Quels salaires pour les consultants en stratégie ?
Le secteur du conseil en stratégie d'entreprises brille par les niveaux de rémunération offerts à ses consultants (voir notre précédente étude en 2011).
Comptez au bas mot le double de la médiane française à bac +5 (30 k€ brut) en début de carrière et une progression astronomique qui pourrait vous faire atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros en seulement quelques années. Les contreparties (horaires, pression, compétitivité, exigence) sont nombreuses, mais la rémunération continue d'expliquer la très forte attractivité du secteur à la sortie des meilleures écoles de commerce et d'ingénieur.
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C'est le nerf de la guerre et l'une des premières raisons pour lesquelles le secteur attire tant les diplômés des plus prestigieuses écoles supérieures : la rémunération et la rapidité avec laquelle elle progresse.
Nous donnons dans cet article des estimations de rémunération d'un consultant à chacun des stades de sa carrière, pour les dix premiers cabinets du classement Consultor 2018*.
Nos chiffres sont exprimés en package (fixe, variable, intéressement et participation). Ce sont des fourchettes larges à chacun des principaux grades de la carrière d'un consultant en stratégie (relire notre étude sur les grades). Pour la simple raison qu'un même consultant de HEC par exemple pourra être facturé à des taux journaliers moyens (TJM) très différents d'un cabinet à l'autre. Nous prenons en compte les cabinets qui facturent des TJM compris entre 1 800 et 3 800 euros par jour et par consultant, soit un facteur deux qui explique l'amplitude de nos fourchettes.
En début de carrière : le double de la moyenne française des bacs +5
Selon les maisons, le grade d'entrée prend des appellations variables (associate consultant, junior consultant, analyste). Quelle qu'elle soit, la moyenne de la rémunération à l'entrée dans le conseil en stratégie s'établit à 60 k€.
C'est le package brut plancher proposé aux recrues des écoles cibles qui tous les ans rejoignent les cabinets depuis HEC, l’Essec, l’ESCP, Polytechnique, CentraleSupelec, Mines ParisTech, l’École des Ponts ParisTech, Télécom ParisTech, ou dans une moindre mesure l'EM Lyon et Sciences Po Paris.
En fonction de l'école, le salaire d'entrée ne sera pas le même. Il restera très significativement supérieur aux moyennes françaises à niveau de diplôme équivalent. À titre de comparaison, l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) estime le salaire brut médian des diplômés de niveau bac +5 à 30 k€ en France en début de carrière. Le conseil en stratégie reste parmi les secteurs les plus sélectifs et attractifs parce qu'il double ce montant.

+ 300 % de junior à partner
Des chiffres qui ont a fortiori tendance à croître très rapidement. Secteur ultra-compétitif oblige, on y travaille en moyenne quelques années. Y rester est nécessairement synonyme de progression rapide et de rémunération exponentielle. En moyenne, il vous faudra dix ans (relire notre étude sur les grades) pour grimper tous les échelons et devenir partner.
Et la tendance est à l'accélération : en septembre dernier, Advancy notait que ses meilleurs éléments pouvaient même rentrer dans le partnership au bout de sept ans quand Monitor s'apprêtait à faire passer un de ses collaborateurs au grade de manager après trois ans de maison.
En haut de la pyramide, des facteurs de rémunération multiples
En bout de course, pour les grades de principal et de partner, les critères de rémunération ont tendance à très sensiblement varier d'une maison à l'autre. De manière générale, un partner doit au minimum générer suffisamment de chiffre d'affaires pour couvrir sa propre rémunération et celle de la chaîne de consultants qu'il « nourrit » en projets. C'est-à-dire au bas mot deux à trois millions d'euros facturés par an et jusqu'à plus de dix millions d'euros facturés par an.
Tout dépend ensuite du mode de comptabilisation des ventes pratiqué par les cabinets. Roland Berger ou le Boston Consulting Group par exemple sont des habitués du « multibooking ». C’est-à-dire que la vente d'un projet peut être répartie entre plusieurs partners, là où ailleurs une vente revient à un partner.
Puis viennent enfin les éventuels dividendes versés : ils sont par exemple de 3 à 4 % de l'equity acquis les petites années chez Roland Berger.
L'un des facteurs de rétention
Bilan : tout au long de la carrière dans le secteur, la rémunération est l'un des principaux facteurs de rétention des talents dans les cabinets. On y entre dans la continuité d'un parcours d'excellence, après les meilleures classes préparatoires et les meilleures écoles supérieures, comme dans une « classe prépa » bis pour la vie professionnelle. Avec, pour tous, l'objectif de n'y passer que quelques années. Certains y font toute leur carrière, et les niveaux de rémunération jouent une part importante dans la décision de poursuivre sa vie de consultant.
Attention cependant à ne pas minimiser les contreparties auxquelles ces rémunérations engagent, à commencer par les horaires ou un quotidien parfois ressenti comme vide de sens.
Consultor.fr
* BCG, McKinsey, Oliver Wyman, Roland Berger, Bain & Company, Monitor Deloitte, A.T. Kearney, Advancy, Kea & Partners et L.E.K. Consulting.
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