Oliver Wyman désormais incontournable sur le M&A pour son CEO
Dans une interview accordée au Financial News, Nick Studer explique la période faste d'Oliver Wyman, marquée par son recrutement par UBS pour piloter l’opération de fusion avec le Credit Suisse.
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2023 est – pour l’instant – une belle année pour Oliver Wyman. Celle-ci est surtout placée sous le signe de la fusion UBS-Credit Suisse, qui après plusieurs semaines de négociation en avril dernier avait finalement été confiée au cabinet new-yorkais. Un contrat monumental à hauteur de 3 milliards de dollars, « plus grande transaction financière unique » depuis la crise de 2008 selon le président d’UBS Colm Kelleher, qui paracheve l’installation d’Oliver Wyman comme concurrent de taille pour les cabinets historiques du secteur financier comme McKinsey.
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Dans le cadre de son rachat du Credit Suisse, la banque UBS a annoncé jeudi 13 avril avoir recruté Oliver Wyman pour l’aider à rationaliser son activité et sa masse salariale. Une aubaine pour le cabinet de conseil en stratégie, qui signe un contrat monumental.
« Ce ne sommes pas nous qui progressons et McKinsey qui régresse, mais bien nous qui sommes en concurrence avec eux – et avec le BCG également », résume Nick Studer, CEO de McKinsey depuis 2021, dans les colonnes du Financial News. Sans explicitement confirmer la mission pour le Credit Suisse, son CEO revient dans cette interview sur la belle progression du cabinet ; c’est celle-ci qui lui a permis de prendre part à l’appel d’offres au même titre que ses concurrents, historiquement mieux placés sur ce type de missions.
Si le cabinet de conseil est spécialisé depuis sa création dans les services financiers, il peinait encore récemment à s’affirmer comme un acteur incontournable sur les fusions et acquisitions, comme le reconnaît son CEO en prenant l’exemple des missions de Post Merger Integration (intégration post fusion) : « Il y a 10 ans, nous aurions dit : “Nous n'y arriverons jamais... nous ne pouvons pas déployer des équipes suffisamment importantes. Nos concurrents en ont des milliers, nous n'avons pas l'expertise nécessaire” », se souvient Nick Studer. Progressivement, l’éventail d’expertises proposées par Oliver Wyman s’est toutefois élargi – notamment dans le domaine du M&A : le cabinet « convoite ce créneau depuis un long, long moment », souligne Studer. C’est chose faite : là où OW ne parvenait qu’à obtenir des chantiers d’expertise restreints – le CEO cite l’exemple d’un chantier sur la prise en charge de la fonction risque dans la banque d’investissement dans un projet post-fusion –, le cabinet peut désormais prétendre à porter l’intégralité du projet.
Au deuxième trimestre 2023, le cabinet a enregistré des performances solides : +11% de croissance par rapport à 2022, le tout pour un chiffre d’affaires atteignant 1,5 milliard de dollars sur le premier semestre de l’année.
Une progression qui s’accompagne, en interne, d’un changement de paradigme RH : « Lorsque j'ai rejoint l'entreprise, il y avait un engagement à travailler en moyenne 55 heures par semaine. Nous n'utilisons plus ce langage aujourd'hui », souligne le CEO, qui avait rejoint Oliver Wyman en 1997 comme consultant. Le cabinet fait aujourd’hui de la lutte contre le burnout l’une de ses priorités, et mise sur l’adaptation des modalités au travail aux manières de faire de chacun : « Nous avons essayé de nombreuses choses au fil des ans - pas de travail ou pas d’appels en dehors des heures consacrées. Mais finalement, ce que l'on découvre, c'est que chaque salarié travaille d'une façon différente. (…) Du moment que le travail est fait, si vous voulez sortir plus tôt le mardi ou le jeudi, qui s’en soucie ? Faites-le, c’est tout. »
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