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Illustration-Universum36 578 étudiants sondés dans 157 écoles de commerce et d’ingénieurs entre septembre 2018 et février 2019 : le top 100 des entreprises les plus attractives en France en 2019 a été révélé par Universum.

Si le secteur attire a priori une proportion très stable d'étudiants en écoles de commerce et d’ingénieurs sondés chaque année par Universum sur l'employeur de leurs rêves, les marques phares reculent d’année en année. En cause notamment l’effet halo du digital et du luxe.

Depuis quatorze ans, le bureau français du groupe suédois Universum publie annuellement son classement des employeurs les plus attractifs. Parmi les points sur lesquels les étudiants sondés sont interrogés, on trouve : les objectifs les plus importants pour leur carrière, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, l’envie d’assumer un rôle de leader, avoir une carrière internationale… Et aussi : dans quel secteur aimeriez-vous travailler après l'obtention de votre diplôme ?

Dans l’ordre du top 5 des entreprises vues par les étudiants en écoles de commerce viennent en tête LVMH, L’Oréal, Google, Chanel et Apple. D’autres reculent : Michel et Augustin (de la 3place en 2018 à la 23place en 2019) et BlaBlaCar (de la 5place en 2016 à la 56place en 2019). Ne règnent donc en maître cette année que des représentants des deux secteurs les plus recherchés pour les étudiants des écoles de commerce.

« Nous voyons clairement que les entreprises du luxe et les Gafam sont les plus plébiscitées », explique Aurélie Robertet, managing director France et Benelux d’Universum. Côté ingénieurs, « les entreprises de l’aéronautique, de l’IT et les Gafam sont les priorités des étudiants », dit-elle. Airbus, Google, Thales, Safran, et Dassault Aviation apparaissent ainsi comme les entreprises préférées des élèves ingénieurs.

30 04 2019 Universum V2

Le conseil en stratégie reste le secteur le plus attirant...

Après l’attractivité des entreprises, l’enquête porte sur l’attractivité des secteurs. À la question, « dans quel secteur aimeriez-vous travailler après l'obtention de votre diplôme ? », 28 % des étudiants d’écoles de commerce répondent le domaine du management et du strategy consulting. Viennent ensuite l’aérospatiale et la défense, avec 20 %, et en troisième position, l’audit et la finance, à 15 %.

« En effet, un tiers des étudiants choisit d’abord le conseil en stratégie. Et ce taux reste très stable depuis quatorze ans. Ce qui est intéressant, c’est de voir la distorsion, unique en son genre, entre l’attractivité de ce secteur et celle des entreprises. Il y a dix ans, dix gros cabinets de consulting faisaient partie de la liste. » Aujourd’hui, trois seulement demeurent. Effectivement, McKinsey & Company est au 22e rang, le Boston Consulting Group au 26rang, Bain & Company, au 64e, et Roland Berger au 93e pour la sélection business. Chez les ingénieurs, seuls McKinsey et le Boston Consulting group sont présents, aux 46e et 47e positions.

« Je n’ai pas vraiment d’explications rationnelles. Est-ce que les étudiants savent bien de quoi il s’agit lorsqu'on évoque le conseil en stratégie ? Est-ce que lorsqu’ils choisissent ce secteur, ils ne vont pas vers de plus petites structures qui n’apparaissent pas dans nos listes ? Je ne saurais dire… »

... mais pas ses marques phares

Pourtant, la réalité est là. Les cabinets de consulting ne cessent de baisser dans le classement. En 2012, six cabinets étaient présents parmi les soixante entreprises élues en business, parmi lesquels McKinsey (11e), Boston Consulting Group (12e) et Bain (45e). Trois entreprises de conseil en stratégie étaient aussi les préférées des élèves ingénieurs : McKinsey (33e), BCG (37e) et Roland Berger (80e).

Pour la directrice management d’Universum, ce secteur reste pourtant bel et bien stable. L’explication de la chute dans le classement serait selon elle plutôt mécanique. « Si l’on constate une baisse de ces cabinets, c’est parce que d’autres entreprises sont en forte augmentation. Il y a un effet de bascule. » Et tous les stratèges ne sont pas logés à la même enseigne. « McKinsey et le BCG étaient restés très stables jusqu’en 2017, alors qu’ils chutent depuis deux ans. Bain, qui était au plus haut en 2013, est passé à la 64place. Roland Berger a connu l’une des plus grosses chutes, en passant de 55e en 2014 à 93e en 2019. »

La concurrence joue à plein entre les possibles employeurs et les entreprises doivent ainsi faire preuve d’imagination pour bien se vendre auprès d’étudiants de plus en plus exigeants. Les cabinets de conseil en stratégie ne sont pas des exceptions à la règle.

Par Barbara Merle pour Consultor.fr


aurelie robertet universumLa méthodologie du classement : trois questions à Aurélie Robertet, managing director France et Benelux d’Universum

Comment faites-vous évoluer les listes des 100 entreprises ?

C’est un vote assisté à partir d’une liste de 130 entreprises choisies. Nous observons une évolution chaque année, certaines entreprises entrent, d’autres, celles du bas du classement, sortent. Lorsque nous interrogeons les étudiants, nous leur demandons de nous nommer spontanément les entreprises émergentes à leurs yeux, les marques attractives. Il apparaît davantage de plus petites entreprises qui sortent du lot : Kusmi, Michel et Augustin, Parott… mais aussi, plus étonnamment, la marque de luxe Chanel chez les ingénieurs.

Qu’en est-il des écoles sélectionnées ?

C’est simple, ce sont celles qui sont le plus demandées par les entreprises du CAC 40. Ce sont les services carrières des écoles et les associations d’anciens élèves qui relaient notre enquête.

Que recoupe dans votre classement le secteur du conseil en stratégie ? Il semble assez large…

Effectivement, nous n’intégrons pas seulement les cabinets dédiés stricto sensu, mais également des entreprises à la croisée de domaines, comme Accenture, avec de la stratégie, du conseil, du digital, des technologies et de la gestion déléguée d’opérations, ou Wavestone, à la fois conseil en management et en digital. Par ailleurs, nous assistons à la multiplication d’entreprises développant des activités de conseil en stratégie, comme par exemple Siemens.

Quelle est, selon vous, la spécificité de ces dernières années ?

Il est essentiel d’analyser ces tendances en France dans un contexte économique de reprise et de relance des recrutements. C’est quasiment le plein emploi chez les cadres. Les jeunes sont chassés, les entreprises recrutent les étudiants avant la fin de leurs études. Et les étudiants le savent ; ils sont dans une situation de confiance où ils peuvent mettre en avant leurs priorités, leurs exigences, en particulier la rémunération et la performance. L’attractivité du poste est financière, mais aussi dans ce qu’il peut proposer de défi, de challenge intellectuel. Depuis quatre à cinq ans, nous voyons l’émergence d’un phénomène sociétal de quête de sens, même si cela reste encore secondaire dans le choix final : l’éthique, le respect de la parité, de la diversité, de l’inclusion, et un environnement social agréable.

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