Un rapport de McKinsey pulvérise la culture interne du 4e groupe bancaire australien
Le diagnostic de McKinsey est sévère : il pointe « l’insularité », la complaisance et des défaillances massives de gestion du risque chez ANZ.
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Réalisé dans le cadre d’une revue indépendante exigée par l’Australian Prudential Regulation Authority (APRA), le rapport du cabinet de conseil US a été rendu public à la mi-novembre.
Une culture interne étouffant « les mauvaises nouvelles »
Selon l’Australian Financial Review, la quatrième banque du pays – fin 2025 – y est décrite comme « insulaire, trop collaborative et trop confiante », au point que les équipes seraient réticentes à remonter les informations problématiques.
McKinsey relève une forme de « complaisance » généralisée : des salariés convaincus que les difficultés se résoudront ailleurs, une dilution de la responsabilité, et des décisions ralenties par la multiplication des parties prenantes. Le cabinet insiste sur une culture ayant conduit à masquer des défaillances structurelles, notamment sur le front des risques non financiers, longtemps sous-estimés.
Un leadership défaillant
Resté 11 ans aux commandes d’ANZ, l’ancien DG Shayne Elliott est directement mis en cause. McKinsey considère que le groupe bancaire a manqué « d’une impulsion de la direction orientée vers les clients et la gestion des risques non financiers ». Des approches de conformité et des outils techniques auraient été privilégiés au détriment du renforcement de ses capacités internes.
Ce diagnostic intervient dans un contexte déjà explosif : en septembre dernier, l’Australian Securities and Investments Commission (ASIC) infligeait à ANZ une amende record de 240 millions de dollars pour des défaillances massives de reporting obligataire et des « manquements » ayant touché des dizaines de milliers de clients.
Le groupe bancaire a annoncé avoir annulé le versement de 32 millions de dollars de bonus destinés à d’anciens et actuels membres de la direction, dont Shayne Elliott.
Depuis son arrivée en mai, son successeur Nuno Matos a initié une série de ruptures : départs de cadres exécutifs historiques, relèvement des objectifs d’efficacité, annonce de 3 500 suppressions de postes.
Sous surveillance renforcée : Oliver Wyman, McKinsey et Promontory mobilisés
Le rapport de McKinsey s’inscrit dans un dispositif plus large de pression réglementaire.
En avril 2025, l’APRA (le régulateur prudentiel) avait en effet imposé à ANZ un engagement contraignant, relevant les exigences de capital supplémentaire de 750 millions à 1 milliard de dollars. Le groupe bancaire a alors mandaté McKinsey pour examiner l’ensemble de sa gestion des risques.
Au préalable, comme Consultor s’en était fait l’écho il y a un an, Oliver Wyman avait été appelé au chevet d’ANZ et de sa division Marchés après des accusations internes de comportements inappropriés (alcool, brimades) – et les erreurs de reporting obligataire déjà mentionnées.
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L’Australian and New Zealand Banking Group a annoncé à la mi-octobre faire appel à Oliver Wyman pour « examiner sa culture d’entreprise ». Le groupe bancaire est visé par une enquête pour manipulation du marché.
À ces interventions s’ajoute désormais celle du cabinet Promontory, spécialisé dans la gestion des risques, la conformité réglementaire et les audits imposés par les autorités prudentielles, qui est chargé d’auditer la mise en œuvre du plan de remédiation élaboré par McKinsey.
Le nouveau DG Nuno Matos s’est engagé à transformer le groupe bancaire en profondeur.
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