plus précisément au sein de la Direction générale du Trésor, c’est le Comité interministériel de Restructuration industrielle (CIRI) qui sollicite des consultants pour l’aider à prendre en charge le flot de saisines auquel il doit faire face, alors que le nombre de défaillances d’entreprises continue d’augmenter.
Au-delà de l’identification de repreneurs potentiels et de l’amélioration de certaines offres de reprise – visant la préservation d’emplois et d’activités –, un autre enjeu tient dans la sauvegarde « de savoir-faire stratégiques ».
Ouvert le 17 décembre 2024, l’appel d’offres sera clôturé le 28 janvier 2025.
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Une toile de fond économique plus que morose
Selon les données de la Banque de France, le nombre de défaillances d’entreprises cumulé a crû de 18,1 % en France sur les 12 derniers mois (données provisoires novembre 2024).
Les TPE-PME représentent plus de 99 % des 64 909 défaillances enregistrées à cette date – alors que les mesures exceptionnelles mises en place par le gouvernement durant la crise du Covid-19 ont pris fin. Bien qu’extrêmement faibles en répartition, les défaillances d’ETI et/ou grandes entreprises ont aussi augmenté (+ 3,4 % par rapport à novembre 2023 en données cumulées).
Dans un tel contexte, les agents du CIRI et les consultants pourraient se répartir la tâche, les premiers « se focalisant sur les plus gros dossiers » et les seconds, sur les ETI et PME. C’est du moins ce qu’expliquait à l’AFP l’un des associés seniors du cabinet Oneida Associés, retenu sur le volet Recherche de solutions de reprise ou de réindustrialisation en 2021.
Le nouvel appel d’offres « Repreneurs » est structuré comme celui de 2021 avec six lots, dont un dédié au conseil en stratégie, un à l’appui opérationnel et un à la recherche de solutions de reprise ou de réindustrialisation.
Un forfait probable parmi les précédents cabinets attributaires
McKinsey avait été sélectionné pour le lot Conseil en stratégie du précédent marché public, par le biais de sa filiale dédiée à l’excellence opérationnelle, Orphoz.
Sauf surprise, ce ne sera pas le cas en 2025 : le cabinet ne dispose plus de pôle Secteur public depuis le départ en octobre 2024 du partner Thomas London, qui avait succédé à Karim Tadjeddine sur ce segment tout en copilotant le pôle Santé pour l’Europe. McKinsey avait par ailleurs annoncé ne plus postuler aux appels d’offres publics depuis les conclusions du rapport sénatorial de mars 2022 et le déclenchement des procédures judiciaires qui visent le cabinet.
Parmi les autres cabinets choisis en 2021 pour ce lot, outre Roland Berger, on trouvait notamment PwC Advisory et EY Advisory.
Roland Berger s’était par ailleurs positionné et avait été choisi pour le lot Appui opérationnel. Advance Capital Transformation, PwC Advisory et deux groupements, Sia Partners & Altedia d’une part, Semaphores Expertise & Eurogroup Consulting France d’autre part, faisaient partie des autres cabinets sélectionnés.
Une enveloppe accessible de près de 2 millions d'euros pour les cabinets de conseil en stratégie
La valeur maximale du 5e lot, Conseil en stratégie, pourra atteindre 520 000 euros. Celle du 2e lot, Appui opérationnel, est nettement supérieure, à 1,2 million d’euros. La valeur maximale du 4e lot, Recherche de solutions de reprises ou de réindustrialisation – qui peut également intéresser les cabinets de conseil en stratégie, comme en témoigne la mission de Roland Berger chez Bosch Normandie, par exemple – est, elle, fixée à 200 000 euros.
Quant aux lots « non strat », les missions d’audit financier (1er lot) bénéficieront d’une enveloppe de 480 000 euros max, la recherche de financements (3e lot) de 200 000 euros max, et les missions d’appui juridique (6e lot) de 400 000 euros.
Chaque lot sera conclu pour 2 ans reconductibles deux fois pour une période de 12 mois chacune.
Les prestations attendues et les critères d’attribution
Les candidats retenus seront notamment conduits à revoir et analyser sous un autre prisme, voire à challenger des décisions prises par de grands groupes – et/ou l’État – sur l’avenir de certains sites.
Pour ce faire, ils devront procéder « à des analyses d’évolution du marché des entreprises concernées – en France, en Europe et dans le monde – et de la compétitivité des sites ». L’identification et la proposition « de scénarios alternatifs de réindustrialisation » font aussi partie des prestations attendues, tout comme « la cartographie des impacts de la fermeture des sites ».
Par ailleurs, les éléments de pondération relatifs aux critères d’attribution de ce marché public, identiques pour chacun des lots, ont évolué par rapport au précédent. Le prix et l’équipe pèsent désormais davantage : 75 %, contre 65 % en 2021.
Ainsi, le prix est pris en compte à hauteur de 45 %, sachant que le scénario de calcul n’est pas communiqué publiquement. Le poids de ce critère était précédemment de 40 %. L’organisation et les moyens humains interviennent ensuite à hauteur de 30 % (25 % lors du précédent marché public), suivis de la méthodologie d’accompagnement pour 20 % (25 % en 2021) et de la démarche de développement durable, prise en compte à hauteur de 5 % – 10 % précédemment.
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