Afrique du Sud : McKinsey poursuivi, Bain interdit
Les deux cabinets de conseil sont mis en cause (parmi de nombreuses autres entreprises, telles que Bell Pottinger, KPMG, HSBC, SAP) pour des missions effectuées dans le cadre de la « capture de l’État », ainsi qu’ont été nommées les affaires de corruption qui ont gangrené les années au pouvoir de Jacob Zuma (2009-2018).
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McKinsey a été ajouté à une longue liste de prévenus par la National Prosecuting Authority, l’agence gouvernementale en charge des poursuites judiciaires au nom de l’État sud-africain, pour les missions que le cabinet avait réalisées pour Transet, la société publique de logistique.
Le cabinet avait été contraint par la législation sud-africaine de s’associer avec un partenaire local noir (en vertu du programme de Black Economic Empowerment). McKinsey avait ainsi travaillé avec Regiments Capital pour superviser l’achat de 1 064 locomotives, dont le coût d’acquisition avait explosé (de 2,6 milliards de dollars à 3,6).
Un partenaire local, tout comme deux autres, Letsema et Trillian, qui sont accusés en Afrique du Sud d’avoir indûment bénéficié de contrats publics par l’intermédiaire des Gupta, une puissante famille indienne réputée très proche de l’ancien chef de l’État Jacob Zuma.
C’est pour cette raison qu’en 2020, le cabinet avait choisi de restituer au Trésor sud-africain 650 millions de rands (43 millions de dollars environ) d’honoraires pour des missions conduites chez Transnet, société publique de logistique, mais également la compagnie aérienne nationale, South African Airways. Il réitérait la décision prise en 2018 : le cabinet avait alors déjà restitué environ 70 millions de dollars d’honoraires pour une mission conduite pour le groupe énergétique sud-africain Eskom, via l’intermédiaire local incriminé Trillian (relire notre article).
L’ancien partner de la firme, Vikas Sagar, qui a quitté le cabinet au moment de la découverte du scandale en 2017, est également poursuivi.
McKinsey a jugé « sans objet » sa mise en examen. Le cabinet a également indiqué qu’il mettrait tous les moyens nécessaires à sa défense.
Sale temps pour les cabinets de conseil en stratégie dans la nation arc-en-ciel
Au même moment, Bain a été banni pour dix ans de toute candidature à des offres de marchés publics sud-africains du fait du travail effectué pour l’agence nationale de perception des impôts (South African Revenue Service, SARS) – emboîtant le pas au Royaume-Uni qui a pris une décision similaire en août.
Bain avait réalisé une mission de conseil de deux ans et de neuf millions d’euros. Le cabinet l’avait obtenue en 2015 (relire notre article).
Début 2022, la commission d’enquête sur la « capture de l’État » mettait sévèrement en cause la responsabilité de Bain, notamment dans la manière avec laquelle le cabinet s’est ouvert des accès à de hauts responsables politiques sud-africains. Une première enquête avait été ouverte en mars 2018, à l’aune d’écarts très importants entre les prévisions du SARS et ses recettes effectives.
À l’instar de McKinsey, Bain s’était engagé à restituer tous les honoraires perçus dans le cadre de cette mission, le managing partner de Bain Afrique du Sud, Vittorio Massone, a quitté ses fonctions et le cabinet d’avocats Baker McKenzie avait été mandaté pour conduire une enquête (relire notre article).
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Tous les cabinets affichent une batterie d’outils et de comités dédiés ad hoc.
Pourtant, les scandales s’accumulent. Une invitation à muscler encore leurs dispositifs de prévention. D’autant plus que la loi se fait pressante.
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