Sur la loi climat, la parole est au BCG
Mandaté par le ministère de la Transition écologique pour juger de la crédibilité des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le cabinet avait été brocardé de toutes parts pour sa partialité et ses conflits d’intérêts. Au Sénat, le cabinet a vertement défendu son intégrité : « Ce contrat n’a pas été rédigé sous la dictée. »
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Le Boston Consulting Group avait pris une vigoureuse volée de bois vert. Le 10 février 2021 le gouvernement avait rendu public les conclusions que le cabinet avait établi à sa demande. Il s’agissait alors pour le BCG de jauger de la crédibilité des mesures prises depuis le début du quinquennat Macron pour tenir l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 en France. Un objectif que le BCG avait alors jugé crédible.
« Le potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre visé par l’ensemble des mesures déjà prises au cours du quinquennat et proposées dans le projet de loi Climat et Résilience est globalement à la hauteur de l’objectif de 2030, sous réserve de leur exécution intégrale et volontariste », écrivait alors le cabinet.
Données biaisées, conflits d’intérêts, insuffisances notables… parlementaires, presses et même le conseil d’État avait taclé le cabinet de conseil.
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Décidément, la loi Climat ne cesse de faire polémique et le navire exécutif est en train de connaître le déchaînement des éléments pour la deuxième fois en quelques semaines.
Interrogé à ce sujet par la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privé sur les politiques publiques, Jean-Christophe Gard, managing director et senior partner du BCG à Paris, s’est livré à une vibrante défense de la qualité des conclusions du BCG.
Le ministère de la Transition écologique a sollicité le BCG « pour pouvoir comprendre si l’ensemble des mesures qui ont été prises permettaient effectivement de positionner la France sur sa trajectoire de réduction des gaz à effet de serre. Nous sommes intervenus pour construire un modèle dans un temps relativement court, cinq à six semaines, qui visait à faire l’analyse de l’ensemble des mesures prises par l’État pour porter une appréciation sur "effectivement est-ce que ces mesures sont suffisantes pour délivrer l’impact attendu ? Pour délivrer l’engagement de la France ?’" et sur une appréciation sur le niveau de confiance que l’on peut avoir dans la fiabilité de la mise en œuvre », a indiqué Jean-Christophe Gard.
Le partner a également évalué les raisons pour lesquelles le ministère a retenu le BCG et pas un autre cabinet de conseil en stratégie : « Pourquoi sommes-nous intervenus, nous ? Nous avons une expertise très forte, nous considérons que les transformations environnementales sont de même nature et de même amplitude que les transformations technologiques et digitales. Nous investissons beaucoup en savoir-faire, en modèles, en données qui nous permettent de nous poser de façon pertinente sur ces sujets. Voilà la raison pour laquelle nous avons été choisis je pense », a-t-il encore indiqué.
Et sur l’indépendance des conclusions, le partner a défendu l’intégrité des conclusions rendues par son cabinet. « Cette expertise était-elle indépendante ? Ou a-t-elle été, comme on pourrait le penser, conduite sous la dictée ? La marque de fabrique du BCG réside dans une grande indépendance intellectuelle vis-à-vis de nos donneurs d’ordres. C’est notre grande fierté, peut-être même de manière un peu arrogante parfois. Nous disons ce que nous pensons et si ce n’est pas ce que le client a envie d’entendre, nous lui disons de la manière la plus habile et polie possible mais nous le disons. Si nous avons conclu que la France, avec le corpus de mesures qui ont été prises, est en mesure de délivrer sa trajectoire de réduction de gaz à effet de serre, c’est que nous sommes convaincus que c’est le cas. Sinon nous ne l’aurions pas dit. Notre réputation, l’intégrité que nous mettons dans nos recommandations, c’est ce qui fait que nous travaillons auprès de nos clients, c’est pour cela qu’ils viennent nous voir. Ce contrat n’a pas été rédigé sous la dictée. Les faits qui y figurent sont aussi factuels et scientifiques que possible. »
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