Du conseil à la création d’entreprise
Rêvant d’acquérir un bateau de croisière il y a 10 ans, Stephan Constance et Xavier Desmarest, camarades de promo à Centrale Lyon et collègues au BCG, ont finalement… fondé une entreprise de production de voiliers en aluminium, Allures Yachting.
« En tant que consultant, on ne peut pas aller manger une pizza sans réfléchir aux perspectives de développement du restaurant. C’est un peu ce qui s’est passé : en regardant le secteur nautique à titre privé, nous avons réalisé qu’il y avait une opportunité sur cette niche », s’amuse Stephan Constance.
- Consultants à tous les étages : la scène culturelle saoudienne s’interroge
- Après 6 ans au BCG, il reprend une entreprise de drones
- La foodtech des ex du BCG prend son poids de forme
- 50 « ex » de la stratégie aux manettes des licornes françaises
- Smart data, de Cylad à l'entrepreneuriat
- Millet Mountain Group retourne dans le giron familial
- Les collants ultrarésistants : un après-conseil en béton
- Après conseil : une principal se met aux arts de la table
C’est d’ailleurs comme un nouveau cas pratique qu’ils ont abordé la création de ce business, s’appuyant sur l’analyse de la valeur, des focus groups, une gestion permettant d’avoir un BFR négatif ou encore des tableaux de bord très sophistiqués pour une PME. « Appliquer les méthodes du conseil à cette industrie nous a permis de concevoir des perspectives inexploitées jusqu’alors », commente Xavier Desmarest. Aujourd’hui encore, les deux associés recourent systématiquement au reporting, même pour communiquer entre eux. « L’écrit solidifie la pensée, permet d’être plus en éveil », assure Stephan Constans.
Les deux hommes ne sont pas les seuls à s’être appuyés sur leurs années de conseil en stratégie pour monter leur société. Amandine Scotti avait déjà des envies de création lorsqu’elle a opté pour une première expérience chez Kea & Partners après son école de commerce. « Je savais que cela m’apporterait beaucoup. De fait, en trois ans j’ai découvert des secteurs aussi différents que l’agroalimentaire, la santé ou l’énergie, réalisé des missions commerciales, de communication ou de management. Cela m’a forgé une capacité d’adaptation et une très grande confiance en moi », témoigne-t-elle. Suite à cette expérience, la jeune femme a lancé en 2007 une société de location d’accessoires de luxe Revolushion, puis trois ans plus tard Glazed Shop, une boutique en ligne de mode offrant aux jeunes créateurs des prestations commerciales, marketing et de communication.
Rompus à se fondre dans de nouveaux environnements, ces anciens consultants reconnaissent avoir été totalement désinhibés pour créer une entreprise dans un secteur souvent inconnu. Idem pour décrocher des financements. « Nous avons levé en tout 2 millions d’euros de capital et autant d’aides, d’avances remboursables… Il est donc impératif de savoir structurer un dossier de levée de fonds en montant un business plan et en racontant une histoire business. En cela, notre savoir-faire de consultant a été très précieux », reconnaît Stephan Constance. Ancien de McKinsey, Mikaël Aubertin a créé il y a trois ans une société produisant des plats préparés bio pour bébés. Il reconnaît que le nom du cabinet dans son CV a également susciter l’intérêt des investisseurs. « Pour les levées de fonds ou des concours comme la BFM Académie que j’ai remportée en 2012, la renommée de McKinsey a certainement été un atout. C’est plus discutable auprès de PME ou d’agences bancaires qui ne connaissent pas le cabinet », nuance-t-il cependant. Stephan Constance estime même que la réputation des consultants peut parfois effrayer certains investisseurs : « L’image du consultant hautain et incapable de mettre en œuvre ses préconisations stratosphériques peut engendrer quelques réticences ».
Revendiquant leur caractère opérationnel, les anciens consultants créateurs d’entreprise s’estiment loin de ces clichés. Mais ils ne sont pas à l’abri d’autres pièges. « Dans un cabinet, le consultant n’a qu’à se concentrer sur la stratégie. Le créateur d’entreprise lui, doit se colleter au quotidien, faire le ménage, acheter les cartouches d’encre… j’ai parcouru 25 000 km pour rencontrer les magasins dans lesquels nos produits sont aujourd’hui distribués », assure Mikaël Aubertin. Xavier Desmarest confirme que le conseil ne l’avait pas préparé aux réalités de l’industrie. « Les équipes de consultants sont composés d’esprits brillants, surmotivés. Sur les chantiers de bateaux, la gestion des équipes, de gens que nous n’avions pas l’habitude de fréquenter, a donc été un défi fort. Notre premier recrutement a d’ailleurs concerné un chef de production, qui a pour tâche de gérer les ouvriers », estime le chef d’entreprise. S’entourer des bonnes expertises, un autre réflexe de consultant.
Par Gaëlle Ginibrière pour Consultor, portail du conseil en stratégie-27/09/2013
Un tuyau intéressant à partager ?
Vous avez une information dont le monde devrait entendre parler ? Une rumeur de fusion en cours ? Nous voulons savoir !
commentaire (0)
Soyez le premier à réagir à cette information
Manuel de survie
26/01/26Moins de juniors, plus de partners expérimentés… L’IA et l’évolution du marché pourraient bien remettre en cause la structure pyramidale traditionnelle des cabinets de conseil en stratégie.
20/01/26Dernière associée entrante au capital de Simon-Kucher, Camille von Rosenschild, 34 ans, spécialisée en Consumer Goods, notamment sur les sujets d’excellence et de transformation commerciale, ne fait pas pour autant cas de cette promotion. Quelque peu surprise même que l’on braque les projecteurs particulièrement sur elle.
22/12/25Lauréat 2024 du concours Lysias de la Sorbonne dans la catégorie Eloquence, Nahim Bensaci a intégré le cabinet en alternance à l’automne 2025.
15/12/25La France n’a jamais produit autant de diplômés de niveau master – au-dessus de la moyenne européenne ou de l’OCDE. Alors que, dans d’autres pays, les consultants juniors entrent à bac+3/4, la France est-elle prête à leur emboîter le pas ?
06/11/25CMI s’est doté d’une plateforme d’élaboration d’agents IA – pour unifier ses usages internes en matière de GenAI. À la clé, selon le cabinet, « des gains de productivité quantifiables et une qualité supérieure de livrables ».
29/10/25Travailler à New York, Shanghai ou Sydney : le rêve de nombreux consultants ! Si la mobilité internationale a, depuis longtemps, dépassé le caractère de simple bonus dans une carrière, quid de celle ne durant que quelques mois ?
23/10/25Les couples de consultants sont-ils viables ? Entre rythme de travail, conflits d’intérêts potentiels et guidelines RH, les obstacles théoriques ne manquent pas. Pourtant, exemple à l’appui, le conseil en stratégie peut s’avérer au contraire particulièrement propice à la vie à deux.
17/10/25Le cabinet arrive premier dans la catégorie « entreprises de 200 salariés et plus » au classement « Focus Parents 2025 ».
27/08/25Depuis quelques années, les cabinets de conseil en stratégie tendent à « packager » de plus en plus souvent une offre de « plan de création de valeur » - le plus souvent dans le cadre de l’accompagnement de transactions de private equity, mais pas exclusivement. De quoi s’agit-il vraiment ? Fait-on du neuf avec du vieux, ou s’agit-il vraiment d’une nouvelle approche ?