Roland Berger, consultant attitré des sauve-qui-peut automobiles
Nouvelle mission pour Roland Berger auprès d’un équipementier auto après que le cabinet était déjà intervenu en avril 2020 sur l’avenir des fonderies du Poitou Fonte, fournisseur de culasses et de carters de moteurs pour Renault, qui ont finalement été fermées cet été.
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Le cabinet a été récemment appelé par l’État pour étudier les possibles portes de sortie des fonderies Aluminium à Ingrandes-sur-Vienne (fournisseur de culasses de moteurs). Ce site appartient à GFG Alliance, qui avait fait son entrée sur le marché sidérurgique français en 2018 avec rapidement une dizaine de sites et 2 000 salariés via sa filiale Liberty Steel. Des investissements dont il a dû en large partie se séparer depuis après que son principal financeur a fait faillite en mars 2021.
GFG Alliance, Gupta Family Group Alliance, de l’homme d’affaires indien Sanjeev Gupta, avait, en effet, racheté les fonderies Aluminium d’Ingrandes il y a deux ans, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de diversification aux salariés.
Seulement, le 15 avril, la fonderie en cessation de paiement a été placée en procédure de sauvegarde à la suite des difficultés de Sanjeev Gupta. Le groupe du magnat de l’acier (35 000 salariés dans le monde, 20 milliards de dollars de chiffre d’affaires) pâtit depuis mars 2021 de la faillite de la banque Greensill. Cette société financière britannique proposait à ses clients des services d’affacturage et faisait état d’une exposition de 5 milliards de dollars (4,1 milliards d’euros) à GFG Alliance lorsqu’elle a déposé le bilan en Australie et en Grande-Bretagne en mars, selon Les Échos.
Les fonderies Aluminium, 290 salariés, sont en redressement judiciaire depuis avril. Elles ont repris une activité partielle en août, avec une période d’observation qui court jusqu’à la fin de l’année. Cinq candidats se seraient présentés pour le rachat du site, dont un fonds de pension, mais sans aucune offre concrète pour l’instant à moins d’un mois de la date limite de dépôt des dossiers (le 20 octobre). Le groupe Renault ne devrait, quant à lui, pas confier de nouveaux marchés à ce site.
C’est dans ce contexte que le cabinet Roland Berger a rendu sa copie il y a quelques jours. Selon l’intersyndicale interrogée par La Nouvelle République (ici), le rapport Berger dit « clairement » que les fonderies Aluminium ont « la capacité de se retourner et de faire des pièces pour l’automobile au-delà de 2025, voire 2030 », mais à certaines conditions sine qua non : moderniser l’outil de travail, alléger la masse salariale, atteindre 30 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel jusqu’en 2025, trouver un repreneur capable d’injecter tout de suite 16 millions et convaincre l’État d’en mobiliser autant.
Sur ce type de sauvetage, c’est presque devenu une habitude : à chaque dossier industriel politiquement et socialement délicat, le ministère de l’Économie et des Finances se tourne vers Roland Berger.
Ce fut le cas dans le dossier de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (relire notre article). Ce fut le cas sur les choix de conception et l’évaluation économique de l’EPR2 réalisés par EDF et par Framatome. Ce fut le cas dans le projet de reprise par Ineos, le groupe de chimie diversifié (53 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 18 000 personnes dans 24 pays) du milliardaire pro-Brexit Jim Ratcliffe, de l’usine de production de Smart à Hambach (Moselle) (relire notre article).
Et quand ce n’est pas Roland Berger, d’autres cabinets peuvent intervenir sur ce type de dossiers épineux. Début 2021, Advancy avait par exemple réalisé un rapport afin d’entériner la vente de la fonderie de Bretagne (relire notre article ici).
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