En Arabie saoudite, l’ancien chef d'état-major britannique VRP de Kearney

C’est une information d’Intelligence Online : l’ancien chef d'état-major britannique, Nick Houghton intervient comme consultant du groupe de conseil Kearney en Arabie saoudite.

Consultor.fr
10 Jan. 2022 à 06:00
En Arabie saoudite, l’ancien chef d'état-major britannique VRP de Kearney
Wikimedia.

La mission de l’ancien général et membre de la Chambre des lords (chambre haute du parlement britannique) consiste à participer à la réforme de la garde nationale (SANG) du pays. Le but du contrat est d'intégrer au maximum ce corps d'armée, historiquement autonome, dans les structures du ministère de la Défense (voir l’article). 

Dans les déclarations d’intérêts du parlementaire auprès de la Chambre des lords, Nick Houghton déclare de nombreux mandats de président de conseils d’administrations ou de conseiller stratégique d’entreprises auprès de diverses organisations privées, notamment Kearney. Pour le cabinet de conseil, le lord indique recevoir des paiements directs pour des engagements contractuels de conseil auprès du ministère de la garde nationale de l’Arabie saoudite.

Comme nombre d’autres cabinets de conseil en stratégie, Kearney n’en est pas à ses débuts en Arabie saoudite. Kearney a également opéré ces dernières années une mission de conseil auprès de l'Armament & Contracts Review Committee (ACRC), l'entité chargée de revoir tous les contrats de défense passés par le royaume avec des groupes étrangers, indique encore Intelligence Online

Le royaume est même devenu un client très significatif pour certains cabinets : de deux missions en 2010, McKinsey en a conduit plusieurs centaines durant les années suivantes, rapportait le New York Times en 2018 (relire notre article).

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07/11/18
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Malgré le retrait de la quasi-totalité des dirigeants d'entreprise et des représentants d'États occidentaux lors de la 2édition du « Davos du désert », le forum économique organisé par l'Arabie saoudite du 23 au 25 octobre à Riyad, des journalistes sur place (comme ici) notaient la présence de quelques grandes marques internationales du conseil en stratégie, telles que le Boston Consulting Group ou McKinsey. Un signe parmi d'autres de la place croissante du pays dans l'activité globale de ces cabinets.

En quelques années, l'Arabie saoudite est devenue un pôle d'activité très important pour ces entreprises, selon une enquête publiée par le New York Times dimanche 4 novembre 2018. Et de citer un certain nombre de missions illustratives de cette tendance : de deux missions en 2010, McKinsey en a conduit plusieurs centaines durant les années suivantes, rapporte le quotidien américain, qui détaille aussi comment Booz Allen Hamilton est régulièrement intervenue auprès de l'armée saoudienne.

Par exemple, rapporte le journal, avant même que Mohammed ben Salman, le fils du roi Salman, n'ait été nommé ministre de la Défense en 2015, Joerg Hildebrandt, senior partner dans les Émirats arabes unis pour le Boston Consulting Group, entretenait une relation directe avec le prince. Ce dernier nommé ministre, le BCG obtient un premier contrat auprès du ministère de la Défense saoudite pour optimiser la gestion de ses fournisseurs et de son personnel.

En février 2016, ce sont des consultants de McKinsey et du Boston Consulting Group qui escortent cinq membres de la cour royale saoudienne auprès de différents think tanks de la capitale américaine Washington DC. En mars 2018, Booz Allen Hamilton, qui a contribué pendant des années à l'entraînement de la marine et de l'armée saoudienne, signe un mémorandum d'entente avec l'agence saoudienne en charge de la cybersécurité.

Crédit photo : The Future Investment Initiative (FII) by the Public Investment Fund of Saudi Arabia 26-10-17 (BreakingTravelNews CC BY-ND 2)

Autres exemples : le Boston Consulting GroupMcKinsey et Oliver Wyman ont contribué à la réalisation de 2 300 pages d'un document établissant les grandes lignes d'un projet appelé « Neom » (nouveau en grec et futur en arabe), une ville du futur à 500 milliards de dollars vers Sharma, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite ; Riyad s’est également tourné vers le BCG pour soutenir la possible candidature du pays à l’organisation de la Coupe du monde de football 2030 (relire notre article). 

En Arabie saoudite, Nick Houghton, qui est devenu consultant à son compte après qu’il a pris sa retraite de l’armée en 2016, intervenait également en soutien aux contrats de maintenance d'avions et d'hélicoptères que servait l’entreprise britannique Cobham pour la Royal Saudi Air Force depuis 2014. Depuis que Cobham a été rachetée par l’entreprise américaine Draken, où elle a été absorbée et renommée Draken Europe, Nick Houghton n’a pas interrompu ses missions de conseil : il continue à intervenir en faveur des contrats saoudiens de Draken.

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aéronautique - défense

Benjamin Solano
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Arabie saoudite, Nick Houghton, armement, armee, defense, draken
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